‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 70 sur 261 · V. If · texte numérisé non relu

V. If

150 HAUTES KHEGloNS. fnei.

14 Auit {#1 — DBollfas-Ausset — Auguste Michel — VW. de Fonvielle partent de Mulhouse le soir par convoi ‘le chemin de fer et couchent à Be.

15 Act. — De Bäle à Geneve par chemin de fer. A Bernie les trois frères Blatter. uides de Mevrincen. nous re;oi;ment.

16 Aoït. — De Genéve à Sion par chemin de fer. A Sion nous trouvons M. Armand Gerber fils. de Mulhouse. qui fait route avec nous pour explorer les hautes régions dn massif du Monte- Rosa.

17 Août. — De Sion à Viège par diligence.

18 Août. — De Viège à Zermatt à pied.

19 Août. — Course au glacier de Gorner. — A la pente terminale. à juger d'après la moraine, le glacier reste stationnaire depuis deux aus; c'est-à-dire pendant la saison où la neize laisse le sol à découvert. le glacier diminue de la quantité qu'il avait avancé dans la saison froide.

Le 20 Août. — Séjour à Zermatt; mauvais temps. pluie.

M. Büden, curé à Zermatt. fait des observations pour la Société Helrétique avec des instruments de précision parfaitement réglés. Sur notre demande, il se chargera de faire des observations bi-horaires de 6 heures matin à 8 heures soir pendant uotre séjour au Col du Saint-Théodule.

M. Büden nous dit : « Depuis vingt années et plus que j'habite Zer- « matt, le glacier de Gorner a envahi bien du terrain. — Il y a dix «ans, j'ai fait des marques à la pente terminale, et vérification faite, «la marche (avancement) en décembre, janvier et février était de 6" « au total; et autant qu'il m'en souvient, l'avancement était le même « dans chaque mois. »

Températures observées à Lermatt de 1863 à 1864. — Le plus grand froid de l'hiver passé était de — 21°,3 au 3 janvier 1864; le maximum de chaleur 24°,5 le 6 août 1864, à 1 heure soir ; différences des extrêmes de l’année (janvier à septembre), 45°,8.

Baromètre fédéral ct Anéroïde de hautes régions comparés à Zermatt.

Le 20 août, 3h.s.. Baromètre à zéro 0",625,8 — Anéroïde . . . 0®,621,5

Différence. . 0®.004.3

HAUTEES RÉGIONS 1864. 131

Le 5 sept., midi. Baromètre à zéro 0",632,57 — Anéroïide . . . 0®,623,80

Différence. . 0",008,77

En partant de Mulhouse, l’anéroïde était parfaitement réglé sur un baromètre Fortin.

A l'Observatoire de Genève l’anéroïde était 1"" plus bas que le baromètre à 0°. — A Zermatt, avant de monter au Théodule, 4°",3 trop bas. — A notre retour 8%",77 trop bas. — A Mulhouse, le 11 septembre, 3%%,2 trop bas; 16 septembre, 1"® trop bas; 13 octobre, 1°" trop bas.

Je cite ces différences, qui prouveraient que de certains anéroïdes , après avoir subi de grandes variations d'altitude et de température ne sont pas des instruments de précision.

Le 21 Août. — Ascension ot installation au Cel du Saint-Théodule.

Voyez les Tableaux météorologiques et glaciaires qui suivent.

M. &. Delorme, de Versailles, entomologiste, se joint à nous pour explorer les environs du Théodule. — La caravane se met en marche à 6 heures matin. Elle est imposante par le nombre des personnes : Bollfus- Ausset — Auguste Michel — VV. de Fonvielle — Gerber fils — KE. Delorme. — Guides : Melchior Blatter, Jakob Blatter, Andreas Blatter, Branschen et 16 porteurs de Zermatt. Total 25. — Les deux porteurs les plus intelligents, dont je regrette de n'avoir pas noté les noms, ont séjourné au Col avec nous. — M. Delorme nous quitte le 23 au matin. — MM. &e Fonvielle et Gerber le 25 août. — M. Joseph Büden, curé de Zermatt, nous fait une visite au Col et nous remet les observations bi-horaires faites par ses soins à Zermatt, du 22 au 95 soir. Étant dans le cas de s’absenter, les observations se feront par trois lectures dans la journée, suivant les prescriptions fédérales.

Col du Saint-Théodule (8850" alt.).

Renseignements communiqués par le cantinier peonnAnteine Gorret de Valtournanche, âgé de 58 ans.

La cantine, construction en pierre, couverture en bois et en dalles, a été bâtie en 1853. Les murs en maçonnerie ont 0,94 d'épaisseur. Une porte et deux petites croisées au Sud. Longueur intérieure 6",25 ; largeur 4". Un poële en fonte de fer pour faire la cuisine, une ar-

moire pour les provisions , deux bancs en bois, une table et un lit de camp avec couvertures constituent tout l’ameublement.

En 1862 Gorret s’est chargé du service de la cantine : ses provisions consistent en vin rouge du Piémont, eau-de-vie, pain, fromage, café et œufs, que son fils, garçon fort et vigoureux, transporte de Valtournanche au Col. — Le bois de sapin, pour faire la cuisine, est transporté de Valtournanche par des mulets jusqu’à la pente terminale du glacier, et depuis là à dos d'hommes. Le cantinier a fait un accord avec un individu de la vallée, qui lui livre le bois à 20 fr. le quintal (2 fr. les 5 kilogrammes).

Le chalet a été construit en 1858 : en hiver la couverture a été enlevée par le vent. Ce n’est qu’en 1864 que le toit a été réparé; on y a couché pour la première fois te 30 juillet. — Les cloisons, la toiture et le plancher sont en bois. Il est placé à une faible distance au Sud de la cantine : porte d’eritrée au Nord et trois petites fenêtres au Sud. — Dimensions intérieures : longueur 5", largeur 3",60, hauteur 2",2. Ameublement : Une armoire, deux bancs, une table et deux lits larges (paillasson, matelas, draps et couvertures).

Dès notre arrivée nous avons placé dans la chambre un poêle en fonte: et certes, ce n'était point luxe. A notre départ nous avons fait donation de ce meuble indispensable.

J. A. G. 1862. Installation à la cantine le 15 juillet. A cette époque 0®,40 hauteur de neige sur roche en place. Quitté le 24 septembre.

1863. Installé le {0 juillet; 1" de neige sur roche. Quitté le 27 sept.

1864. Installé le 4 juillet par 1" de neige sur roche.

1863. La plus forte chute de neige au mois d'août, 0,30 hauteur pendant la nuit.

1864. Les seules chutes de neige marquantes de l'été sont tombées pendant notre séjour au Col.

De 1862 à 1864, Gorret n’a jamais vu tomber de pluie au Col.

Extrait du livre d’inscriptions des touristes au Cel du Baiat- Théodule.

1860. 19 Juillet, premier touriste de passage, total 35

— Août. . . . . . . . . — #0 — Septembre (dernier 30 septembre). . — 72 1861, 18 Juillet, premier voyageur . . . — 48 — Août. . . .. . — 225

— Septembre (dernier 23 septembre) . . — 115

1862, 17 Juillet, premier touriste. . . . total 48 — Août. . . .. . — 192 — Septembre doeniér 24 Snabre) . — 19,6 1863, 10 Juillet, premier voyageur . . . — 185 — Août. . . .__ + + — 197 — Septembre . . . .__ … + — 96 1864, 7 Juillet, premier touriste. . «+ . — 112 — Août, jusqu'au 26 soir . . — 160

1862 , 18 juillet. Louis de L***** (nom inscrit en toutes lettres), venant de Lucerne voir Monseigneur le comte de Chambord. — « J'ai « touché l'Allemagne, j'ai parcouru les Alpes, j'ai vu Milan, l'Italie «et le Piémont, je retourne vers la Bretagne, et avant de quitter le « Saint-Théodule, j'ai crié : Vive Henri V! vive Monseigneur le comte « de Chambord! vive la Bretagne! Parti pour le Mont-Blanc. »

Nota d’un fantaisiste. «Fort bien! très-bien! à merveille! Chevalier «du droit divin et voltigeur de 18151..... Mais il est des cris bons à « pousser hors de la portée des gendarmes et des agents de police, « n'est-ce pas? Je soupçonne que, tout Breton que vous êtes, vous ne «crieriez pas le vivat sur la place Vendôme. (M. L.)»

Au bas nous lisons : « Le premier est un ex-noble, et le second un «amouchard en activité. »

Catastrophe. (Chute et mort d’un guide.)

Installés le 21 août, à 4 heures soir, dans le chalet du Saint-Théodule, le guide-chef Melchior Blatter m'avertit qu'un guide étranger, nommé Rodolphe Wyss, d’Interlacken, désire me parler. — Faites-le entrer. — « Monsieur Papa Dollfus, je suis heureux, content et ré- «joui de vous voir en hautes régions. Apprenez que j'ai trouvé un «nouveau passage fabuleux, hors ligne, à travers des glaciers ef- «frayants; mais en usant de précautions, les Messieurs grimpeurs « peuvent y passer. C’est une fameuse découverte, qui me rapportera «de l'argent et de l'or, tant et plus.»

Cet homme a dit sa communication en mots saccadés et était chancelant sur ses supports, non par suite des fatigues et de la marche, mais par l'effet produit sur son individu par la boisson de vin et d'alcool. — Je lui réponds : Mon brave ami, passez la nuit à la cantine, et ne vous aventurez pas sur le glacier dans l’état où vous vous trouvez ; — je dirai plus, je vous ordonne de ne pas partir. — Wyss n’a pas . pris mon avertissement au sérieux, et, malgré les instances de mes guides et du cantinier, il s'est mis en route avec les porteurs de ba-

gages qui s'en retournaient à Zermatt, auxquels on a recommandé de veiller sur lui. Wyss, arrivant à la pente terminale du glacier par une nuit obscure, a fait une chute entre les blocs anguleux de la moraine. — Transporté à Zermatt, il a rendu le dernier soupir le lendemain. — Ajoutons, qu'au dire des frères Blatter, qui connaissent ce guide, cet homme ne s’adonnaït pas à la boisson, et ils ont ajouté: C'est en réjouissance du nouveau passage de glaciers qu'il s'est mis en ribotte.

Renseignements par Melchior Blatter, quide-chef. — Observations météorologiques dans diverses ascensions qu'il a faites cette année.

Rirlihorn, 3284% alt. (Oberhasle, canton de Berne). —3 Août 1861. 11 h. m., zénith découvert, brouillard dans la vallée ; air à l'ombre + 6°,0.

Hangendhorn, 3301" (Oberhasle, canton de Berne). — 4 Août 1864, midi, complétement découvert; air à l’ombre + 7°,0.

Evwig-Schnechorn, 3240 (au-dessus du glacier du Lauter-Aar). — 5 Août 1864, midi, complétement découvert; air à l'ombre <+ 7°,0.

Muthorn, 3150" (au Sud du Col de la Furka). — 9 Août 1864. 1 h. s., 0,5 couvert; +9°.,0.

Ewig-Schnechorn, 3240. Au-dessus du glacier du Lauter-Aar. Nous avions placé, en 1863, dans la pyramide en pierre de l’Ewig- Schneehorn, une boîte en bois renfermant un thermomètre minima à alcool. Blatter l'a lu le 5 août 1864 : il disait — 21°,0. Il l’a replacé tel quel, sans changer le curseur. Si, plus tard, on en fait la lecture, elle ne sera juste que s’il se trouve au-dessous de —21°,0.

Renseignements par Jakob Blaiter, un de nos guides.

Jungfrau, 4167" (canton de Berne). — Kinth (pharmacien à Berne), Kaspar et Jakob Blatter. — 8 Août 1864. Partis de l’Ægishorn à 2 h.8., par une journée très-claire; beau temps; pris gîte sous une roche au Faulberg à 8 h. s.

9 Août, départ à 1 h. m.; calme, totalement clair. Le Bergschrund (rimaye) a été franchi facilement. Arrivés à la cime à 9 h. 15 m. NE fort, zénith dégagé, air ombre — 4°,0. Restés à la cime 10 minutes, le vent était fort et froid. De retour à l’Ægishorn à 6 h. s.

Pour compléter les renseignements, Melchior Blaiter dit que cette année (1863 à 1864), il a fait très-froid à Meyringen (canton de Berne fin décembre et au commencement de janvier. L’Aar était gelée et avait une faible largeur ; on pouvait sauter par-dessus. En janvier les chamois sont deseendus par handes de 10 à 15 jusqu'à Geisholz, vil-

lage dans la vallée de Hasle (canton de Berne), dans la hauteur visà-vis Im-Hof.

Col du Saiut-Théodule, 3350" alt.

Logement. Le chalet que nous occupons est des plus confortables sous tous les rapports. Le poële en fonte que nous y avons placé dès notre arrivée, muni d’un tuyau en tôle dont l'extrémité dépasse le faîte du toit, a un tirage parfait, et le calorique rayonnant élève la température de la chambre de 10 à 12°; cette chaleur se maintenait dans les journées sereines; les rayons solaires agissant sur la toiture et les cloisons en bois, on ne brüûlait plus de bois de 9 h. matin jusqu’à 6 h. soir. Les jours de neige, brouillard ou temps couvert on chauffait toute la journée. — Dans certaines nuits, par vent d’une force vraiment féroce, le thermomètre du local est descendu à — 3° et —6°. Les vitraux étaient gelés comme en plein hiver. Dans ces conditions, soit à minuit ou à ? h. du matin, j'allumai la bougie (le cantinier nous fournissait des bougies, et non des chandelles de suif), je remplissais le poêle de bois (qui nous coûtait ? fr. les 5 kilogr.), et je faisais la lecture des instruments de météorologie et autres observations horaires jusqu’au jour, et puis en continuation jusqu à soleil couchant.

Repas et Nourriture. À 5 h. matin chocolat à l’eau, à la façon espagnole, et un verre d'eau. A midi, soupe au bouillon de mouton, au riz et avec tranches de pain ; mouton bouilli, omelette; vin rouge du Piémont; café à l’eau (tous les jours invariablement). A 7 h. soir, même menu qu’à dîner. À 8 h. soir on chauffe le poêle fortement, on éteint la bougie et on se couche sans se déshabiller.

Touristes et grimpeurs. Le passage de Zermatt par le Col du Saint-Théodule au Breuil est très-fréquenté de fin juillet à commencement de septembre. Les grimpeurs montent souvent au Breithorn ; cette ascension facile ne présente aucune difficulté. Un grand nombre partent de l’auberge du Riffel. Dans certains jours nous avons vu arriver des caravanes de 10 à 15 personnes, généralement des Anglais en compagnie de leurs femmes et enfants. — Dans ces cas d’invasion, un guide, armé du bâton classique des Alpes, se mettait en faction pour maintenir intacts nos instruments météorologiques exposés en plein air, et un autre à la porte du chalet pour dire : On n'entre pas. Nous savous par expérience que ces précautions ne sont pas luxe. Grand nombre de touristes, et c’est la pluralité, prennent en hautes régions des habitudes d'écoliers : ils touchent à tont. — Preuve : Par

une belle journée, à 2 h. soir, l'ami Mitekel et moi, accompagnés de nos guides, nous avons été botaniser dans les environs. En rentrant, la table exposée en plein air était dégarnie de tous les vases et thermomètres, et posés pêle-méle à terre. Le cantinier nous dit que. pendant notre absence, des touristes se sont emparés de cette table pour y déposer les vivres qu'ils avaient apportés. et que, lorsqu'ils nous ont aperçus de loin, à notre retour, ils ont déguerpi au plus vite.

État hygiénique au Col de Saint-Théodule à 3350" alt. L'ami Michel, moi et tous nos guides ont joui d'une santé parfaite pendant notre séjour. — Nous avons été unanimement d'accord que nous respirions aussi librement qu’au Pavillon de l'Aar, à 2400". Nous avions excellent appétit et dormions la nuit d’un profond sommeil. Je dois cependant signaler que mon ami, moi et tous les guides, nous étions les premiers jours tous fortement constipés, et cependant notre nourriture était absolument la même qu'au Pavillon de l’Aar. — J'ai ordoné d'ajouter une bonne portion de sel à l’infusion de café. au lieu de sucre; le remède a fait son effet sur chacun de nous, et plus tard les fonctions ordinaires se faisaient parfaitement. — Nous savons que la moindre lésion de l’épiderme ne se guérit pas au Pavillon de l’Aar, et cela nous a été plus que confirmé au Théodule. — De retour à Mulhouse, trois écorchures à la main droite ont commencé à suppurer et n'ont été guéries qu'au bout de dix jours par un renouvellement d’épiderme de plus d'un centimètre carré de surface.

Instruments météorologiques ot autres.

Baromètre. De tous les instruments de météorologie, le baromètre est le plus embarrassant sous le rapport du transport en hautes régions. — Pour cette campagne j'avais commandé à Paris, chez le premier faiseur, un anéroïde de précision, parfaitement vérifié par la machine pneumatique, pour hautes régions, indiquant des hauteurs correspondantes à 5000. — L'opticien ne m'a pas fourni l'instrument, et il a fallu se contenter d’un anéroïde que je possède, fait par Mecretan (n° 14,453), diamètre 0",11 —0®,420 à 0*,800 divisé en millimétres. — M. WWalferdin à eu la bonté de me confier un thermométre-hypsomètre de hautes régions. L'observation de ces deux instruments est consignée dans les tableaux qui suivent.

Thermomètres. Ils sont tous faits par M. Bandin, rue des Grès, à Paris. — Les divisions sont rigoureusement exactes, gravées sur

tiges, plusieurs divisés par dixièmes degrés; on peut lire le centième degré. Une série de thermomètres avec index minima à alcool blanc et alcool coloré par anniline, bleu, rouge, lilas et noir intense. — Des minimas et maximas fonctionnant parfaitement dans la position verticale.

Hygrométrie. Boule du thermomètre entourée de papier non collé ou d’étoffe légère, et mouillée avec de l’eau pure.

Roséemètre pour observer directement le point de rosée de l'air ambiant : vases carrés en argent poli de différentes grandeurs, dont on refroidit l’eau qu'ils contiennent par des réfrigérants dont les matiéres premières — glaces ou neiges et sel — ne manquent pas en hautes régions.

Vents. Girouette portative. — Grand drapeau flottant. — Bande d’étoffe flottante.

Vases. Pour températures et évaporation d’eau sur une surface déterminée.

Poudres en couleurs. Des boîtes en carton de 5 centimètres diamètre et 3 centimètres hauteur remplis de craie blanche, noir d'anniline , outremer, jaune de chrôme, etc.

Observation et disposition des instruments. Toutes les lectures sont consciencieusement faites par Dollfus-Ausset et Auguste Michel.

Dans les citations et tableaux aucun chiffre n'est interpolé. — Les observations sont généralement bi-horaires, de 6 h. matin à 6 h. soir. — Des minimas à index exposés en plein air sur une table, la boule dépassant le bois; d’autres placés sous la table (abrités); d’autres en plein air, ombre permanente. Des maximas à index dans les mêmes conditions. — Toutes les températures à l'ombre ont été lues sur des thermomètres tournés en fronde, jusqu’à ce que la colonne mercurielle reste fixe. Celles au soleil de même, en tournant De certaines lectures sont faites en plein soleil; les thermomètres posés à plat, la boule isolée.

Pour l’état hygrométrique de l’air, on a lu le thermomètre à boule mouillée, exposé verticalement à l'ombre. Fort souvent, on tenait à la main en même temps et éloigné du corps un thermomètre boule sèche et un second à boule mouillée. — Le point de rosée a été plusieurs fois observé directement par le roséemètre, surfaces polies refroidies.

Pour prendre la température du sol, on a choisi un emplacement en plein soleil au Sud du chalet, terre végétale grise; on enfoncait la

boule d’un thermomètre frondeur complétement dans le sol, à 30w» profondeur, et on faisait la lecture lorsque la colonne mercurielle restait fixe. La température des poudres colorées s’observait, comme le sol. — Les évaporations d’eau citées sont le résultat de pesées sur une balance sensible.

Altitudes du massif du Monte-BRosa.

Monte-Rosa. Breithern.

4559% Beccaria. 3902 De Saussure.

4635 Oriani. Weisgrath.

4609 Carlini. 3661" Lutz.

4647 De Welden. Col du Mont-Cervin (Hatter - Joch. 4687 Zumstein. 3327 B. Studer.

4674 De Saussure. 3343 Carrel (chanoine).

4619 Meyer. 3341 De Luc.

4601 Schuckburgh. 3384 Hirzel-Fischer.

Mont-Cervin (Matterhorn). Spgre ru 4495® Berchtold. vor 4500 De Saussure.

2010 B. Studer.

4483 A. de Gy. 2008 De Saussure.

Cima di Jazi.

Zermatt.

4300" Malten. 1618% C. Martins.

Lyskamm. 1637 Michaëlis.

3927% Lutz. 1634 A. de Gy.

Flore au Col du Saint-Théodule. Au Nord du chalet, au Col du Saint-Théodule , une crête de rochers est à découvert : c'est du micaschiste plus ou moins disloqué, sur une étendue d’un kilomètre et de 10 à 100" de largeur entre les deux glaciers. — L'ami Biekel par le beau temps explorait la localité, accompagné d’un guide qui grimpait dans les endroits difficiles. Il a soigneusement séché les plantes recueillies, et lors de la visite que nous a faite M. Buden, curé de Zermatt, ces Messieurs ont déterminé ces Phanérogames qui croissent et fleurissent à une altitude de 3350 à 3400. La localité est généralement débarrassée de neige; elle est balayée, enlevée par le vent. et les plantes ont le temps de germer, de se développer, de fleurir.

Toutes res plantes sont vigoureuses et d'une floraison superbe.

Aretia glacialis. (Dans l'Alpine-Club suisse elle est nommée pennina.)

Ariemisia spicala.

Avena subspicata.

Cerastiuwm latifolium var. glaciale.

Chrysanthemum alpinum.

Erigeron uniflorus.

Geum reptans.

Iberis cæpifolia.

(Linaria alpina, sur le versant du Breuil).

Phyteuma pauciflora (d’après M. müiden. C’est peut-être humile).

Ranunculus glacialis.

R. glacialis var. holicorus (d'après M. müden ne se trouve qu’au Théodule).

Saxifraga oppositifolia.

Saæxifraga striata, d'après M. Ruaen. (Be Saussure, qui l'a trouvée au Col, la désigne par bryoïdes).

Oiseaux.

Deux corneilles des Alpes habitent pendant la belle saison le Col du Saint-Théodule. Dans la journée nous les voyions souvent voltiger à peu de distance de la cantine. Le matin elles approchaient à quelques pas et se nourrissaicnt des débris de cuisine jetés sur le sol. — Sur les rochers au Nord nous avons vu souvent voltiger des allouettes des Alpes de la même espèce que celles du Pavillon de l’Aar, et que nos guides désignent sous le nom de Herren-Führer (guides de grimpeurs). Le guide-chef Blatter nous dit que ce nom est parfaitement appliqué et que ce charmant oiseau se voit à toutes les altitudes dans les Alpes ; il se souvient d'en avoir vu deux posés sur roche, près du sommet du Finster-Aarhorn.

Insectes.

De Saussure à trouvé à la cime du Breithorn (3902® alt.), à la surface du nevé et dans la glace, une espèce de podures, que l'ami DBesor a trouvé de même au Monte-Rosa, et qu'il a décrit sous le nom de Desoria saltans 1. Ces mêmes insectes habitent la localité du Théodule: nous en avons vu un nombre assez considérable.

Chamoïs, llèvres, marmottes, renards, etc.

Le cantinier et les guides de Zermatt nous disent qu’ils n'ont jamais vu ni chamois ni lièvres, ni marmottes ni renards dans les environs du col de Saint-Théodule. L'année passée plusieurs rats, espèce de

‘Voy. dans nos Matériaux ,t, V, 1° partie, p. 51.

ÿ 4) “ampasnols arricola niralis) habitaient la cantine: cette année nous 11 en AVONS AS VUS.

Action de l’air raréfié sur les montres.

La montre de poche de l'ami IMiekel date de 1800 :c'est un héri- ‘age de son pére. Depuis cette epo;ue jusqu'à ce jour elle a passé bien des quarts-d'heure sous la loupe de l'horlo:er. et elle a fini par avaucer de 12? minutes en 24 heures tres-régulicrement. au niveau des rails dans la civilisation. À Zerimatt sa marche correspondait à “elle de mon chronomètre de poche, et au Saint-Théodule elle a chan :é d'allure; elle retardait régulierement de 12 minutes diurue; au Pavilion du glacier de l'Aar elle retardait de 6 minutes d'un lever du soleil à l’autre. En est-il de même des montres ordinaires? Il est à supposer que oui — à en juger par celle du cantinier et celle d'un de nos guides. qui prétendaient que dans la plaine leurs montres avancent réguliérement d’un certain nombre de minutes par semaine, el qu'ici elles retardent beaucoup. Mon chronometre de poche anglais, de construction parfaite. a continué sa marche normale et régulière. — Je cite ces faits pour rendre attentifs les observateurs qui tiennent à des dates. heures et minutes exacles.

Programme des observations à faire au Col dn Saint-Théodule.

— 3 fort — 4 très-fort — 5 violent — 5 @ Féroce.

Températures de l'air.

Au soleil : thermomètre tourné

Les lectures des instruments de météorologie seront bi-horaires, de 6 h. matin à 6 h. soir. — On fera dans certains jours des ob-

servations horaires et des lectu- | en fronde. res de nuit. A l'ombre : thermomètre tourne Pressions atmosphériques. en fronde.

Minimas à index (curseurs) placés en plein air sur une table; la boule d’alcool dépassant le bois.

— Idem à l'ombre permanente. —

Anéroïde de hautes regions.

Hypso-thermomètre.

État du ciel.

Clarté exprimée par 0,0 totale-

ment clair; 1,0 couvert; 0,5 moitié couvert, etc.

Soleil — brouillard — neige.

— grésil — gelée blanche. etc.

Vents.

Direction et force.

0 ralme — 1 faible — 2? moyen

Placés sous la table à l'abri du rayonnement nocturne.

Maximas à index (curseurs) placés dans les mêmes circonstances.

Hygrométrie.

Thermomètres boule sèche et boule mouillée à l'ombre.— Point

de rosée observé directement à l'ombre sur surface de métal refroidie (par le roséemètre).

Températures du sol.

A 30e au-dessous de la surface exposée en plein air non abritée.

Lectures bi-horaires.

Températures du sol de 10 en 10 centimètres depuis la surface jusqu'aux plus grandes profondeurs qu’on peut atteindre.

Température et hygrométrie dans l'intérieur du chalet. .

Températures des neiges qui cou-

vrent le sul et les glaciers à diverses profondeurs.

Températures du sol couvert de neiges ou de glaces à diverses alt.

Action des rayons solaires sur les thermomètres à alcool diversement colorés.

Action des rayons solaires sur des poudres de couleurs diverses.

Observations glaciaires.

Jusqu'à quelle altitude le glacier est-il adhérent au sol?

Flore locale.

Imprévu, etc.

Ce programme a été consciencieusement exécuté avec une persévérance stoïque sous le rapport de la météorologie bi-horaire de jour. La nuit, impossible de faire des lectures. Par des froids de — 10° et des vents féroces qui nous enlevaient et éteignaient la bougie de la lanterne, toute observation régulière cesse. — Des lectures isolées, dans certains moments pouvaient se faire; mais régulièrement, absolument non. — Un thermomètre placé en dehors des vitraux aurait pu se lire sans doute, mais la chose était impraticable : toutes les units on fermait les contrevénts des fenêtres; sans cette précaution, la bougie dans la chambre vacillait à ne pas voir clair pour écrire. Souvent nous plaçions la bougie dans la lanterne.

Observations météorologiques de Mulhouse (Haut-Rhin) 250" alt.., au cel du Saïint- Théodule., 928350" alt., massif du Monte-Rosa.

Par Dellfus-aAusset et Auguste michel.

| . TEMPÉRA- | LOCALITÉS. ALTITUDE. ANÉROIDE. EAU, SOL, TORRENT, ETC. | Riedisbeim, près Mulhouse . 250" 0=,7459 Anéroïde de hautes régions, | Bäle, station (ch. de ler). . |. . . . . . 0,7422 réglé sur un baromètre Fortin Sissach . . . . . ere 394 0,7325 réduit à zéro. Entrée au grand Tunnel . . . |. . . . . . 0,7185 Olten , station (ch. de fer) . . 393 0,7350 Berne, station (ch. de fer) . . 555 0,7173 Genève, Observatoire. . . . 407 0,7283 Baromètre de l'Observatoire à 0,72937. Anéroide — 0",0010 SION «25 À D eg en ; 529 0,7155 LL PRE TR ES 620 0,7021 Eau du torrent qui vient de Zermatt,. . . .. . . . .. 10°,0 Eau du Rhône, en aval de Vibge 4e à cu Da a 8,1

La hauteur maxima de la Viège est ordinairement à 5°,30 soir. Fait une marque de hauteur le soir , le lendemain le niveau était de 0,50 plus bas.

VIRE ee 620 0,7022 Sol au bord du torrent, plein air, à 0,03 de profondeur. . . bi Sol abritésous unepoutre, préservé du rayonnement nocturne. 13.2 Saint-Nicolas. . . . . . . . 1150 0,6634 Sol, sable gris au soleil. . . 1.0 Sol au bord de la Viège au soleil, schiste noir . . . . . . 25,0 Randa . . . . . . . . .. 1457 0,6431 Depuis le matin jusqu'a 3è,30 soir, toujours soleil.

Zermatt. . . . . . . . .. O2. rss te Torrent un peu en amont du village, où toutes les eaux de la vallée sont réunies. . . . . . 2.1

Le 19 août, à & h. soir, fait un trou dans un pré gazonné sur rive gauche de la vallée , terrain expose au soleil toute la journée. Gazon desséché :

0,10 sous le gazon 15°,5 Nous nous rendons à la pente terminale du glacier de Gorner; 20 à 25 cha-

0,20 — 14,2 lets en bois (greniers à foin), tous d’ancienne date, se voient en aval de la 0,30 — 13,0 pente terminale du glacier. L’un d’eux se trouve à quelques mètres de dis- 0,40 — 12,5 tance de la moraine. — Entre le bourrelet de la moraine en place et la pente 0,50 terre et galets 12,2 terminale du glacier, il y a quelques mètres d'espace qui se sont produits par 0,60 — 11,8 l'ablation du glacier pendant l'été. Sur le terrain en amont, rive gauche. de 0,70 — 11,8 vieux mélèzes (pinus larir) et de vieux pinus cembra dépérissent, sèchent

0,80 roche en place 11,8 et sont atteints par la moraine Jatérale.

OGhservañlons météerelegiques de Mulhouse (Haut-Rhin) 250" alt.. au col du Saint. Théodule.. 2850" alt.. maañff du Monte-Bosa.

Par DBellfus-Ausnet ct Auguste Michel.

AIR HYGROMÉTRIE

Do.

ses

oo : ! Point de | Humidité ; Soleil. | Ombre. Tension. us lléltie Vents.

119,8 [6,12] 4°,1 | 38 1,0 Couvert.

6,69 5,3 77 0,2 Soleil.

0,0 Soleil.

0,0 Soleil.

0,2 Soleil.

0,2 Soleil.

0,0 Soleil.

Les températures à l’ombre et celles au soleil sont lues sur un thermomètre tourné en fronde. — Aucun chiffre des tableaux n'est interpolé; ils sont tous observés consciencieusement. Anéroïde sans correction.

14,8 \ 0,5 ‘oleil.

14,5 0,3 Soleil.

11,2 , 1,0 Couvert.

18. 17,0 | 11,0 | 6,96 | 5,9 | 48 | Calme] 0,8 Soleil. 6 s. 11,8 | 10,0 | 8,08 | 8,1 78 |CalmeÏ 1,0 Couvert.

M. müden. curé de Zermatt, nous dit que depuis deux ans ce glacier ne fait pas de progrès à la pente terminale; il fond en été autant qu’il a avancé le reste de l’année. Sur rive gauche il en est de mème. — Le bourrelet de matériaux déposés à la pente terminale a labouré du gazon très-ancien, et l'accumulation des matériaux est considérable. Aujourd’hui l'extrême pente terminale est abrupte, et la glace à découvert subit une forte ablation. Dans la partie supérieure, la surface du glacier charrie beaucoup de matériaux ; et s’il les conserve sur le dos jusqu’à pente terminale, ils protègent contre la fusion, et il envahira de nouveau du terrain. — Au glacier inférieur de l’Aar, nous voyons par nos observations annuelles depuis 1846 des parties de la pente terminale rester stationnaires, et d’autres envahir le terrain, suivant la quantité de matériaux que ces parties conservent sur la surface du glacier.

Observations météorologiques de Mulhouse (Haut-Rhin) 9290” alt. au col du Halnt- Théodule, 2850" alt., masaif du Monte-Bosa.

Par DBellifus-ausset et Auguste Michel.

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