‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 118 sur 261 · HAUTEUR EAU DE PLUIE · texte numérisé non relu

HAUTEUR EAU DE PLUIE

Genève. Moyennes par an 0,808 Sain/-Bernard. 0,314 Différence. +0".49% = 2 Y, à 1. — Maxima 1846. . 1,054 = 0,296 — + 0,758 = 8 4, ù 1. — Minima 1857. . 0,554 — 0,239 — + 0,315 = 2%aàt!.

A Genève la hauteur d’eau de pluie qui tombe dans le courant d’une année, pendant tous les mois, n'est en moyenne que de deux et demi fois plus grande qu'au Grand Saint-Bernard, où elle ne tombe qu’en été (3 mois).

Les chutes de pluie sont pour l’année en moyenne plus nombreuses à Genève qu'au Saint-Bernard, dans la proportion de 4 à 1. — La hauteur d’eau de ces chntes est en moyenne comme ? 1}, à {.

Pour se rendre compte des différences entre le nombre des chutes aux deux stations, qui ne sont pas concordantes avec la hauteur d’eau, il faudrait connaître la durée des chutes exprimée en nombre d'heures. Sous ce rapport je citerai les observations de 1862-1863.

Pluies à Genève et au Saint-Bernard. :

Nembre de chutes ot nembre d'heures. — 19609-19658.

Nombre de Nombre | Hauteur

chutes.

HAUTEUR EN EAU. Nombre HAUTEUR EN EAU.

Re nn nr EEE di Nombre | Hauteur | ————

Par Par

d'heures. | en eau. chute. heure.

chutes. | d'heures.} en eau.

1862 Total.

139 632 10,742 | 5®=,34 |1"®,174 5°=,67 |0"®,905 1863 Total.

etes D commen ess |A men mené À mcm ME voue Lecce D} enncmmemmmeems—#…— | moments || éme mme

Résumé des deux années.

Total. . . | 263 | 1314 ]1",594 112°",21]2%=,423, 72 495 |0"9,82 [27",72| 3" ,839 Moyennes 131 661 0,797 6,10 | 1,211 36 247 0,491 ! 13,86 | 1,919 Maximas . | 139 682 0,852 | 6,87 | 1,249 87 263 0,772 à 22,05 | 2,934 Miaimas . 124 632 0,742 1 5,34 | 1,174 85 232 0,210 5,67 | 0,905

De nombreuses observations faites à différentes hauteurs dans la même localité, soit sur ‘les édifices élevés dans les villes, ou dans les bauteurs des vallées, ont prouvé que les quantités d'eau qui tombent dans les hauteurs sont plus faibles que celles qui atteignent le sol dans la station basse. Cette différence est en raison de la hauteur de la station supérieure. — Généralement l’air dans l’atmosphère est à une température plus basse qu'au-dessus du sol; les vapeurs dans l'atmosphère (les nuages) se résolvant en pluie, se trouvent généralement à une grande hauteur ; les gouttes d'eau ont une température basse (souvent à l’état de.neige), en parcourant l'espace elles arrivent dans des régions chaudes et humides, elles traversent une atmosphère dont le point de rosée est au-dessus de leur température, et par

conséquent il y a condensation et augmentation de poids et de volume (quantité).

Dans de certaines circonstances météorologiques, les gouttes d'eau de pluie qui tombent dans les plaines en hiver (et dans les hautes régions dans toutes les saisons), en conservant l'état liquide, ont une température tellement basse que, dès qu'ils touchent des obstacles solides, ils cristallisent, se solidifient, et couvrent les corps d'une croûte de glace à laquelle on a donné le nom de verglas. — Il ya quelques années, au mois de février, par une température de 8° air ambiant, à 10 heures du matin, il a commencé à pleuvoir, le sol était légèrement humide et complétement dégelé; depuis plusieurs jours il n'avait pas fait froid. Les gouttes de pluie, en touchant le sol. les branches d'arbres, les dalles en pierre et les bancs en plein air, par le choc qu'ils subissaient en tombant sur ces corps, cristallisaient, se solidifiaient et les couvraient d’une couche de glace. Pour confirmer cette manière d'envisager ce fait, j'ai ouvert un parapluie en taffelas de sole qui se trouvait dans la chambre chauffée et me suis rendu en plein air. Dans l’espace de quelques minutes il était couvert d'une forte croûte de glace; je tournai un thermomètre en fronde, abrité sous le ‘parapluie, et la température de l’air ambiant était à + #.

Un vase exposé sur une table en plein ar, de 10 centimètres carrés, contenant de l’eau à 4 centimètres de hauteur, dont j'avais observé la température du liquide une demi-heure avant la pluie froide citée, et qui alors était à + 7°, a recu cette pluie, et comme elle n’a duré que 20 minutes, j'ai pris de nouveau la température de cette eau : elle était mathématiquement à 0° non gelée, mais les bords du vase étaient gouverts de verglas, ainsi que le plateau de la table en bois de sapin sur laquelle le vase était posé.

Ces chutes de pluie exceptionnelles, dont les gouttes se solidifient et se convertissent en glace, sont assez fréquentes en hautes régions. Elles couvrent les roches, les neiges et les glaciers d'une couche de glace très-compacte, et surtout très-glissante. Les guides de haute: régions donnent à cette couverture le nom de Spiegel-Eis (généralemevt désigné en allemand par Glatt-Eïis), et information prise aupres de mon guide-chef, qui est un intrépide et téméraire chasseur de chamois, il m'a dit : « Papa Boilfns, vous souvenez-vous de la dé- « gringolade que nous avons faite en descendant du col du Lauter- « Aar dans la neige et que l'on nous à retirés de l’avalanche. — «Oui, certainement. — Eh bien, aujourd'hui je puis bien vous le «dire, puisque vous avez renoncé aux ascensions : La couche de neige «sur laquelle nons marehions reposait sur une ronche de Spiearl-Ets

« Tous les chasseurs de chamoïs qui ont péri, ou du moins la plu- « ralité, ont été entraînés dans l’abîme par suite du Spiegel-Eis. Les « chutes de neige qui tombent sur ces surfaces glissantes sont excessi- «vement mobiles, se détachent et vous entraînent (Schufle ein eweg « ohne Pardon).»

Au Saint-Bernard les premières pluies de l’année tombent généralement en mai et les dernières fin octobre. De novembre à fin avril la pluie est généralement mélée de neige ou de grésil. — Nous savons ° positivement que, pendant notre séjour de quinze jours à la station du col du Saint-Théodule (août 1864), la pluie entremêlée de neige a atteint le sol à 3350" alt., soit approximativement à 1000" plus élevé que le Saint-Bernard. — Au-dessus de 3350" nous n'avons aucune donnée précise, et nous ne savons pas si la neige est, dans certaines chutes, en été entremélée de pluies aux très-hautes altitudes. Dans les ascensions au Mont-Blanc, au Monte-Rosa , au Finster-Aarhorn, aux Schreckhærner, les grimpeurs signalent des chutes de neige, mais aucune pluie. — Généralement, dans toutes les ascensions à ces pics élevés, la température de l'air ambiant était au-dessous de zéro. La température la plus chaude à ces pics élevés est citée par Æumstein. Le 31 juillet 1820, à 2 et 3 heures du soir, l’air ambiant au Monte-Rosa était à + 10°,1 C à 4600" alt., tandis que le 1° août 1822 le même grimpeur a trouvé une température de —9°,3 C : difference de 19,4. On est en droit de supposer (de faire la conjecture) que, dans une station élevée, où l'air ambiant atteint + 10°C, Iæ neige peut tomber à l’état aqueux et entremélée de véritables gouttes de pluie. Pour confirmer ces conjectures : Il y a quelques années, au Pavillon de l’Aar et dans tout le bassin des glaciers de l’Aar, il est tombé, dans le mois d'août, toute une journée et une nuit, une averse torrentielle. L'eau qui s’écoulait du bassin était au moins dix fois plus considérable que la veille ; elle touchait la passerelle sur laquelle on franchit l’Aar à la sortie de l’Aar-Boden; le torrent avait 3" de hauteur de plus qu'à l'ordinaire. De mémoire d'homme on n'avait vu, en août, dans la vallée de Hasle, l’Aar atteindre un niveau aussi élevé. De toutes les crêtes des montagnes qui encadrent le bassin du glacier de l'Unter- Aar, on voyait de véritables forts ruisseaux d’eau descendre sur roche en place, et sur la surface des glaciers simples : preuve qu'il tombait de fortes pluies jusqu'à 3500" alt., et que cette pluie s'étendait même jusqu'aux crêtes du massif du Finster-Aarhorn, Hugi-Hærner, Schreck-Hærner. n’est pas une supposition, puisque le lende-

Neiges.

main Île temps était splendide, très-clair et aucune partie de roches découvertes en très-hautes altitudes n'était saupoudrée de neiges fraîches, ce qui arrive ordinairement. On peut, par conséquent, parfaitement admettre qu’à ces altitudes au-dessus de 4000" et plus, il pleuvait franchement. — Dans sou ascension au Schreckhorn, 4015" alt., l’ami Besor nous dit que la neige était tellement ramollie par la chaleur de l'air ambiant, et surtout par les rayons solaires, que l'eau en découlait sous forme de ruisseaux. Puisque cet effet a lieu à ces grandes altitudes, il est permis de supposer qu'il peut y pleuvoir.!

DA. 8. Neiges.

Chutes. Elles ont été toutes les années (1846 à 1864) infiniment plus nombreuses au Saint-Bernard qu’à Genève.

Moyennes par an 8728 Différence + 79 = +11 à 1. Maximas 1851 .. 132 à 0 +182 = +18 à 1.

Minimas 1857... 38a5 — + 33 —= +8 à 1.

Au Saint-Bernard, sauf quelques rares exceptions, il tombe de la neige tous les mois de l’année. A Genève la neige ne tombe que dans les mois de novembre, décembre, janvier, février, mars, exceptionnellement dans la première décade d'avril et la dernière décade d'octobre.

Hauteur eau de neige.

Saint - Bernard. Moyennes par an 0",842 Genève 0",030 Différence 0,812 = 28 à 1. — Maximas 1846. . 1,554 — 0,020 — 1,534 = 716ù !. — Minimas 1858. . 0",373 — 0",030 — 0,343 = 12 à 1.

Au Saint-Bernard la hauteur d'eau de neige qui tombe dans le courant de l’année tous les mois est en moyenne 28 fois plus grande qu'à Genève, où elle ne tombe généralement que pendant cinq mois.

Les chutes de neige sont pour l’année en moyenne plus nombreuses au Saint-Bernard qu’à Genève, dans la proportion de + 11à 1, et la hauteur d’eau de neige de + 28 à 1.

Hauteur de neige de l'année.

Saint-Bernard. Moyenne par an 8",303 Genève 0",300 Différence 8",003 = 28 à 1. = Maximas 1846 . 15",540 — 0",200 — 15,340 = ial: cu Minimas 1857 . 4",106 — 0"=,180 = 3=,926 — 22 à 1.

‘ Voy. paragraphe Tempéralures en hautes regions.

La hauteur totale des neiges tombées au Saint-Bernard de 1846 à 1863 est de 149%,454 ; soit une moyenne par an de 8",303 de hauteur.

Cette hauteur indiquée est-elle rigoureusement exacte? — Elle s'approche assez de la vérité, mais elle est dans tous les cas trop faible.

La neige a été recuaillie dans l’'udomètre qui sert en même temps pour la pluie. Dans certaines chutes, la neige agitée par le vent souvent très-fort, n’est pas tombée dans le vase, et la hauteur d’autres chutes n’a pas été déterminée , l’udomètre enlevé par le vent ne fonctionnant pas. Le moyen le plus pratique, pour mesurer la hauteur des chutes de neige, est de choisir un emplacement où elle n'est généralement pas chassée, enlevée ou accumulés par le vent, et de placer tous les matins et tous les soirs une planche en sapin dont la surface est rabottée, de mesurer la hauteur des chutes, de couper une tranche de section, soit 20 centimètres de côté (400 centimètres carrés) sur toute la hauteur, et en fondant cette neige, mesurer la quantité d’eau obtenue. Cette planche aura une longueur suffisante pour charger les extrémités de dalles en pierres afin qu'elle reste en place dans les moments de forts vents.

Densité de la neige fraîche.

Les chutes totales de 1846 à 1862 ont donné une hauteur totale de 149.454, et la hauteur en eau est de 15,150 — 0,0986 densité.

Densité moyenne 0,0986 = +10 à 1.

— maxima. 0,1127—= +11 à1.

— minima. 0,0841 — + 81/ à 1.

Les chiffres de densité de neige fraîche qui précédent sont les moyennes d'année et les maximas et minimas sont aussi de l’année. — En consultant les tableaux de détail par décades (voy. tome V, III: partie, pages 2 et suiv.) des chutes de neige au Saint-Bernard, nous formons le tableau de la page suivante.

Densité de la nelge fraîchement tombée au Saint-Bernard. (1846 à 1904.)

Calculée par moyennes de décades.

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