ANNOTATIONS
SPÉCIMIII. — ATftlL 1866.
sat (Maria).
Neige fraicke le !•' aa 9^12-14-18-90-21 -tt-S»-30. 17 joan, «05 heures. BrouilUrd le 1- aa 9-12-14-15-18-20-21-22-25— 24-28-29-30, 21 joura , 295 heures. Ciel totalement iieoupert 38 heores. Ciel totûlemefU couvert 340 heures. Cêime 149 heures, 8oil20.7 pour 100. Yent S.-0. 204 heures, soit 28,3 pour 100. AeytfM soUireo 164 heures. Ombre 556 heures. Condeiuëtio* 523 heures. Êr^orêtion 197 heures. Lm neige te ramollit et te fond partiellement rar roche le 7— 10— IS- IS— 16—17— 16— 19— 27 , 10 heures. Température maxima an^ietnê le séro le 12—13—17-18-27—28—30. 7 jours. Yent i'wie violence extrême, effrayante le 15, de 4 h. à 9 h. matin. Hautenr de la neige tur le glacier 2- ,30, tnr toi 1-.60 le 10.
Neige fraîche le 1"— 2— 6— 7— 8— 9— 20— 20-30, 9 jours, 117 heures. Pluie le 12—14—18, 3 jours, 19 heures. Hauteur toUle de la neige 0-,630, en eau 0-,1240. soit 19,6 pour 100. Pluie 0,0107. Calme le 16— 17—25—26, 4 jours. Ciel totalement découvert le 9 et 16, 2 jours. Ciel toUlement couvert le 6—7—8—10—14—20-29-30. 8 jours. Calme 24 fois sur 100. Brouillani le 3-7-8-9-14—15—20-21-22-24— 25—28—30, 13 jours. Température minima au-dessus de léro le 18— 27—»— 30, 4 jours.
Neige fraîche le l«— 2-3-4-6-7-9-10-11^21— 22, li jours. Chutes deO-,400tà 0-,980.
Neige fraîche le l*»- 2-3-4-5-6-7-8-9-10-20, 11 jours. Chutes de 0-,700 à 0-.040 de hauteur. Pluie le 30. Cussa le 2. Du oAté du Tessin la route était impraticable pour la diligence le 2 -3—4—6—8. Transport des marchandises interrompu pendent 14 jours. Hauteur de la neige tombée 2",800, sans indication de la hauteur en eau.
Neige fraîche, sans indication de sa hauteur ni de celle en eau, le 1**— ï-5— 4— 6— 7— 9— 21— 22, 9 jours. Neige et pluie le 20 et 30, 2 jours. Pluie le 30. Tempête le 2 et 3, 2 jours.
Neige flratche le 2 au 9, 8 jours, 93 heures ; hauteur totale 0-,598. en eau ?. Neige et pluie le 21 et 22. 2 jours. Pluie le 30.
Neige fraîche le 1" au 5—8—10—15, 9 jours. Neige et pluie le 7 et ôO, 2 jours. Pluie le 20 et 29, 2 jours. Hauteur toUle de la neige 1",990, sans indication de la hauteur en eau. Maxime des chutes de deige 0",750, minima 0*,100. Les autres annotations manquent.
O. A. — FORMATION BBS «LACIBIIS. — 1S69.
Vembryon glaciaire, c'est de Teau à l'état solide (gelée).
Le givre, la neige, le grésil, la grêle, le verglas, l'eau gelée, sont des embryons glaciaires. Ce sont des glaciers niicroscopi^es, tel qu'un chôue qui sort de semence et qui n'a que des millimètres de hauteur est un diène.
Cet embryon glaciaire, pour se développer, n'a besoin que d'eau, peu importe que ce soit de l'eau de condensation de l'humidité de l'air, ou de fusion de neiges.
L'embryon glaciaire peut se former et se développer à toutes les altitudes du globe et dans toutes les contrées par des températures de l'air ambiant au-dessous de zéro.
Dans toutes les contrées du globe, et à toutes les altitudes les Beiges fralehes ou anelciiiics sont plus ou moins persistantes. Par suite de certaines circonstances atmosphériques, elles se changent en névés (neige grenue]. — Lorsque des froids [des basses températures) surviennent les grains de névés humides, se soudent entre eux, en une masse compacte et forment de la (lace de Bévé. Lorsque les neiges ou les névés par suite de températures de l'air élevées fondent en partie, deviennent aqueux; ce mélange d'eau, de neige ou de névé, venant à se geler par de basses températures de l'air ambiant, est converti en 8:lace bidlmue sur sol ou sur glace.
Cette glace huileuse se change en ghicede glacier. Sur selon lui donne le nom de embryoB glaciaire. Formé partiellement sur surfaces de glaciers existants, il augmente l'épaisseur du glacier.
H. de Ba— — ge* a établi la théorie du changement des neiges en névés, et celui de névés en glace de névé, puis en glace de glaciers. Il ajoute :« Cette théorie est si simple qu'on ne satu^t en trouver une autre. > Tous les guides en voyant une avalanche de neiges sur sol en automne, qui a résistée à la fusion en été vous diront : c Cette neige sera complètement transformée en glace de glacier pendant l'hiver*. »
' D. A. — Voyez, pour plus de détails, t. Y, 1" partie, p. 1 à 57.
* D. A. — Les guides de l'Oberiand bernois n'ont jamais été de cet avis. — 11 me souvient parfaitement que le guide Eam Wxhren qui a fait ses premières armes avec le naturaliste glaciériste Hacii de Soleure, me disait en 1846 : « La neige ancienne se lasse, elle se change en grains plus ou moins grands, en né9é (Ftrs. Kœmiger ScKnee) à toutes les altitudes dans les Alpes; A Meiringen comme en très-hautes régions. Aux altitudes au-dessus de 2000 à 2700 mètres la partie inférieure qui touche le sol, venant à être imbibée d'eau par suite de la fusion des parties supérieures, se convertira en glace huileuse {Blasiges Eis) sur une faible hauteur. C'est
Antre tkéerie. — c Un auteur moderne (voyez iownal de phytique, mai 1779) a proposé une théorie qui est diamétralement opposée à la mienne. — Il croit que les» glaciers se forment, non point pendant Thiver, mais pendant l'été, et même dans les plus grandes chaleurs*. — Cet observateur, d'ailleurs irës-habile, a vu quelques couches de glace, formées accidentellement à la suite de quelques nuits fraîches, au haut d'un des glaciers de Ghamonix, et il en a conclu que tous ces amas de glaces sont produits par la congélation qui se fait, pendant les nuits d'été, des eaux de neiges perdues pendant le jour.
S. c D'après tout ce qu'on vient de lire* sur la formation des glaciers, on serait tenté de croire que ces neiges qui s'accumulent toujours, qui ne diminuent jamais en été autant qu'elles augmentent en hiver', et qui se convertissent en glaces de plus en plus solides et plus durables, devraient croître, et même rapidement, en épaisseur et en étendue. Heureusement la nature a mis des bornes à leur accroissement.
c Le soleil, les pluies, les vents chauds travaillent pendant l'été à les détruire; et l'évaporation dont l'action sur les glaces et plus encore sur les neiges, est trés-considérable, principalement dans un air raréfié, dissipe même dans les plus grands froids, une quantité considérable de toutes ces matières*.
S. c Hais ces causes ne retardent que faiblement les accroissements annuels des neiges et des glaces, s'il n'en existait pas deux autres, dont je n'ai pas encore parlé, et qu'il faut développer pour compléter cette esquisse de la théorie des glaciers, i
c L'une de ces causes est la chaleur intérieure de la terre, qui fait fondre la neige et les glaces même pendant les fk'oids les plus rigoureux, lorsque leur épaisseur est osseï grande, pour préserver du froid extérieur, les fonds sur lesquels ils reposent*.
a La chaleur souterraine agit donc continuellement sur les couches inférieures des
un embryon glaciaire {GUtseker Anfëng), les circonstances aidant, qui prospérera, grandira, et formera on glacier plus ou moins persistants. Mais généralement, à aucune altitude, et dans aucune saison cet embryon glaciaire ne se forme à la surface des glaciers qui supportent ces neiges. Exceptionnellement, et très-partiellement, cet ajouté de glacier peut se faire, mais il a très-peu d'étendue et n'exerce aucune influence sur les glaciers en général. Nombreuses vériflcations faites, la manière de voir et d'avoir observé du guide a été confirmée, et je suis complètement de son avis. (Historique.)
* D. A. — Cette théorie combattue par d« 9MiMiiire en 1779 est depuis un grand nombre d'années parfaitement confirmée.
* D. A. — Voyei« pour plus de détails, dans nos matériaux pour PÉtude des glaciers, t. Y, !'• partie, p. 7 et suivantes.
' D. A. — En hautes régions les années se suivent et ne se ressemblent pas. De 18ii à 1866 (22 années). Pendant nos nombreux séjours en station au Pavillon de l'Aar, dans certaines années A la fin de l'été, nous avons vu les glaciers du ;.Lauter-Aar et du Finsler-Aar, couverts d'une épaisse couche de neiges de 1 à 2 mètres de hauteur et plus, depuis TAbschwung, 2500 mètres ait jusqu'au bas-cirque de ces deux glaciers, 3500 mètres. ~ Dans d'autres années ces glaciers étaient A découvert, sur toute leur étendue jusqu'au haut des cols qui dominent leur cirque, sauf quelques taches de neiges anciennes qui les couvraient parlielleraent. Je dirai plus, en 1666 septembre, de Zermatt à Valtournanche on passait le col, du Saint-Théodule, 3335 mètres ail. sur les glaciers découverts. Les chevaux, mulets, vaches et moutons nombreux faisaient la traversée d'une vallée à l'autre sur surface de glace nue. — Les observateurs en station au Thèodule, ont consigné dans les registres d'observation, que du 1*' septembre au 1*' octobre, l'ablation du glacier A la station a été de 1 mètre, malgré cinq jours de non ablation par suite de faibles chutes de neiges locales.
* D. A. — L'évaporation des matières gelées est plus que compensée par la condensation de la vapeur d'eau de l'atmosphère : point de rosée de l'air ambiant au-dessus de la température des matières gelées, il y a évaporation. Point de rosée au-dessus de cette température condensation. Par évaporation diminution de volume et de poids. Par condensation augmentation.
* D. A. — Nos observations, et elles sont nombreuses, nous disent, qu'à une altitude dans les Alpes au-dessus de 2600 mètres, le sol sur les neiges et les glaciers est A une température au-dessous de zéro, dans toutes les saisons, et qu'il n'exerce aucune action de fusion sur les matières gelées qui le couvrent. Les glaciers y sont adhérents à ces altitudes.
Aux altitudes au-dessous de 2600 mètres, le sol en contact de glaciers ou de neiges anciennes tassées, est A xéro sur une faible épaisseur dans toutes les saisons, et n'exerce aucune ablation inférieure dans toutes les saisons...
glaciers et des amas de neiges dont Vépaisseur est un peu considérable. C'est elle qui entretient les ton*ents, qui, même par les plus grands froids, ne discontinuent jamais de sortir de tous les grands glaciers.
< On observe que les coucbes de neiges anciennes sont d'autant plus minces qu'elles sont pl>is voisines du sol sur lequel elles reposent. Or cette diminution ne peut provenir que de leur fonte, produite par la chaleur souterraine'.
a Tous les glaciers, tant du premier que du second ordre [simples ou composés) reposant sur des fonds inclinés, et tous ceux d'une grandeur un peu considérables ont audessous d'eux, même en hiver, des courants d'eau qui coulent entre la glace et le fond qui les porte. On comprend donc que ces masses glacées, entraînées par la pente du fond sur lequel elles reposent, dégagées par les eaux de la liaison qu'elles pourraient contracter avec ce même fond, soulevées même quelquefois par ces eaux, doivent peu à peu glisser et descendre en suivant les pentes des vallées ou des croupes qu'elles couvrent". >
BE GHABPEIVTIBII'.
Cf. — DItIsIoiis des neiges.
€. 8. — Haats névés. Neiges grennes (Firn.).
Se trouvent dans les Alpes à une altitude où les neiges tombées dans le courant d'une année ne disparaissent pas le plus souvent entièrement l'année suivante.
* D. A.— Dans toutes les saisons de Tannée, la chaleur souterraine du sol n'a aucune action de fusion de neiges, de glace ou de glacier d'une certaine épaisseur qui couvrent le sol. En hiver il ne sort pas un atome d'eau de fusion des glaciers des Alpes à toutes les altitudes, peu importent les circonstances atmosphériques. C'est la meilleure preuve que le sol n'exerce aucune aaion d'ablation inférieure. De tous les glaciers en Suisse celui de Grindelwald inférieur descend le plus bas, je l'ai visité en mars, il ne sortait pas un atome d'eau. Au glacier inférieur de l'Aar j'ai vu en janvier, à la pente terminale le lit du torrent à sec. Dans le bassin du glacier de l'Aar, les glaciers simples assez nombreux qui se troa^ent dans les hauteurs des deux rives, depuis pente terminale jusqu'aux cols du Finster-Aar et du Lauter-Aar subissent par suite de journées chaudes en été de fortes ablations, et ils donnent lieu à des ruisseaux d'eau assez volumineux suivant leur étendue. Généralement, le matin leur volume a beaucoup diminué, et par suite de journées fraîches ou froides, sans ablation de leur surface, il ne sort pas un atome d'eau. Il en est de même des taches, flaques de neiges partielles et assez nombreuses que l'on trouve dans les hauteurs des Alpes, dans les passages de cols, au Fauthom, etc. — Dans la Sierra Nevada (Andalousie, Espagne) en été, pendant plusieurs jours de campement dans les hauteurs, sur un plateau en aval du pic Veleto, d'une grande et épaisse surface de neiges anciennes il sortait de l'eau de fusion de surface pendant la journée, par suite d'abaissement de température de la nuit il ne s'en écoulait pas un atome. Dans les l^énées j'ai observé le môme fait.
Par suite de ces citations nombreuses, il est prouvé que le sol en contact avec les neiges et glace qui le couvrent n'exerce aucune fusion à leur partie inférieure dans toutes les saisons, et à toutes les altitudes.
A toutes règles générales des exceptions. Nous voyons assez souvent dans les plaines de la neige fratcbe se fondre à mesure qu'elle touche le sol qui a une température élevée, mais si la chute continue elle refroidira la surface du sol à zéro et toute fusion par la partie inférieure cesse.
Lorsque, par suite d'ablation à la surface, la couche de glace ou de neige qui couvre le sol se réduit h peu de hauteur, les rayons solaires les traversent et exercent une action fondante sur le sol même. Ces circonstances sont exceptionnelles et peuvent se produire à toutes les alliludes.
' D. A.— Théorie abandonnée depuis longtemps.
' Entai iur les glaciers et sur le terrain erratique du bassin du Rhône, par Jean de Charpentier. 1 vol. in>8, 363 p. Avec vignettes, planches et une carte du terrain erratique du bassin du Rhône. Lausanne, 1841. — Voyez, pour plus de détails, t. V, !'• partie, p. 59 à 94.
280 FORMATION DES GUCIERS.