VIII
* I. Sar la moraine médiane. Ablation protégée.
* VU, m. Yl, YIU. Protégés d'ablation par matériaux qui oonnenr le glacier.
GLACIER INFÉRIEUR DE L'AAR
AttASfllZ.
Cilader ittfërieiir de l'Aar. — Ligiie «raaavMrsale à la kOKIou (H«tel des NenehAteloUi ).
Tableau n« III. — 21 juillet au 24 septembre 1845.
AhUUion de toute la ligne 20 pieux (65 jours).
DATES
. KOVBRE DB JOURS.
ADLATlOIt TOTALE
OBSERVATION A l'autre.
ablation 24 oeuRBs.
21 au 51 juillet
31 juillet au 11 août. .
H au 16 août
16 août au 6 septembre.
6 au 12 septembre. . .
12 au 24 septembre. . .
1 lllîîl
Mèlres.
Dans ce tableau sont compris tous les pieux.
— Le n» I, qui est sur moraines médianes, et deux autres, qui sont protégés par des matériaux qui couvrent la suface du glacier. En tout 20 pieux.
65 jours
Maximas
Hinlmas
Différence
Ablation des pieux qui se trouvent sur surface du glacier découvert, il pieux (65 jours).
21 au 51 juillet
51 juillet au 11 août. .
11 au 16 août
16 août au 6 septembre.
6 au 12 septembre. . .
12 au 24 septembre. .
Dans ce tableau ne sont pas cx)mpris les pieux a* I sur moraine, et deux autres protégés. En tout 17 pieux.
63 jours
Maxima
Hinima
Différence
240 ÂULA110NS.
ConeliuloiM des obser vallons d*ab1a(ioBs qui précédleal * .
Une première chose qui Trappe dans ces tableaux, c'est rinégalité de l'ablation entre les diflérents pieux d'une même ligne transversale. Cette différence est surtout sensible dans les tableaux I et II, où elle va jusqu'au triple et quadruple ; par exemple, entre le pieu III et le pieu IV de la sUtion Brandlamme. C'est la conséqueuce naturelle de l'influence de la moraine. L'on sait que les blocs et les amas des matériaux ont la propriété de protéger contre l'ablation, la glace qu'ils recouvrent, et que c'est pour cela que les moraines s'élèvent comme des remparts au-dessus de la surrace non abritée. Si donc les perches II et III des stations de Dsrenritz et Brandlamme marquent une ablation supérieure à celles des autres pieux de ces mêmes stations, c'est parce qu'ils sont situés en pleine glace et que la moraine ne protège pas. Cette différence correspond en tous points au i^lief du glacier, car les pieux en question sont justement situés dans la dépression médiane entre les deux moraines.
Les mêmes influences des moraines se font sentir h la station Hôtel des Neucb&telots, ou la somme totale de l'ablation sous la moraine médiane n'a été que de 0",40 en &5 jours, soit en moyenne de 0*,0075 en 24 heures, tandis que le pieu II du Lauter-Aar aindiqué une ablation de i"',63, dans le même laps de temps, soit 0",030 en moyenne, par conséquent le quadruple.
Pour connaître la valeur réelle de l'ablation dans une région déterminée du glacier, il faut autant que possible l'observer en dehors des moraines, sur des pieux situés en pleine glace. Mais comme les stations Brandlamme et Bœrenrilz ne comptent chacune que deux pieux dans des conditions pareilles, il s'en suit qu'on ne peut établir de comparaison qu'entre les pieux II et 111 du 1*' tableau, et les pieux II et III du 2* tableau et les nombreux pieux du 3* tableau, à l'exception du pieu I.
En procédant de la sorte, les variations sont bien moins frappantes que lorsqu'on fait entrer dans la comparaison tous les pieux sans exception. La différence entre la station de l'hôtel et celle de la Brandlamme, n'est plus que d'un quart (comme 3'J à 40), et cette différence de O'jOlO en faveur de la station Brandlamme est rcffct de la température qui est plus élevée en ce point qu'à l'Hôtel des Neuchàtelois'. Par conséquent, si les conditions superficielles étaient les mêmes, la même surface produirait à la station Brandlamme un quart d'eau de plus qu'à la station Hôtel. Hais comme cette station, ainsi que celle de Bœrenritz, se trouve dans une région où une grande partie de la surface est recouverte par la moraine, il en résulte que l'excédant ci-dessus d'un quart se trouve compensé par l'ablation plus faible des parties recouvertes de débris rocheux. On peut par conséquent admettre qu'au total l'ablation est sensiblement égale sur toute la surface du glacier inférieur de PAai*, soit0",030 par jour pendant l'été, d'après la moyenne du 3* tableau ^
La position vis-à-vis du soleil ne laisse pas que d'exercer son influence. A la station de 1 Hôtel, les pieux du Finster-Aar. à partir du pieu V, indiquent une ablation moindre,
* Publication de M. AsMwls, p. 595 et suiv. ~ Paris, 1845.
* D. A. — Le soleil se couche aux Schreckhôrner, et les rayons solaires dardent à la ligné Brandlamme le soir plus longtemps qu'à l'Hôtel. - La neige fratche persiste plus longtemps à l'Hôtel.
» D.A. —Par été, il faut comprendre dans certaines années: juin. Juillet, août, septembre. En septembre 1866, l'ablation du glacier au Thcodule. 3353 mètres ait. a été de 8 à 10 centimètres en 24 heures dans certaines journées et dans le mois de 1 mètre en cbirTres ronds.
Aux glaciers de l'Aar, j'ai vu dans certaines années en août la surface des glaciers découverts sans neige depuis la pente terminale jusqu'aux cols du Finster-Aar (Slrableck) et jusqu'au col du Lauter-.\ar. Dans d'autres années, la neige ancienne couvrait le glacier depuis l'Hôlel des Neucbàtelois jusqu'aux deux extrémités en amont.
ABLATIONS. 241
parce qu'ils sont du c6té de l'ombre. Les pieux voisins de la rive gauche subissent une ablation forte, parce que cette partie du glacier est exposé au midi et qu'elle reçoit les rayons du soleil en plein.
En traduisant d'une manière graphique l'ablation des trois premières séries dut. III, on obtient une ligne fortement ondulée, telle que je l'ai représentée dans lafig.O, pi. IX. Ce qui mérite surtout d'être signalé dans cette ligne, c'est la concordance frappante des saillies et des rentrées avec les reliefs effectifs du glacier, tels qu'ils sont exprimi^s dans les profils de la planche IV, en particulier dans le profil CD. En comparant.ee profil avec celui de fig. 9, pi. IX, on verra que malgré la distance qui sépare les deux stations, la forme générale de la courbe est la même. Les deux lignes s'élèvent vers le rivaj^e du côté du Finstcr-Aar; elles s'abaissent au contraire du côté du Lauter-Aar; enfin, la moraine médiane est indiquée dans les deux profils par une saillie considérable. J'insis'e d'une manière toute particulière sur cette concordance, parce qu'elle prouve jusqu'à l'évidence que la forme et les inégalités de la surface des glaciers sont avant tout fosuvre de Vablaiion. Il résulte de là qu'on peut, jusqu'à un certain point, juger de l'ablation relative d'un point quelconque du glacier d'après le relief de la surface, tout comme nous avons vu qu'on peut juger de la marclie relative d'un point d'après la forme de la moraine.
A côté de ces influences générales, l'ablation peut aussi être accélérée ou retardée par d'autres causes plus accessoires, comme par exemple la fonte plus ou moins rapide de la neige sur certains points ou bien la prédominance de certains vents qui frappent tel point, tandis que tel autre endroit se trouve abrité*. C'est en particulier parce que, à la station de l'ilôtei, la neige a persisté plus longtemps sui* le Kinster^Aar et sur le Lauter-Aar que l'ablation a été plus faible de ce côté pendant la période du 10 août au 6 septembre (tableau 111).
IMIIiIiFUS-AlJfiUifiT.
Pendant les séjours nombreux, je dirai plus: très-nombreux, que j'ai faits au Pavillon de l'Aar, je me suis beaucoup occupé d'observations de l'ablation de surfaces de glaciej-s et des neiges qui les couvrent aux diverses altitudes et orientations.
Toutes les années au mois d'août j'ai vu le glacier inférieur de l'Aar depuis la pente terminale jusqu'au bloc Agassiz [Hôtel des Neuchdtehis) complètement découvert, sans neige d'hiver sur le dos*.
Certaines années, dans les infractuosités du glacier, surtout sur les deux rives, on voyait des taches de neiges tassées, qui provenaient de chutes d'avalanches ou de neiges ventées. Au Pavillon de l'Aar, il y avait des taches de neiges partielles de 2 et 3 mètres de hauteur. Et les petits glaciers des deux rives étaient partiellement couverts de neige ancienne.
0epuis le bloc Agassiz, les glaciers du Finster-Aar étaient totalement couverts d'une forte couche de neige Uissée, dont la hauteur augmentait par l'altitude; dans le cirque à la base de la Strahleck la neige avait plusieurs mètres de hauteur, et le passage par la . Strahleck depuis le hloc Agassiz se faisait sur neiges tassées* toutes les clivasses étaient remplies de neiges, à l'exception de la rimayc [Bergschrund]* Les glaciers du Lauter- Âar étaient de même couverts de fortes couches de neiges tassées.
Dans d'autres années changement complet; toute la surface des grands glaciers découverte» sans aucune neige sur le dos, glacier inférieur jusqu'à l'Abschwung, glacier
* D. A. — Les rayons solaires par air calme, sans vent, ont une action calorifique sur les surfaces de neiges et glaciers, infiniment plus fortes que par le vent.
* D. A. — Nos guides désignent par Aaber le sol ou les surfaces de glaciers non couverts de neiges fraîches ou anciennes.
243 ABLATIONS.
du Finster-Aar complètement à découvert, dans le cirque de la Strakleck des blocs de fortes dimensions se trouvent à la sui-Cicc, le passago du Grimael au Grindelwald par le Slrahleck se fait sur glacier découvert partout, on monte au col du Lauler^Aar sur glacier découvert.
AUatloa. — CoMclwaloBS géaéndcs.
Nombreuses observations disent que Tablation des surfaces de neiges anciennes et fortement tassées, est la même que celle des surfaces découvertes de gSace de glacier à toutes les altitudes.
La confirmation de ce fait est facile à vérifier : Placez une perche dans la surface du glacier et une autre, dans la même localité, dans de la neige ancienne tassée qui couvre le glacier, et vous verrez que les deuz ablations sont les mêmes.
Je ne citerai pas d'observations du glacier de l'Aar , les tableaux qui précèdent sont confirmés par les observations que j'ai faites depuis cette publication.
J'ajouterai que généralement on peut admettre une ablation de 5 mètres en moyenne par année.
En hautes régions les rayons solaires ont une très-forte action sur l'ablation, et certes tous les glaciéristes seront étonnés de cette action par le tableau ci-joint. Théodule 3533 mètres. Septembre 1865.
244 OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES ET GLACIAIRES
Observatlona métterolo^Mniies et glaciaires an «ol du Salat-Théodale (Valais).
STATION DOLLPUS-AUSSET (5335- ail.).
Températures du sol au soleil. — Températures de poudres blanches el noires {craies blanches et noires],
eijtosées au soleil, — Ces températures à 30"" aundessous de la surface,
Températures à 30** profondeur (au-dessous de la surface] en plein soleil.
La température du sol à l'ombre permanente à 30*" de profondeur, pendant mes deux séjours à la station, n'a jamais été au-dessus de zéro; à 0",05de profondeur il était gelé compacte et au-dessous de séro.
La tem|)érature du sol à 30"* profondeur en plein soleil (schiste noir), lorsque par rayonnement nocturne ou par des nuiU fraîches il n'a pas gelé, il prend à 30** profondeur, dans des journées chaudes et soleil, une température trèsélevée. Par suite de nuits froides et du rayonnement nocturne, le sol prend une température au-dessous de léro, souvent plus froide que l'air ambiant; voyez les chiffres de température du sol non marqués d'un astérisque, dont les températures sont peu élevées, comparativement à ceux élevés, marqués d'un astérisque (*) par des nuits chandcs sans rayonnement nocturne.
Décade du il au 50 septembre.
Midi.
Moyennes.
TEMPÉRATURE Ain
A L'OMBKE PBP.XAKKKTE
Degria.
5,ii 6.69 6,% 4,51
TEMPÉRATURES
RN PLEIN SOLEIL, TIIBIIM. TOURNÉ EX mORPE.
DirFfBSXCE.
Degrif.
■+-1,H 4-3,51 + 3,1) -i-3,io
ri,61