‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 99 sur 216 · MATÉRIAUX CHARRIÉS PAR LE RHIN · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX CHARRIÉS PAR LE RHIN

gravier du Rhin. Aussi les cailloux qui constituent les poudingues tertiaires, ceux du grès vosgien, du terrain houiller etc. diffèrent par leur physionomie générale des galets des alluvions anciennes et modernes.

En terminant ce sujet, je citerai quelques exemples de la force Dîmendon de« pioi de transport du Rhin. Du côte de Kembs , on observe dans des î^ôu^'har "^ "" * bancs de gravier récents de gros galets sphéroïdaux d'un volume de 8 à 12 décimètres cubes, et d'un poids de 25 à 32 kilogrammes, qui par conséquent ont été déplacés par le fleuve actuel. Ce sont à peu près les plus gros que Ton rencontre vers le haut de la plaine. Or à Bâle, la vitesse moyenne du fleuve est de 2i",25 aux eaux vitesse moyennes, et de 4^,16 aux hautes eaux, d'après H. l>efolitoilIe^ "*" *^" * ■*^''

Les débris de toute espèce de roches qui sont entraînés dans le cours du Rhin peuvent être emportés à la longue , lors même qu'ils auraient des dimensions beaucoup plus fortes que la limite qui vient d'être signalée ; car ceux qui ne peuvent pas être charriés sont préalablement dégrossis sur place par le roulis des galets , jusqu'à ce qu'ils soient devenus transportables; c'est ainsi que des libages anguleux de muschelkalk , du volume de 20 décimètres au moins , et d'un poids de 50 kilogrammes, sont souvent arrachés lors des hautes eaux ; puis ils s'amoindrissent par l'usure et ils entrent alors en mouvement.

A. D. 4. Outre les sels que le Rhin tient en dissolution, il char- oaanuté rie presque sans cesse du limon ; la proportion de limon qu'il con- ^^ ^^^^ ^ tient à Kehl varie par Utre, d'après les déterminations que j'ai faites pour toute l'année 1848 et le commencement de 1849, de 0fi^,005 à 1 gramme, c'est-à-dire que l'eau renferme de 0,000005 à 0,001 de son poids de limon. — En connaissant le débit du fleuve correspondant à la hauteur moyenne de chaque jour, ainsi que la proportion journalière de vase qu'il renferme, on peut calculer approximativement la proportion de limon qui est emporté en 24 heures. De ce calcul , qui a été fait à partir du commencement de l'année 1848, sur des débits du fleuve évalués approximativement par M. làtdruj il résulte que la quantité totale de limon qui a passé à Kehl du 16 janvier i84S au 16 janvier 1849, est de 1,122,455

9 Annaks des ponts et chaussées^ 1888.

mètres cubes, c'est-à-dire égale au volume d'un cube de 104 mètres de côté. Le 15 elle 16 janvier 1849,celle quantité a atteint 418,:î-2î mètres cubes par jour, volume d'un cube de 49 mètres de côté.

Rapport de ce tû- Qq volumc , tout considérablc qu'il paraisse , est bien fail»k , uw'nd!flTu*ve."' "rapporté à la superficie du bassin du fleuve. Le bassin du RhinT*

des rivières qui arrivent au Rhin au-dessus de Kehl , est d'en\iroii 380 myriamètres carrés. Mais le fleuve, ainsi qu'une partie de >-> aflluents, avant de quitter la Suisse, forment les lacs de Constanre. de Zurich , de Lucerne, de Thun ; l'eau sort clarifiée de ces divm bassins, de sorte que le limon qui arrive à Kehl ne peut proveur que de la superficie située à l'aval des lacs, superficie qui est «Ir 176 myriamètres carrés. Le volume annuel de limon réparti uniî-rmément sur la surface dont il peut provenir, formerait donc ud' pellicule d'environ 0"^"™,06 : pour un siècle , cette couche sera.i par conséquent de 6 millimètres. L'a^/ah'on annuelle- du bas^io. dans la région située à l'aval des lacs de la Suisse et à Tamont dr Kehl, est donc en moyenne de 0™in,06. Mais celte déperdition j^ matière solide ne se fait pas uniformément sur toute la surface li'u» pays : les aspérités grandes ou petites et les parties situées dans !e haut des vallées, sont plus activement dégradées que les plaintN Il est à observer d'ailleurs que les résidus de plantes qui , avec K^ détritus de la roche sous-jacente , composent la terre végétale, codtribuent, mais pour une bien faible part seulement, à compenser la perte des régions élevées des continents.

Terrmei de gravier ^^ j)^ 5, ^ SOU cutréc daus la plaiuc , aux environs de Bàle, i-*

entre lesquelles le Rhin ^,. i.i* p'j» -i •

cooie rètdeBAie ^^^^ coulc cutre dcs Icrrasscs formées d un gravier de même nature que celui qu'il roule encore, mais qui est à une hauteur M^t supérieure au niveau du fleuve actuel.

Les cailloux de ces terrasses se composent principalement de quartzite jaune et blanc, de roches schisteuses cristallines, de gr ? quartzeux à grains fins et très-compacte, de calcaire jurassiq':-? blanc ou noirâtre , de roches amphiboliques diverses , de gnuiiî, de serpentine , de porphyre et de quelques autres roches dont il serait trop long de détailler les variétés. Ces roches, en galets pjrfaitement arrondis, sont entremêlées uniformément , sur un tiei> ou un quart de leur volume, de sable noirâtre, très-analogue à ce: li qui constitue la molasse dans une partie de la Suisse. Le tout a>5^i

fréquemment cimenté par une faible proportion de carbonate de chaux , en un poudingue très-solide qui , s'il était vu isolé , paraîtrait se lier au nagelfluhe tertiaire plutôt qu'au diluvium.

Une certaine fraction de ces roches proviennent des Vosges , de la Forêt-Noire et du Jura; mais la plus grande partie sont à'origine alpine. Aux environs de Burgfelden, le gravier des Vosges est mélangé en très-forte proportion au gravier du Rhin ; on y trouve de la syénite feuille-morte des ballons des Vosges, qui est si facile à reconnaître , du granit porphyroïde , des diorites et des porphyres rouges quartzifères qui proviennent très-probablement de la même chaîne. — Les cailloux les plus gros ne dépassent guère 35 sur 24 et 16 centimètres suivant les axes de l'ellipsoïde. Ils ne l'emportent donc pas sur les cailloux que le fleuve est encore susceptible de charrier. — Près de la surface , les cailloux sont en général moindres que dans le bas du dépôt ; ils affectent souvent une stratification grossière. Du sable fin les recouvre sur 0"^,50 à S mètres d'épaisseur.

La coupe transversale (fig. 6), faite à 2 kilomètres au-dessous de i>i»p~i»««n •« r»- Bâie, près de Hunmgue, donne une idée de la disposition en gradin ^ y, i^oieur de ho. de ces anciennes terrasses de gravier. «''»««••

La berge a 6, haute de G^ybO au-dessus de l'étiage, se compose, sur une hauteur de 4in^50, de gravier grossier ; jusqu'à 3i»,50 audessus de l'étiage, le gravier est réuni en un poudingue très -solide, d'apparence stratifiée ; le gravier est recouvert par i^,bO de marne sableuse un peu plastique ; c'est le limon que le Rhin dépose journellement encore dans ses hautes crues. Les plus hautes crues connues s'élèvent d'environ 0«>,50 au-dessus de la berge a 6 jusqu'en n n'.

Une seconde terrasse , c d e , de 6 mètres de hauteur, fait suite à une première : elle est formée des mêmes cailloux que celle-ci , entremêlés de plus d'un quart de leur volume de sable fin ; c'est sur le prolongement de cette terrasse qu'est construit le village de Saint-Louis, près de la frontière de Suisse : les plus hautes eaux du Rhin n'en atteignent par conséquent que le pied. La surface, au lieu d'être plane et sensiblement horizontale, comme on l'observe ordinairement, s'élève insensiblement jusqu'à Burgfelden par une surface irrégulièrement ondulée. L'ondulation intermédiaire e n'est

autre chose que le prolongement d'une autre terrasse , moins distincte que celle de Saint-Louis , qui prend naissance dans Bâle.

C'est sur le prolongement de la terrasse supérieure e f g qu'esi construit Burgfelden. Cette dernière plate-forme, dont le talus est de 20 degrés près du village, s'élève de 8 mètres au-dessus de b précédente, et de 19 à 20 mètres au-dessus des plus hautes crues connues.

Sur la rive droite, près de Weil et de Haltingen, on trouve une terrasse unique dont la hauteur au-dessus du Rhin est égale à h somme des hauteurs des trois terrasses de la rive gauche. La symétrie qui a dû exister d'abord dans la disposition des terrassc-s. n'existe plus toujours , le cours d'eau ayant pu en faire disparaître une ou plusieurs par des corrosions ultérieures.

Les talus des terrasses qui regardent le cours d'eau sont le p1i)> ordinairement de 15 à 20 degrés, et quelquefois aussi moindirM ainsi le talus près de Burgfelden n'a que 12 degrés.

Les buttes de cailloux de la rive gauche du fleuve, dont il vient d'être question , sont faciles à poursuivre vers le sud jusque danle faubourg de Bâle ; mais là les trois terrasses se réunissent. L.-^ dépôts élevés de gravier sur lesquels Bâle même est bâtie en sont la continuation , et la rapidité des pentes de certaines rues de la vîIIp est due à l'érosion de ces terrasses. Dans Bâle même , d'après II. le professeur HerlanS le gravier diluvien atteint 30 mètres au-dessus du Rhin , et hors de la ville il s'élève même au double de cciu^ hauteur.

TerratiM Lc gTdvicr diluvien est entaillé par la Birseg , au pied de Sainte-

desbordideia Biwg. Margucritc , sur une hauteur totale d'environ 20 mètres. Celte hau-

(eur est ici partagée en deux gradins symétriques, comme Tindiqurla fig. 7. Tous les cailloux, aussi d'origine alpine, sont mélan^t^ dans leurs interstices de plus de la moitié de leur volume de saLI" Le gravier inférieur est très-notablement plus gros que le gravi«.r supérieur. Il est grossièrement stratiûé et entremêlé de lits cimentés par de l'oxyde de fer brun.

LediiaTiamostsoa- Pg^p gui^ç jgg inéffalités du sol, le diluvium a une épaisseur Irès-

Yent p«o paisiant dant ^ ,. .

I. partie méridioMie iuégalc aux cuvirous de Bâle. Sur quelques points sa puissance de-

d» la plains,

* P. HierlAn , Uebtr die Diluvialbildung der Gegend von Batel. Berickî nber été Verhandltingen der tuUurforschenden GeseUschafl in Baself 1844 , t. VI, p. 4S.

passe 20 mètres*, maïs ailleurs il se réduit presque à zéro. — Ainsi , au fond du lit de la Birseg affleurent çà et là des marnes bleues tertiaires avec de grandes huîtres, telles que VOstrea cristata semblable à celle de Kolbsheim (Bas-Rhin), des balanes, des pecten et d'autres coquilles marines. Ces mêmes marnes ont été rencontrées à quelques mètres de profondeur dans l'intérieur de Bâle. A Huningue , en enfonçant des pieux dans le fleuve , on a aussi rencontré des marnes bleuâtres qui appartiennent au même terrain. Enfin, on voit affleurer, aux environs de Bellingen , les couches tertiaires. Le diluvium est donc en général moins épais dans la région méridionale de la plaine que vers le nord , aux environs de Strasbourg par exemple. — Le gravier diluvien va s'adosser, soit aux collines tertiaires et secondaires qui bordent la chaîne de la Forêt-Noire et celle du Jura, soit à ces deux chaînes elles-mêmes.

A la colline Sainte-Marguerite près Bâle, à plus de 100 mètres Poo<UDffoed»i«eoiau-dessus du fleuve , on trouve un poudingue mélangé de sable et ll^^^^^JtVh"!!^^^ très-solidement cimenté , qui appartient au diluvium ou au terrain tertiaire supérieur: il est recouvert par le lehm. Ce poudingue grossier se retrouve, avec les mêmes caractères, aux environs de filotzheim (Haut-Rhin); outre les débris de quartzite, qui prédominent dans cette dernière localité , le poudingue contient de nombreux débris de calcaire jurassique blanc et de calcaire gris veiné de blanc. Le tout est cimenté très-solidement avec le sable de la molasse. Le diamètre des plus forts cailloux atteint souvent 20 centiraètres. Le gros gravier, dont l'épaisseur est de 6 mètres, est recouvert sur un mètre d'épaisseur^ par de petits cailloux de la grosseur d'une noix. C'est sur ceux-ci qu'est déposé le lœss. — La hauteur de la terrasse de gravier de Blotzheim, par rapport aux plus hautes eaux du Rhin dans le voisinage, ne dépasse pas 40 métrés ; elle est donc beaucoup moins élevée au-dessus du fleuve que le gravier de Sainte-Marguerite. Cette terrasse supérieure continue à s'abaisser graduellement vers le nord. — Il n'y a pas lieu \\e s'étonner de voir le gravier diluvien du Rhin transformé en un poudingue fort solide ; car cette soudure se poursuit journellement încore sur quelques points.

9 Mémoire cité.

Continuation de la gî Toii s'avaiice de Bâle vers le nord , en suivant la rive gauch»^

j*!!!î^w fn!!l^LT ^^ ^^^^^ 0° voit la terrasse de Burgfelden (g h, fig. 8 et 9, pi. II Nfuf-Briach. perdre graduellement sa saillie et se fondre dans la plaine voisi: .

à 7 kilomètres de son origine. Quant à la terrasse inférieure, ctilc de Saint-Louis (cde, fig. 6, eicdef, fig. 8 et 9), elle se prolo:],très-distinctement vers le nord, en côtoyant le Rhin actuel à >i > distances variables, jusqu'au fort Mortier, près de Neuf-Brisach. L hauteur de cette terrasse au-dessus du fleuve qui, près de Bâle, est d'environ 8 mètres au-dessus des plus hautes eaux, décroît giiduellement et finit par se réduire à peu près à zéro , c'est-à-dire *\ sa trace se perd aux environs de Biesheim , non loin de Neuf-B; > sach, dans un gravier de très-peu supérieur aux plus ferles cni»^ contemporaines. La longueur de la terrasse diluvienne, qui sV-ieL. avec continuité de Bâle à Neuf-Brisach , est donc de 51 kilomètre-? Ligne de viuagei j[ ^g^ d'aulaut plus facilc dc suivrc pas à pas la terrasse de la rh-

consiruita sur la limite

de cette plate- forme gauchc dout il cst qucstiou , que la plupart des villages voisins i!i naturelle. j^jjjjj qqj ^té avcc raisou construits sur cette plate-forme nalure'.!-.

de manière à dominer la plaine submersible. — La roule de Bâle î Neuf-Brisach, qui remonte à l'époque de l'occupation romaine, j • aussi été établie sur celte longue plate-forme, à peu de distance d* sa limite orientale. Voici les noms des villages et hameaux pin. «^^ sur le bord de la terrasse de la rive gauche du Rhin depuis ?^'il^ jusqu'à sa limite septentrionale : Saint-Louis, Michelfelden , Hakrhaeusel, La Chaussée, Richardshausen , Neuweg, Grand-Kenil»f, Niffern, Hombourg, Otlmarsheim, Bantzenheim, RumershKiu . Blodelsheim , Fessenheim , Balgau , Heiteren ; Neuf-Brisach est {'bV vers la limite de la terrasse.

Pfoiii La fig. 8, dans laquelle l'échelle des hauteurs est égale à 50 kh

terniMe. ^^'1^ ^cs distauces horizontales , résume le profil longitudinal A^ terrasses diluviennes de la rive gauche du Rhin^ abstraction fa::' du dépôt le plus élevé, celui de Sainte-Marguerite et de Blolzhcin a a* niveau des eaux moyennes du Rhin. h V niveau des eaux les plus hautes et des alluvions modernes. Terraiie de la rire c (t S fj surfacc supéricurc dc la longue terrasse sur laquelle s r.i roite qoi orme construits les douzc villages entre Bàle et Brisach : a h. niveau l-*

contre-partie de la pré- o ' if ^

cédente. la tcrrassc supérieure qui supporte Burgfelden. Celle dernière ter-

rasse est longue d'environ 6 kilomètres. — Le lit de la Birsejr en-

taille tout ce dépôt diluvien un peu au sud de l'endroit où la terrasse, supérieure prend naissance. — La rive droite du Rhin présente une ligne de terrasses qui forme la contre-partie du rideau (Je la rivière gauche. La hauteur des deux teiTasses, prise dans une même section normale au cours du fleuve , est sensiblement la même sur les deux rives ; seulement il arrive que Tune d'elles se dédouble sur quelques points en deux gradins, sans que l'opposé présente le même accident ; c'est un fait dont il est facile de se rendre compte. — Une ligne de villages badois est construite sur cette terrasse dans une position toute semblable à celle des villages français ; ce sont : Weil , Eimeldingen , Kirchen et Effringen , point où le dépôt s'arrête à ce promontoire de calcaire jurassique dont le Rhin baigne le pied; puis au nord de ces collines, la même terrasse reprend et supporte les villages de Schliengen , Steinenstatl , Xeuenburg, Zienken, Griesheim , Hartheim et Hochstetten. Après s'être graduellement abaissée, la terrasse disparait près du massif volcanique du Kaiserstuhl , précisément vis-à-vis de la limite de la terrasse française. — Entre Sleinenstalt et Hochstetten , c'est-à-dire sur une longueur de 25 kilomètres, le Rhin actuel baigne immédiatement ou presque immédiatement le pied de la terrasse de la rive droite. La fig. 9 montre la disposition des deux longues terrasses dont il vient d'être question. — Les fig. 10 et 41 représentent d'une manière générale la section transversale , et la position des villages énumérés plus haut; n n* est le niveau que le Rhin atteint lors des plus hautes crues qui baignent les maisons inférieures de Kembs. Le dépôt limoneux qui est formé par les alluvions modernes du Rhin étant d'un niveau supérieur aux eaux moyennes ^ est avantaijeusement cultivé.

Les deux longues terrasses entre lesquelles le Rhin fait son en- Abiencc de. i*.r- \\i^ dans la plaine comprise entre les Vosges et la Forêt-Noire , et ™"" "j,, j',' |"„^7u t|ui forment comme la continuation de celles de la haute vallée du Rhin, ileuve '^ disparaissent sans retour à la hauteur du Kaiserstuhl et de \euf-Brisach. A l'aval , c'est-à-dire au nord de ces deux points jus- {uc vers Mannheim , nulle part je n'ai vu de terrasses formées par

* Ch. Hairttau, Sur les formes régulières des terrains de transport des vallées du Hhin antérieur et postérieur, (Bulletin de la Société géologique de France , t. Xill , preuière série , p. 332.)

Yancien gravier du fleuve. — Le gravier du Rhin ne s'élève qu'insensiblement et d'une très-faible quantité au-dessus des plus hautr^ eaux actuelles. Aux environs de Strasbourg par exemple , on tnHi\* du gravier alpin dont le dépôt remonte sans aucun doute à ui époque antérieure à l'époque actuelle , puisqu'il est recouvert par 1 . lœss. Or la surface du gravier ancien qui supporte une couch» épaisse de limon diluvien , a le même niveau que les alluvions m^ dernes. — Ce dernier fait montre que le puissant dépôt de gravi.. de la plaine, bien qu'il soit susceptible d'être recouvert par !> alluvions modernes, doit être considéré comme ayant été charr/ . pour la plus grande partie, à une époque antérieure au régime atuel. Ceci est particulièrement certain pour le gravier qui se trou^-. au-dessous d'une profondeur de 8 ou 10 mètres. Aatre origine des Qu rcmarquc, il est vrai, encore le long du fleuve, par exem;.' le RhTd«r.'k^r'ûe^ '^ûnchhausen, entre Seltz et Lauterbourg , des terrasses fonn»': septentrionale de la dc Umou ct dc sablc avcc caiUoux que l'on a assimilées aux Ur- ^^^'' rasses de la haute vallée du Rhin , mais elles sont d'une autre ni-

ture. — Ces terrasses ou collines qui forment une bordure le 1. r; des alluvions modernes , consistent, soit en lœss alpin , comoit' 'C l'observe de Strasbourg à Reichstett (fig. 42), de Weyersheirn i Gries, ou près de Motheren et de Mûnchhausen, soit en sablt.^i argiles de l'époque tertiaire supérieure et en gravier charrié d-ï Vosges ou de la Forêt-Noire , comme entre Bischwiller et Seltz. De la plaine com- Eutrc Ics dcux lougucs tcrrasscs qui s'étendent à l'aval de lii.

est comprise une plaine extrêmement unie (fig. 9), large de 3 à 7 r ■ moyennement de 4 kilomètres , dans laquelle le Rhin se démemlit^ en de nombreuses ramifications; c'est aussi dans ce Rieih qurr eu lieu toutes les divagations du fleuve, depuis les temps hîstori>]u\^ et même depuis qu'il a pris son régime actuel ; mais jamais il n • dépassé les deux digues que lui-même il s'est tracées en creu>;.L. son lit. — En une multitude de localités, et à 2 ou 3 kilomètres lii thalweg actuel, on trouve des sillons tortueux qui ont été si demment le lit d'anciens bras du Rhin , et que les habitants du | reconnaissent immédiatement pour tels ; quelques-uns de ces Indu Rhin, bien qu'entièrement séparés aujourd'hui du fleuve, 5 encore arrosés par de petits cours d'eau qui y prennent naissai par des infiltrations souterraines.

prise entre les deux terrasses méridionales.

A Rheînweiler et à Tamonl de ce village, près de Bamlach et de ««««tion du ciuu-

vium «vee la molasse tertiaire sousjaccnte.

Bellingen , le gi'avier ancien du Rhin est superposé à la molasse '*""* ^"^ ** "**'"**

tertiaire qui affleure sur plus de 2 kilomètres le long du fleuve. Vers son contact avec le terrain tertiaire , le gravier renferme beaucoup de gros blocs de grès molasse et de nagelfluhe , les uns anguleux, les autres légèrement arrondis. Ces blocs , d'un volume de 10 à 15 décimètres cubes , sont enfouis au milieu de cailloux arrondis, à 2 mètres ou 2™,50 de hauteur au-dessus de la couche dont ils ont été détachés ; quelques-uns reposent encore sur le grès molasse , comme s'ils n'avaient été que faiblement remaniés. La surface du grès molasse a été très-inégalement labourée , ainsi que le montre la coupe faite dans le village même de Bellingen (fig. 13) : A , grès molasse; B, couche de cailloux d'une épaisseur qui varie de 0°,30 à plus de 8 mètres ; elle renferme de gros blocs a anguleux ou peu arrondis du grès sous-jacent \ la plupart de ces blocs sont à peu de distance de la roche dont ils ont été détachés. G, limon sablonneux, renfermant beaucoup de cailloux , dont l'épaisseur atteint 6 mètres. Il est à ajouter que le gravier dont il est question s'élève aujourd'hui au moins à 6 mètres au-dessus des plus hautes crues du Rhin , il est par conséquent antérieur au régime actuel. A l'aval de Bellingen, on peut poursuivre la relation du terrain tertiaire au diluvium , qui vient d'être indiquée, sur une assez grande distance. En général, le gravier est plus grossier vers le bas que vers le haut, et jusqu'à 1 mètre de distance du teri*ain inférieur, il est entremêlé de beaucoup de blocs.

A 600 mètres environ au sud de Bellingen , le gravier incohérent ^*"*** **" p^"***""

gue diluvien de Rhein-

pa:)se graduellement à un poudingue très-résistant^ dont l'aspect M,acr. rappelle tout à fait le nagelfluhe tertiaire , à celte différence près , que les cailloux quartzeux prédominent dans le poudingue diluvien. Ce poudingue est assez solide pour former une corniche (Gg. 14) de 10 mètres d'épaisseur et de 3'»,50 de saiflie , au pied de laquelle le fleuve bat en brèche sans la démolir rapidement. A, grès molasse; B, poudingue diluvien empâtant des blocs a de molasse comme il a été dit précédemment. — A Bâle , on voit dans le Rhin même un conglomérat très-solide aussi, qui s'est formé au pied d'une tour construite au quatorzième siècle;

loeitnuon Non loin de Hochstetlen , à 3 kilomètres au sud de Vieux-Brisach ,

gineuse da dJluviam.

ferrogmeuse «m e j^ gj^avicF esl aggluUné ppès de la surface du sol par Thydroxyde de

fer jusqu'à une profondeur qui varie de quelques décimètres à lin,50. La disposition ramifiée de ces veines jaunes à partir de la surface, montre clairement que Toxyde de fer s'est infiltré de baui en bas. C'est sans doute une formation analogue à celle du minerai de fer des marais, dont le point de départ a été probablement k sable basaltique du Kaiserstuhl. Au-dessous du dépôt ferrugineux sont des incrustations calcaires.

corroMon. Les rochcrs de calcaire jurassique qui forment une falaise vei li-

df» ruchers calcaires 111 j "m • 1 • i»¥ * • j 1 i 1 i>

disicin. ^^'® 1® ^^^S d^ Rnin, non loin d Istem, au-dessous de la chapei^j Saint-Roch , présentent une surface corrodée qui s'élève à plusieurs mètres au-dessus des plus hautes eaux actuelles; celte corrosion, qui parait due à l'action des eaux, correspond sans doute à répcMii.-: diluvienne. On observerait peut-être ces traces d'usure à un nivea i plus élevé encore, si les rochers n'avaient pas subi de deslrucii-'ii depuis le diluvium.

Absence d« blocs NuUc part , daus les terrasses de la plaine du Rhin, je n'ai trouNi

'^^ "* "bôT ""* "^^ ^^ ^^^^^ erratiques comme on en rencontre dans le bassin du Rhône

aux environs de Lyon. Cette absence concorde avec robsenralioa faite par m. Gujot, que les blocs erratiques du bassin du Rbiû ne dépassent pas l'Alpe du Wurtemberg*. On ne trouve dans ces terrasses que des cailloux qui seraient facilement transporlables par le Rhin actuel.

Pente de la surface La pcutc dcs dcux platcs-formcs de gravier qui s'étendent de Ekî.'e

de. terrasse, diiavien- ^ j^^^^r^^i^ ^u Ugu d'êlrc unlformc, diminuc rapidement de Fainor.i

nés da Haut - Bhui ; ' ' ^

considértUon qui en vcrs l'aval ; la courbure de leur profil ressemble à une cycloîuc ^*"''*- très-aplatie , dont l'axe serait horizontal et la concavité tournée un

le ciel. Il est facile de calculer la pente moyenne de ces plales-fornit^. leur hauteur au-dessus du Rhin près de Baie étant de 30 mètres, ^t la distance de Bâle à Brisach de 51 kilomètres. L'inclinaison niovenn" de cette surface est de 0,00058 par rapport au lit actuel du fleu\e: par rapport à l'horizon , l'inclinaison de la même surface est 0,00127 ou de 4 minutes 14 secondes. — Cette dernière valeur d représenter approximativement la pente du cours d'eau final, ijui

*Ciii70l, Note sur le bassin erratique du Rhin (Bulletin de la Société des p-t^^^ naturelles de Neufchâtel^ mai et décembre 1845).

uï

« It

a coulé sur la surface des terrasses avant de s'y creuser un lit plus profond. La pente dont il s'agit, quoique inférieure à celle de beaucoup de petites rivières, telles que la Zorn S est plus forte que celle de presque tous les grands cours d'eau qui coulent hors des montagnes : la pente du fleuve Saint-Laurent, entre le Saut du Niagara et le lac Ontario, est, il est vrai, supérieure de 4 minute 4 secondes à celle de l'ancien cours d'eau précurseur du Rhin actuel , mais il importe d'observer, comme différence essentielle , que le fleuve américain , au lieu d'avoir un lit mobile , coule sur des roches plus ou moins solides. Si l'on juge du régime du cours d'eau dont nous venons d'étudier l'ancien lit conformément aux lois d'après lesquelles les rivières étendent aujourd'hui leurs atterrissements , nous sommes amenés à conclure, contrairement à la première impression que produisent les imposantes terrasses diluviennes , que le cours d'eau Gnal auquel elles doivent le modelé de leur surface supérieure aux environs de Bâle , quoique ayant une pente supérieure à celle du Rhin actuel, avait une vitesse inférieure ou au plus égale à celle de ce fleuve. L'influence d'une plus forte pente du sol était sans doute rachetée par une moindre profondeur, parce que cet ancien courant s'étendait sur une largeur de plus de 10 kilomètres, au lieu d'être concentré comme il l'est aujourd'hui dans un lit unique. II faut bien observer que cette déduction s'applique seulement à la dernière phase du dépôt qui nous occupe; phase qui peut avoir été précédée par le passage de violents cours d'eau.

Au-dessous du Kaiserstuhl , la basse plaine du Rhin ou Rieth Btue pkine do Rhin présente dans toute son étendue une uniformité frappante, si l'on J|'^^^^'""^'"^"'' fait abstraction des rigoles naturelles ou artiflcielles qui la traversent ; cai', sur une largeur habituelle de 20 à 30 kilomètres, elle ne dépasse pas le niveau le plus élevé que le Rhin ait atteint dans le voisinage depuis les temps historiques. Quelque peu élevée que soit cette plaine au-dessus du niveau du fleuve, beaucoup de villes et de nombreux villages y sont établis. Le sol de Strasbourg, par exemple, sur plus des ^/.o de sa superficie, serait submersible, si rien ne mettait obstacle aux eaux du Rhin.

* Voy. le tableatt des pentes placé à la suite du mémoire sur rEtna , de H. jfilto de imit. Annales des mines ^ 8* série , t. X, p. 573.

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