‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 140 sur 261 · ÉCOULANENT DES EAUX LES GLACIERS · texte numérisé non relu

ÉCOULANENT DES EAUX LES GLACIERS

«la surface. —: Voulant m'en assurer par l'observation directe, je « n'ai pas hésité à entreprendre dans ce but un voyage hivernal dans sales glaciers. Au commencement du mois da mars 1841, par consé- «quent à ane époque où l'hiver règne encore d’une manière absolue «dans les Hautes-Alpes, je me rendis avec M. Desor au glacier de « l’Aar, que je remontai jusqu’au Blac monstre (hôtel des Neuchäteslais) sur maraine médiane à l’Abschwung (confluent deux des glasciers du Lauter-Aar et du Finster-Aar), le 12 mars.

. «— Nous/eûmes de la peine à recounaitre notre glacier de l’Aar, «si.varié 8t si animé en été, sous cette couche uniforme de neige. « La grande moraine médiane elle-même s'était singulièrement effa- «çée et ne formait plus qu'une faible arête dont les flancs étaient « bien moins inclinés qu’en été. Nous gagnâmes d’abord le flanc sep- «tentrional, et dès que nqus eûmes atteint le tiers du glacier, à l’eu- « droit où la moraine se gonfle sensiblement, nous passämes sur son « flanc méridional, où nous vimes, à notre grande satisfaction, que 4 la route s'améliorait de plus en plus. Dès lors, plus de doute que «nous warrivassions à l'Abschwung. Mais un autre inconvénient « allait remplacer la difficulté de la marche : c'était l'intensité de la «lumière. À mesure que le soleil s'élevait, ses rayons réfléchissaient savec une telle force sur. les millions de cristaux de cette vaste plage

* «neigeuse, que les conserves bleues dont nos yeux étaient armés,

« devenaient insuffisantes. Pour y suppléer et préserver la peau de « notre visage, nous étions obligés de nous entourer la tête d’un « double voile vert, saus lequel nous transpirions comme au cœur de « l'été. Nous n’en fümes pus moins surpris de rencontrer ici un petit « papillon ! qui voltigeait sans gêne autour de nous et avait l'air fort «à son aise. C'était l'espèce appelée petite tortue (Vanessa Urticæ), qui « se complaisait de si bonne heure au milieu des glaciers.

« Îl était onze heures lorsque nous arrivâmes à la bauteur de notre «ancienne habitation ; mais notre étonnemeut fut grand de ne « pas voir l'Hôtel des Neuchâtelois. Cet immense bloc, que l’on voit

. «de si ioin en été et dont le sommat avait si souvent ranimé le cou-

«rage de nos visiteurs, serait-il entièrement enterré dans la neige? « Enfin, après avoir cherché de tous côtés sur la moraine, nous dé- « couvrimes un renflement dans l’aréte neigeuse : c'était là notre

‘ DA, Mon guide-cbef Blaitrr 2 vu en novembre dans la mème localité plusieurs papillons voltiger comme en plein été.

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« Hôtel. 11 était entièreinent couvert par la neige:/d'un côté seule. « ment, on voyait l’une de ses paroïs à nu sur'un espate d'un mètre; «et pour pénétrer dans l'intérieur, il eft fallu déblayer une touuhe é énorme de neige. Nous préférämes nous reposer qur la noïge. C'était «un spectacle wnique'que nous avions sous des yeux : il nous semblait « que jamais nous n’avions vu l'air si transparent. Lesicoritours des « montagnes se dessinaient avec une netteté, inconnue en'éé, surle « fond bleu du ciel. Tous les pits qui bordent le glhcier étaient revêtus « de neige depuis leur base jusqu'av'sommet; le Finstèr-Aarhorn seul « était noir comme en été; car ses pärois sont trop abruptes du: côté « du gtacier pour que la neige puisse y rester adhérente. Quant àu « glacier lui-mêrne, il n'éxistait pas pour nous dans cé moriènt, ons «n'avions devant nous qu'une immense étendue de neige trèsumi: «forme, à laquelle manquait ce charme magique que donnent'lés « moraines, les crevasses avx reflets brillants...:. et ces nrile flléts « d'eau au babil harmorieux qui en funt les délices en été. Nous moh- «tâmes énsuite à l'Abschwung,-et nous vimés que la neige avait « complétement comblé l'espace entre le/rocher ét'le tievé anciën. « Nous évaluâmes à 10 mètres l'épaisseur de la cotéhe de Mes #geto- « mérée par le vent en cet eñdroït. "© 1" ‘""" D « À Meyringen déj je trouvai l'Aar infiniment plus faible qu’én

«été; à mesure que je montais [a vallée dé Hasle ; je M vis diminuer

« buloie plus, si bien qu'à la Handeck elle était réduite‘ très- « petit filet d'eau, à peine comparable aux’ ruisseatix qui circulent sur «le glacier en été. Plus en amont, elle disparaissait complétement « sous la neige, et je ne vis plus que quelques endrdits dé son lit où « la neige était imbibée. Je rencontrais les dernières traces d'eau près « des chalets qui sont situés dans l’Aarboden à pet de distanicé én « aval de la pente terminale du glacier inférieur de T'Aar, et sa pré- « sence en cette localité me fit supposer qu’elle provenait, selon toute

* apparence de quelques sources voisines. En révanche, je ne décou-"

«bris aucun vestige du torrent de l'Aar à l'endroit où il coulhit Tété pré- « cédent, ni sur aucun point du talus terminal. La cascade du lac'lé

« Trübten et le torrent de l'Ober-Aar, dont le bruit, en été, se fait ert-'

« tendre de si loin, avaient aussi compléterhent disparu. On né td- « connaissait leur emplacement qu'à quelques gigantesques ‘glarons « (qui étaient suspendus aux rochers.

« Les observations'que fe fis te surlendemain (t4 miars 1941) au « glacier de Rosenlaui sont encore plus concluantés. Cé £lacier ésf"4i-

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L'Aar (torrent) de Meyringen à la penie terminale du glacier en mars 1841.

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En hiser il ne sort pas d’eau des glacier de l’Asr,

En hiver il ne sort pes d’eau du glacier de

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En janvier 1846 il ne sort pas d'eau dn glacier inférieur de l’Asr.

Les torrents glaciaires en hiver. Observations par Dollfus- Ausset. 1846.

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