MORAINES PAR OBSTACLE
peut-être pas inutile d'insister sur la place qu'occupe ce sable^ entre une couche de gros blocs et une couche de gravier. Il y a des blocs de 6 à 8 mètres cubes.
Nos terrains de moraines ne sont pas stériles, tant s'en faut ; si les *-*• ^™" cultures annuelles y sont chétives et n'y réussissent qu'à force de *"* "'VJnjw!*" ^' soins, les arbres y prospèrent à merveille, leurs racines peuvent pénétrer avec facilité dans la profondeur de ces amas. C'est en général sur notre terrain erratique que l'on remarque les plus beaux chênes et les plus beaux charmes. Les tilleuls et les marronniers de la moraine de Wesserling^ plantés en 4760, sont remarquables par leur vigueur et leur belle venue.
E. C. 4. Nous appelons moraines par obstacle des matériaux ados- Monùne. par obiucie. ses entre des roches en place. Cette forme du terrain erratique, que je ne trouve décrite nulle part, mérite une attention particulière. Dans la vallée de Saint-Amarin les moraines par obstacle sont au nombre de sept ou huit; tous les monticules isolés, coniques, de roches en place de 30, 40, 50 à 180 mètres d'élévation qui surgissent du sol, comme des iles, en amont de Wesserling, en sont pourvus.
Kwreiiberg (Bœrenbûhl)'. Monticule entre le village d'Odem et Bnreuberg. celui de Krûth. La roche est un schiste argileux ancien, cambrien ou silurien, stratifié en couches relevées presque verticalement, qui alternent avec des masses fondues porphyroïdes.
Sur le côté nord , côté choqué {Stossseitey , ce monticule est couvert 5/w«e//*, côié choqué. jusque près du sommet d'un revêtement de détritus mobiles, dont la composition est identique à celle des autres moraines de notre vallée. Les accumulations de sable fin sont de préférence disposées par bandes dans la région inférieure de ce mont, puis les matériaux d'un plus fort volume sont plus abondants dans la région moyenne, ensuite les blocs métriques sont dans la région basse, empâtés dans le sable et la terre. A 50 mètres plus haut ces mêmes blocs
* D. A. Bœrenberg, montagne de TOurs; au lieu de Berg, montagne, les habitants de cette vaUée désignent par Buhl les collines isolées qui, dans les Alpes bernoises, portent le nom de NoUe (Knolle) , par exemple Grimsel-NoUe etc.
* D. A. Les glaciaristes appellent StossseitCj côté choqué, la partie de roche qui fait face au glacier, côté en amont du monticule , et Lehseite , cété préservé , la partie en aval.
sont un peu mieux dégagés , puis près du sommet ils sont tout à fait libres y découverts, dégagés de galets et autres menus débris; ils reposent directement sur la roche en place.
Il faut distinguer parmi ces blocs et débris ceux qui ont été déplacés plus tard par la main de l'homme pour préparer le sol à la culture. La plupart de nos moraines étaient, il y a cinquante ans, couvertes de chênes , hêtres , sapins ; le sol mobile de ces amas de débris se prête fort bien à la culture des arbres de haute futaie, mais pour le besoin de la population on les a fait disparaître , et la plupart de nos moraines sont aujourd'hui transformées en charoi>s cultivés.
Au Bœrenhuhl les blocs métriques sont en grande pai'lie arrondis , ém^ussés, ceux qui ont conservé des angles vifs sont plus rares , les uns et les autres sont en granit ou en beau granit porphyroide, quelques blocs de quartz blanc saccharo'ide et de silex comidiue s'y remarquent aussi. La roche schisteuse ne se trouve que dans les menus débris. Il est facile de remonter à l'origine de tous ces matériaux.
La roche cristalline, le granit et le granit porphyroïde identique se trouvent en place à 6 kilomètres en amont , auprès du col du Bramont, à la montagne de la Tête-Ronde y qui ferme la vallée dans cette direction , et dans les environs de Wildenstein , sur la rive droite. Les quartz et siler font partie de ce même massif, où ils figurent en qualité de roche de filon.
La roche de sédiment similaire est en place sur toute la rive gauche de la vallée en amont.
Comme étude de roches et de galets rayés , le Bcerenbùhl n'est pas dépourvu d'intérêt. Les galets rayés y sont abondants ; j'en ai recueilli de fort beaux exemplaires dans une ouverture pratiquée dans cette moraine du côté nord-est pour l'extraction du sable. Les galets recueillis ainsi au milieu d'une tranche de sable en exploitalion , ont des stries d'une netteté parfaite; ceux que j'ai trouvés sous les glaciers y ou bien enchâssés dans les masses mêmes de glace , ne sont pas mieux burinés.
En comparant des galets rayés que j'ai rapportés des glaciers en activité avec ceux que je recueille sur les moraines des Vosges, il est impossible d'apercevoir aucune différence, quand bien même