‹ Matériaux pour l'étude des glaciersChapitre 149 sur 209 · Crevasses imasversales. — Dans le sens transversal · texte numérisé non relu

Crevasses imasversales. — Dans le sens transversal

•. Crevasses loa^ladtaudes. — Se trouvent à l'extrémité des glaciers peu encaissés.

V. CaveMnc. — Dans les champs de neiges anciennes tassées en hautes régions et dans les glaciers.

8. BiBaajes [Berçschrund] . *- Sont à l'origine des pentes de neiges.

•. Ventes des fbielers [Gletieher-Thor). — Ouvertures à la pente terminale par lesquelles les torrents s'échappent. Ces voûtes fort souvent se lerment, et l'eau sort à un autre emplacement.

Tous les glaciers et les champs de neiges anciennes et tassées sont plus ou moins crevassés. Ces crevasses ont des ouvertures très*variables en largeur au niveau des glaciers et neiges, et leur profondeur est de même changeante. Généralement elles se rétrécissent dans le bas.

Touristes, grimpeurs, glaciéristes et leur guides qui ont parcouru les hautes régions sont parfaitement d'accord qu'il faut cheminer avec précautions sur les glaciers et dans les champs de neiges.

Sur les glaciers découverts on voit parfaitement les crevasses. Ouverture de peu de largeur, on saute par>dessus, et lorsqu'elles sont larges on les contourne, par des contremarches.

* D. A. — CreTssses, en allemand : SekrBnde. Voyex détails des crevasses dans d*autres volumes de nos Xatériaui.

GREVASSES. 247

Cependant, dans certains parages, il ne ftiut pas se fier à l'apparence de la surface de glace unie. Un fait à cette occasion.

En quittant le Pavillon de l'Âar avec des amis, et accompagné des guides, par une journée splendide, pour monter au col du Lauter-Aar. Arrivé sur le glacier du Lauter- Aar, nous marchions sur la glace découverte non loin de rive gauche. Le guide-chef Jaui (Hans), commande halte et dit : < Messieurs, à la corde, » et il ojoute, Tété passé j'ai vu dans cette localité des ouvertures à la surfoce du glacier, qui ressen^blaient à des lucarnes [Dachfenster) et en jetant les yeux i travers une de ces petites ouvertures, j'ai vu dans la glace un caveau (BÔhle) très-large et très-profond, évasé dans le bas, et rempli d'eau, la couverture du glacier était faible. Si la glace venait à se rompre sous vous, on serait enseveli, et pas moyen de vous retirer. Attachés à la corde, à distance de 5 mëlres l'un de l'autre, nous avons continué la marche et certes ce n'était pas luxe. A un emplacement, la glace s'est rompue sous un des guides, qui pendait dans un caveau. Après l'avoir hissé au niveau, on a placé sur la glace au même endroit l'échelle de 10 mètres de longueur, sur laquelle chacun de nous (toujours à l'attache) y a passé, et a vu l'iniÂme caveau.

Sur les glaciers couverts de neiges anciennes ou fraîches, il faut toujours se mettre à rattache de la corde, qui ne gêne nullement la marche.

Lorsque les crevasses sont larges, et qu'il n'y a pas moyen de les contourner, tel que les witmmjem (Berçschrmde) qui se trouvent à l'origine des pentes de neiges de tous les glaciers; on place l'échelle, et si elle n'atteint pas les deux bords, ce qui n'est pas rare, les guides cherchent un emplacement, où, moyennant des marches taillés dans la glace ou neiges, en se servant de cordes et de l'échelle, quelques-uns parviennent à passer la ri» maye, et les touristes sont dévalés et remontés à la corde et l'échelle.

Dans ces cas, de certains guides ont un savoir-faire étonnant...

En citant les précautions à prendre dans les courses en hautes régions, n'oublions pas que, dans les neiges anciennes ou fraîches qui couvrent les glaces à fortes pentes, il fau t se méfier de la neige en surplomb, et de la neige ramollie qui en glissant vous entraîne.

Les parages crevassés sont généralement connus des guides qui ont déjà parcouru la localité, et malgré cela il fiiut user de précautions. D'une année à l'autre les circonstances peuvent changer, des crevasses anciennes se ferment, d'autres s'ouvrent et s'élargissent, de certains passages se font très-facilement, dans d'autres années très-péniblemenl et d'une manière trës-dangeureuse, et par des circonstances aggravantes, il faut renoncer et revenir sur ses pas.

Par circonstances favorables : échelles, cordes, haches, bâton ferré, accompagnés de guides d'un grand savoir-voir et savoir-faire, et beau temps. Lunettes vertes sur les yeux, Toile vert sur la figure, gants chauds aux mains, souliera ferrés aux pieds, et vêtu chaudement, on arrive à toutes les altitudes des Alpes, et on revient.

Ne pas oublier le matériel pour campement et les vivres.

D. A. ~ Les neiges qui tombent dans les Alpes à toutes les altitudes ont, suivant les saisons et les ciixionstances atmosphériques, la même cristallisation que celles des vallées et des plaines.

1. Melges eatremêlées de soatCen de pl«le. — Tombent h toutes les altitudes des Alpes (aux pics les plus élevés) par suite de températures d'air ambiant audessus de zéro (+ O*). Dans ces cas, elle est quelqueFois en gros flocons aqueux, ou sous forme compacte de grésil et nullement cristalline.

2. IVelgeii * (ros flocons. — Tombent de même à toutes les altitudes par calme et air ambiant au-dessus de zéro [+ 0**].

J'ai observé ces deux chutes dans la plaine. En août, à la Handeck, au Grimsel, au Pavillon de l'Aar, auThéodule à 5355 mètres ail.

S. IVelfi;es amorphe*. — Sous forme de grains. Façon grésil. A toutes les altitudes.

4. Neiges erleUilUaiee. ~ Généralement des étoiles à 6 rayons, d'une multitude de variétés bien caractérisées.

En exposant à l'air des feuilles de papier noir refroidies, on peut admirer et dessiner (copier) ces superbescristallisutions qui tombent sur leur surface.

5. IVelgen erlstalllnee entremêlées de floeons et de grésil. — Tombent assez souvent à toutes les altitudes. On les nomme giboalels.

La neige tombe généralement par ciel couvert. Exceptionnellement et rarement par ciel complètement découvert, calme et air ambiant à basses températures il tombe en petites quantités des étoiles de neige d'une crislallisation magnifique, à toutes les altitudes. On les voit scintiller dans l'atmosphère.

Dans les plaines et dans les vallées, suivant les années, les dates des premières et dernières chutes de neiges sont très -variables. Depuis octobre jusqu'au commencement de mai il peut tomber de la neige, en quantité plus ou moins «grande, et pei*sister longtemps. Dans d'autres années, les chutes sont tardives et peu nombreuses, la neige se fond promptement ; enfin dans certaines années le sol reste toujours découvert.

En Alsace (Haut- et Bas-Rhin), par suite de pluies dans la plaine, nous voyons quelquefois les hauteurs des Vosges, de la forêt Noire et du Jura, blanchies par la neige. 11 en est de même en Suisse; quand il pleut dans la plaine, il neige dans les hauteurs.

Dans les Alpes dans les vallées hautes et sur les montagnes, à une altitude au-dessus

de 1500 mètres [plus ou moins suivant i'orienUtion) il peut tomber de la neige tous les mois de Tannée, même au mois d'août.

A des altitudes de 2000 à 2400 roètres; ces chutes de l'été sont quelquefois très-fortes. Fin août i8i5, en 24 heures il est tombé au Pavillon de l'Aar 0-,00 de hauteur de neige; au Grimsel, 1800 mètres ait , dans la même journée 0"',40 hauteur et à la Handcck, 1600 mètres, 0-,20 hauteur. — Plus en aval il pleuvait fortement.

Généralement quand il pleut dans les vallées, il tombe de la neige aux altitudes des Alpes de 2600 à 3000 mètres au-dessus. — Pendant que j'étais en station au col du Théodule, 1865, au mois d'août, j'ai fait une excursion & Yaltournanche, vallée haute. Le lendemain à mon départ j'ai été surpris par une forte pluie. A 2600 mètres ait. elle tombait entremêlée de gouttes d'eau, & 3003 mètres elle tombait franchement sans mélange, et arrivé au Théodule 3335 mètres, la neige fraîche avait 0",20 de;hauteur.

Certes personne ne peut prédire à l'avanceles circonstances atmosphériques, pas même du matin au soir. Nais à toutes règles des exceptions.— J'ai fait l'observation, et établi des conclusions qui se sont toujours réalisées. Ce sont les seuls pronostics auxquels j'ajoute foi. Savoir :

Dans les Alpes en été, et quand il pleut dans les plaines et dans les vallées, qu'il tombe de la neige dans les hauteurs, le lendemain le soleil se lève radieux, le ciel reste complètement dégagé de nuages. 'Jour et nuit cette belle journée sera suivie de plusieurs autres de même; tandis que si le lendemain le ciel n'est pas complètement serein et qu'il se couvre de nuages, le mauvais temps continuera et malheureusement assez longtemps.

Pour observer la hauteur des neiges et celle de l'eau de pluie & une station, l'udomètre ordinaire est insuffisant. Par suite de certains vents les hydrométéores ne tombent pas complètement dans le vase exposé; surtout l'entrée de la neige est incomplète. Un moyen pratique, c'est de choisir une localité où la neige n'est ni enlevée ni agglomérée (entassée) par le vent; de fixer une perche longue, marquée au centimèlre, dans le sol, et de noter tous les matins et soirs la hauteur de neiges fraîches, et en même temps la hauteur totale depuis la surface au sol. En sus de cette perche on place sur la neige une large planche à surface rabotée unie, aux deux extrémités on la charge de roche pour qu'elle reste en place; matin et soir on mesure la hauteur, et on coupe>ne tranche de 0*,90 (carrés de côté] sur toute la hauteur, on la pèse ou bien on la fond pour mesurer l'eau de fusion *.

Dans certaines localités les chutes de neiges atteignent une très-grande hauteur. Comme exemples de chutes ho» lignes, qui cependant se répètent quelquefois, le guidechef Janii (Hans), dans une course en haut Valais, a vu tomber de la neige pendant 24 heures sans intervalle ; la hauteur était de 2 mètres. Pendant ses séjours au Grimsel, il a vu dans une journée (24 heures) tomber de même 2 mètres de hauteur. Ces quantités en si peu de temps sont rares, et peuvent être considérées comme des maxima exceptionnels.

Jaim (Il ans) a passé l'hiver 1845-1846 au Grimsrl. Cî-contre le tableau des chutes de neiges observées.

* D. A. — Voycxdans nos Matériaux les tableaux météorologiques et des citations nombreuses de chutes de neiges au Théodule. au Pavillon de l'Aar, aux stations suisses et autres localités.

Chutes de neiges.

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