‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 78 sur 216 · GALETS RAYÉS. S · texte numérisé non relu

GALETS RAYÉS. S

Quoique la roche ne soit pas de même espèce , pourvu qu'elle ait le même degré de résistance, de ténacité, le trait de burin dont ces pierres sont siUonnéeSy est tout à fait identique^.

E. G. 31. Pour m'assurer, par une expérience directe, si effec- Kxpwenw directe tivement les raies dont ces galets sont sillonnés,' ont été détruites par ^" ^^r^^TJnt le mouvement et le frottement ^ amenés par un courant d'eau et ck détniuei p«r le mou-

• •»• ji !• «•/••Il A A»* ••! cément et le frotte-

gramers^j ai essayé de produire artificiellement une petite rivière, ^^^^ ,^^„j, ^ ^ et de soumettre à son action un certain nombre de ces cailloux. eon«« de»» •» <»« Cette expérience est rapportée dans les Comptes rendue des séances *^^**"' de r Académie des sciences dans les termes suivants :

« Une cinquantaine de galets rayés , de roche schisteuse bleue , asc sez dure, recueillis sur la moraine de Wesserling^ ont été mis dans c un grand cylindre horizontal , creux, en fonte , de ii°,30 de lon- < gueur, sur 50 centimètres de diamètre , fermé aux extrémités par cdeux disques en fonte et tournant sur son axe. Ces galets ont été « préalablement mélangés avec un volume égal de sable de rivière € et vingt-cinq litres d'eau ; puis on a imprimé au cylindre un mouc vement lent de quinze tours par minute seulement.

1 H. JH—lm a pu aussi comparer les gàUtê striés de» Vosges avec ceux de provenance helvétique. Je lui avais , dans ce but , envoyé une collection recueillie aux environs de WesserUnÇf dans la vallée de Saint-Amarin, Il me répondit : a Je viens de a recevoir renvoi de cailloux roulés que vous m'avez adressés. Rien ne pouvait m'ètre « plus agréable que de retrouver sur ces galets tous les caractères distinctifs des accu- • muUUions de débris glaciaires ^ tels que je les ai signalés, il y a bientôt cinq ans, après « les avoir trouvés constamment les mêmes dans les Alpes , dans le Jura et dans les ■ Iles BriUmniques.

< Aucun de vos échantillons n'est douteux.

« J'ajouterai que, à de très-petites distances des glaciers^ lorsque ces galets^ sortis « rayés de dessous les glaces, sont entraînés par les torrents, ils perdent bien vite leuc m Imrinage; on ne trouve nulle part dans les torrents des Alpes des galets rayés ^ pas « plus qu'au pied de nos cascades ni sur les bords de nos lacs. D'où je conclus que par- « tout où Ton trouve des galets rayés on a affaire à des accumulations de débris gtam Claires qui n'ont point été remaniés depuis leur déposition par les glaciers; ce qui « nous prouve aussi , d'un autre côté, que le phénomène des grands glaciers est le der- « nier phénomène géologique de quelque importance qui ait travaillé la surface du globe.

«...Assurez- vous bien qu'on n'en trouve pas de semblables (des galets rayés) dans vos « ruisseaux et qu'ils sont propres 'aux dépôts moraniques , afin que vous puissiez insister « pour votre localité sur l'importance que j'ai attachée à ce caractère, qui se confirme

partout d'une manière si éclatante. »

«Ce mouvement de rotation, en agitant les galelSy le sal^i^ ei -. (dans tous les sens, imite l'action produite dans la nature [a: [-. (frottement de ces cailloux les uns contre les autres dans un • ( rant de rivière.

(Après six heures de mouvement on en a retiré quelques-uir (les stries les plus délicates avaient déjà disparu, il restait ec :: (la trace des raies plus profondément dessinées.

(Après vingt heures de mouvement les stries ont complînr^: € disparu y il n'en reste pas trace sur les galetSy qui ont pris l'j ; ; ( mat des galets de rivière.

(Un exemplaire de ces galets, partagé avant l'expérience en : j (parties, dont l'une a été soumise au frottement et l'autre con--: (vée à part, représente très-bien, lorsqu'on réunit les deux rr r (ceaux après l'expérience, l'action produite par le mouvement' »

Pendant le cours de cette expérience , l'eau que j'avais mêlée a:i galets et au sable n'est point restée limpide ; le frottement de c^s corps les [uns contre les autres, en détachant des parcelk-s dt matières excessivement fines , a rendu l'eau d'abord trouble , puis, vers la fin de l'expérience, cet eau est devenue tout à fait bou^us'. Le sableemployé dans cette circonstance , était un sable de rivi^rre imparfaitement lavé , composé d'une infinité de fragments de quartz y de feldspath et de mica, résultant de la décomposition des granits.

Si un courant d'eau et de boue , chargé de fragments de quartz. eût été capable de rayer la pierre schisteuse, toutes les conlitions étaient réunies dans cette expérience. Et l'on vient de voir que le résultat a été négatif sous ce rapport, et positif relativemeiri à la manière de voir de M. Agmmmàm.

Ces galets appartiennent donc bien véritablement aux dépôts gli" ciaires; hors des limites de ces dépôts, hors des frontières du Utrain erratique on n'en trouvera plus.

Dans les Vosges nous avons vu qu'ils sont fort abondamment répandus, particulièrement dans la vallée de Saifit-Amarin. Dans celle de Massevaux et de Giromagny ils se trouvent aussi, mais

* Comptes rendus^ i, XX, p. 1718. Extrait d'une lettre de H. JÊIle de VeMunonl.

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