Dépôts stratifiés
C. BO. — GnNapcs 4e bloea formés de la naéne es|pèee de roehee.
Le dépôt de ce genre le plus remarquable se trouve à 130 mètres au-dessus duRbône, sur le flanc d'une montagne calcaire (Lias) près de Monthey dans le bas Valais. C'est une bande de gros blocs, qui a de 100 à 300 mètres de largeur, et 4500 mètres de longueur. Elle commence à i kilomètre de distance au-dessus de ce bourg, et s'étend horizontalement sur la pente de la montagne jusqu'aux précipices duSex, de Balme, de GoUombey. Elle est entièrement formée de blocs de granité à gros cristaux de feldspath, venant tous de la chaîne de montagnes qui bordent la vallée de Ferret du côté N.-N.-O., et qui n'est autre chose que la continuation orientale de la chaîne du Mont-Blanc. Par conséséquent ces débris se trouvent à 60 kilomètres au moins, des montagnes d'où ils ont été détachés et transportés sur le dos des anciens glaciers et déposés par eux.
Je ne crois pas commettre une exagération en comptant la bande des blocê erraliptes de Monthey parmi les objets les plus curieux, les plus remarquables et les phis instructifs que l'on puisse trouver dans les Alpes '.
* D. A. — Cette classification est parfaitement juste.
■ D. A. — Parfaitement d'accord aTec M. de Cherpealier. Ces bandes de blocs, je les ai passées en revue à plusieurs reprises, avec des amis glaciériates. Dans une des courses, le directeur des salines et des mines du canton de Yaud (M. de diarpealier) nous servait de cicérone.
La journée était 8plendide,Ie zénith outremer et Tami soleil brUlaient de tout leur écldt. Nous étions en contemplation & la vue de cette légion de blocs, et toute oreille pour les renseignements et théories pratiques transmises. Nous avons félicité M. de Charpentier sur son savoir voir. U nous a répondu : « Mes amis, Allemand par naissance, j'ai lu. il y a déjà pas mal de temps depuis celte époque, dans Wilhelm Meister'ë Wânderfahre, par Gœthe :
« Zuletst wollten ivei oder drei Gsste sogar etnen Zeitraum grimmiger Kielle zu Hûlfe rufen und aus den hœchsten Gebirgsiûgen auf weit Jji's Land hingesenkten Gletschern, gleichsam Rutschwege fAr schwere Ursteinmassen bereitet» und dièse auf glatter Bahn. fem und femer
AC2A9SIZ iLouis]>.
A. i. ^ Formatloii des slaclem.
Il faut i» qu'il y ait à l'origine de la vallée un cirque élargi et à fond plat où les neiges puissent s'entasser en grandes quantités.
2« Que ces cirques soient situés au-dessus de 2600 métrés à 2700 métrés dans les Alpes.
D. A. — A cette altitude, les surfaces du sol, couvertes de neiges et de glaces sont dans toutes les saisons à une température au-dessous de léro (—0), et les neiges et glaces adhérentes, gelées au sol. — A des altitudes plus basses, le sol est à 0* dégel sous les neiges et glaces., quand elles ont une certaine hauteur. (A toutes régies générales des exceptions.)
A. 8. " Stractore d«s slaeiers.
1* La matière première des glaciers, c'est la neige qui tombe dans les hautes régions. Celte neige n'a aucun caractère propre; elle est polymorphe comme celle de la plaine.
2* Toute espèce de neige peut se transformer en névé.
Z*" Le névé est une seconde cristallisation qui s'opère de haut en bas par l'effet de la fonte superficielle et qui est accompagnée d'un tassement de toute la masse. Il n'est pas plus que les formes de la neige propre aux hautes régions.
D. A. — Le névé est de la neige cristalline transformée en neige grenne {graine). Ce changement se fait par absorption de l'humidité de l'aû* ambiant, ou par fusion de la neige. La neige conserve sa cristallisation étoilée (cristallisation magnifique] aussi longtemps que sa température est plus élevée que celle du point de rosée de l'air ambiant. (Neige cristalline — iO», point de rosée — 15».)
La température de la neige moins élevée que celle du point de rosée (neige cristalline— 10*, point de rosée— 5*"], il y aura condensation et trouble de la cristallisation. La neige à 0*, l'air ambiant à la température de 8«, le point de rosée à -h 4«, l'absorption de l'humidité (condensation) et la fusion accéléreront celte formation en grains a une grande profondeur dans la masse.
4* En se congelant, le névé donne lieu à une masse opaque et grenue.
D. A. — Grains soudés les uns aux autres, qui s'isolent de nouveau par suite de dégel. Dans les cas où ces névés sont fortement imbibés d'eau, qui se trouve dans les séparations des grains, et qu'une forte gelée survienne, toute la masse sera convertie en glace, opaque ou grenue, la glace de névé, emhyon glaciaire qui se transformera en glace de plus en plus compacte.
hinausgeschoben im Geiste sehn. Sie soUten sich, bei eintretender Epoche des Aufthanens, niedenenken, und fur ewig in fremden Boden liegen bleiben. »
M. éie CMarpeDtier a ^joaté : « J'ai pris cette prédiction au sérieux. J'ai cherché et j'ai trouvé.
D. A. — Voyez, pour plus de déTeloppement du terrain erratique, nos citations nombreuses dans nos Matériaux nr V élude des glaciers.,.
' 1>. A. — Sffslème glaciaire ou Recherchée sur le» glaeiert, leur mécanisme, leur ancieune extension et le rôle qu'ils ont joués dans l'histoire de la terre, par Agsusmîm (L.), — Ctaiy»* (A.), — D««or (E.). Texte, cartes et planches. Paris. 1847.
Les citations sont conUrmées par les observations que nous avons foites en continuation de ces amis glaciéristes.
Voyes, pour plus de détails, t. V» 2* partie, p. 96 & 123.
S* La glace compacte (glacier) a pour caractère essentiel d'être traversée par un r^ seau de fissures capillaires. L'air n*y est plus disséminé entre les grains, mais réuni en bulles distinctes.
6* Les bulles sont très-nombreuses dans le voisinage du névé (neiges buUeutes), mais elles diminuent insensiblement à mesure que les fissures augmentent.
7* Les fissures capillaires sont les caveaux eaeniieU de l'infiltration des eaux (de pluie ou ttabltttitm) , elles donnent lieu à des bandes d'une glace bleue et transparente 4]ui accompagne les grandes fêlures et les plans de coucbe.
8* Il ne faut pas confondre les fissures capillaires avec les fêlures supeiiicielles qui se forment avec crépitation dans les régions où la glace est très-bulieuse.
9* La densité de la glace est d'autant plus grande que les bulles d'air sont moins nombreuses; en d'autres termes, qu'elle est plus compacte. La densité de la glace de névé bulleuse, est à peu près d'un tiers moindre, que celle de la glace bleue.
10* La cause des fissures capillaires réside dans la pression et dans les variations de la température.
Il» Les expériences d'infiltration démontrent que les fissures capillaires forment un réseau qui s'étend à la masse entière.
D. A. — Les fissures capillaires sont les espaces qui séparent les cristaux de la glace du gracier. Ces cristaux n'ont pas la forme régulière des cristaux proprement dits, leurs formes sont tourmentées dans tous les sens. Elles sont les artères des glaciers; par co3 fissures le glacier reçoit l'eau de fonte des neiges ou névés qui couvrent sa surface et Teau d'ablation de sa propre glace. Cette eau est élaborée, assimilée (comme la sève liquide dans les végétaux).
IS* La glace d'eau, dont il existe des spécimens dans tous les glaciers, diffère de la glace des glaciers, même la plus transparente, en ce que ses fragments angulaires suivent une certaine disposition irrégulière qu'on ne trouve pas dans la glace de glacier. Les baignoires refermés, et autres, sont de la glace d'eau.
iZ" La présence de la glace de glacier sur les plus bauts sommets n'est plus une difficulté depuis que l'on sait positivement que la température s'y élève quelquefois au-dessus de zéro, de manière à fournir suffisamment d'eau pour cimenter la neige et la transformer en glacier.
A. — ProTeiuuiee d«s ettoz des glaelera.
i . L'eau ne séjourne et ne circule pas dans les grands canaux et les grandes cavités du glacier. Une quantité considérable d'eau est tenue en suspension dans l'intérieur du glacier et y forme un magasin dont les fluctuations dépendent des variations atmosphériques.
2. Il existe un rapport constant entre ces fluctuations et les oscillations des torrents. Ce rapport est d'autant plus direct que les glaciers sont plus petits. Au glacier de TAar les changements atmosphériques ne se font sentir qu'au bout de plusieurs jours.
3. A la faveur de leurs magasins d'eau, les glaciers peuvent alimenter quelque temps les torrents qui en sortent, sans aucun tribut de la surface.
Ablations. — Pluies. — Condensation.
4. Les eaux limpides qui s'échappent en hiver de dessous le glacier sont en grande partie, sinon en totalité, le produit des sources.
5. Le glacier est comparable à une inunense éponge, il ne s'égoutte pas complètement, mais retient une partie de l'eau dans ses pores, alors même qu'il ne reçoit plus de tribut de la surface.
Ablatloiui.
L'ablation de la glace découverte aux environs de l'hôtel des Neuchàtelois était du
12 juillet au 23 juillet 1842. Total 0*,8050. Moyenne 0",073. Maiima diurne 0*305. Journée chaude et constamment rayons solaires.
Dans les régions moyennes des glaciers l'ablation pendant les mois chauds peut être évaluée de 3 métrés à 3«,50. — Moyenne diurne 0>,030. Maxima 0>,100 à0»,120 (exceptionnellement).
Les neiges fraîches ou anciennes qui couvrent les glaciers à toutes les altitudes les préservent de toute ablation.
Les matériaux qui couvrent les surfaces des glaciers, les préservent de fortes ablations.
Tableaux nombreux et détaillés d'ablations annuelle, mensuelle et diurne ^
N.B. — liCs glaciers monUttu adhérente aa sol qui les supporte?
M. Affassix dit : L'adhérence des glaciers avec le sol est un fait exceptionnel et pas sager dans nos climats. Il est probable que le fond des glaciers est dégagé toute l'année.
D. A. — Nos observations très-nombreuses nous disent que le fond de tous les glaciers est dégagé toute l'année jusqu'à une certaine altitude, altitude des polis; au-dessus de ces polis (2600 à 2700 mètres}, il est adhérent dans toutes les saisons, et ne saurait ni user, ni polir, ni strier les roches.
Ces observations positives jettent un grand jour sur le système glaciaire, et autorisent à conclure :
Les roches moutonnés, vséeSt polies et striées, ne sont pas les limites extrêmes des altitudes des anciens glaciers*.
MOCIARD (H.), ingénieur à Ëpinal.
Recherdies sur les glaciers et sur les formations erratiques des Alpes de la Suisse. ^ In- 8, 320 p. Atlas in-folio de 35 planches. Ëpinal, 1858.
D. A. — Tontes les observations et conclusions citées par notre ami et collaborateur Mogard sont confirmées par nos recherches des années suivantes. Voyez t. V, l'«partie, p. 125 à 307.
DolUns-Aasset. — Séjours an glaeier loférieiir de l'Aar *
Paragraphes nombreux par Agasslx (L.) — Desor (B.) ^ Dollffns-Aiissei ^
Jaui (Hans), guide — Hlehel (A.), professeur.
D. A. — Yoyex t. V, 1" partie, p. 309 à 391.
S. D. — Fondateurs de l'hôtel des Neuch&tdois, sur le glacier inférieur de TAar. Sur moraine médiane à 792 mètres en aval de la base de TAbschvirung.
1840. Jkgmmaâm (Louis). Nieolet (Célestin).
Hesor (Edouard). Gonlon (Henri).
Togt (Charles). De Poortalés (François).
1843. ^ Première eoMStmetton du PavUlon de i'Aar.
Sur rive gauche du glacier inférieur de TAar promontoire à la base du Rothhorn, 100 mètres au-dessus delà surface du glacier inférieur de l'Aar.
' D. A. — Ces conclusions sont confirmées par nos nombreuses observations. Surface des glaciers couverts de neiges fraîches ou anciennes, ablation nulle. Par températures basses et rayons solaires absent, ablation nulle. Absence de rayons solaires, ablation faible. Les ablations les plus fortes, par températures élevées jour et nuit, vent faible et chaud, ciel serein et rayons solaires du matin au soir. Ciel couvert et vent chaud la nuit, qui s'oppose au rayonnement nocturne de la surface du glacier.
* D. A. — Voyez plus de détails dans nos matériaux pour l'étude des glaciers.
Jk^mmaÊw (Louis) — Dcoor (Edouard). ^ Collaborateurs pendant la saison. Itollffos-AnMet — DoUffm Daidol (ûls) — Wild (ingénieur).
1844.— Deaxième eoBstraetioa déflaltive da PaTmoa DoUfan-A^Met.
Construction en pierres et chaux. Deux vastes pièces. Salle à manger, — Dortoir. -> Sous le toit couchette des guides. — Appendice : cuisine et cave de provisions. DcM»r (E.) -*- llollfiuHAiiMiet — Ois (ingénieur). — Observateurs en station. 1841 à 1860. — Asceulimfl, coaiwa et s^im diuaa les hMitea ré^UiM. Renseignements transmis par le guide Jaon (Hans).
1801. — Une Journée «i Pavillon de l'Aar, par Mlehel (Auguste), proi. 1862. — A« PavUloB de l'Aar.
D<miMHAnMiet — HIehel (Auguste) — Ois (ingén.).
GladériiteB qui ont [i^aumé au PaviUan de VÂar plus au mains de temps de 1844 à 1862.
AgaselB (L.) — DeMr (E.) —IN»llffos-A«MM»t— Hantes (Oi.)— Gottsnrf» (E.) » Motard (11.) — Ois (ingénieur) — Sehteiper (W. P.) —Bravais — Basaewits (docteur méd.) — Forbes — BaaMej — Sleagel (ingénieur) —Ois (ingénieur).
Photographes qui atU séjourné au PaviUan»
Dardel (ûls) — BenaM — Blssoa (frères) — Braaa (fils).
Peinires.
(père et fils).
D. — Trë»-grand nombre de tounstas, naturalistes. Dames qui ont passées la Strahleck :
Madame Hartte (de Strasbourg) — Madame Krats (de Strasbourg;.
D. A. — C2LAC1ERS EN ACmnTÉ.
Sous le titre de glaciers en activité sont compris les gbciers que nous voyons dans toutes les contrées du globe.
Glaciers sur sol. — Glaciers sous sol. * Glaciers à la surface et au fond des eaux.
des glaciers, i8e•^ 1. — SnlTaaC lenr durée (leur persistance).
A. — Claeiers pernianeBUi. Ceux qui existent et se maintiennent depuis les époques les plus reculées, depuis des siècles et siècles.
B. Placiers persistants. — Ceux que l'on voit en place depuis un très-grand nombre d'années, depuis plusieurs générations successives.
€. Claelers temporaires. — D'une durée limitée. Ils disparaissent et se reforment de nouveau.
* D. A.— Conclusions personnelles, individuelles, après viogt^dnq années d'observations mé^ téorologiqueset glaciaires. Les conclusions que j'ai méditées et les théories que j'établis diffèrent de celles publiées par les amis glaciéristes. Je les soumetsà leur jugement...
Nous cherchons tous la vérité ; beaucoup resta encore à observer et à méditeri
D. Clacleiw tmgitÊSm, — Ceux qui se forment et disparaiaaent toutes les années. Durée très-limitée*.