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ABLATIONS DES NEIGES ET GLACES

Fortes abUUwM. ^ Les fortes ablations se font : par températures élevées, rayons solaires ardents, ciel sans nuages, yent faible et chaud de soleil levant à soleil couchant, nuits chaudes et humides, vent chaud et ciel couvert. Dans ces circonstances l'ablation atteint diurne, 8 à 10 centimètres à toutes les altitudes, même au Théodule 5335 mètr. altitude.

Ablations nulles, par températures au-dessous de zéro, ou de + 1 à + 4», ciel couvert, calme, et la nuit ciel découvert, calme et fort rayonnement nocturne.

Les couvertures de neiges anciennes ou fraîches pi^éservent complètement les Rurlaces de glaciers de toute ablation à toutes les altitudes dans toutes les saisons. Une couverture factice de gazon compacte préserve complètement contre ablation.

Les moraines ou couvertures de matériaux sur les surfoces de glace préservent d'ablation jusqu'à un certain degré.

Les accumulations de sables d'une certaine hauteur et étendue préservent et forment des eànes graveleux qui atteignent 2 mètres de hauteur et plus.

Les roches plates, dalles ou gros blocs préservent d'ablation, s'élèvent sur un piédestal, et forment les tables des glaciers.

Les moraines médUmeSt amas de roches d'une certaine hauteur et lai'geur, protègent et sont plus élevés que les surfaces dégarnies.

Vorienlatiott des neiges et glaciers a une grande influence, et préserve leurs surfaces des rayons solaires.

Dans le bassin du Grimsel les rayons solaires ne pénètrent pas pendant deux mois de l'hiver.

Les altitudes en général ont une grande influence, surtout par temps couvert, rayons solaires absents.

Les filets d'eau et les ruisseaux qui coulent à la surface des glaciers, creusent, ravinent la surrace. Les parcelles de roches éparpillées sur la surface forment des trous <f or gués, des baignoires ou des trous mérxMens qui enlèvent de la glace. Sur les parois des crevasses, l'ablation est forte.

Il est difikile de déterminer des moyennes d'ablation de l'année, elles dépendent des altitudes et des circonstances atmosphériques et des matériaux ou neiges qui couvrent les glaciers.

Sur glacier inférieur de l'Aar depuis le dessus delà pente terminale 1900 mètres jusqu'à la ligne transversale 2300 mètres Pavillon au Grûnberg, l'ablation du glacier découvert est en moyenne par année de 4 mètres. Sous la moraine médiane l'ablation est la même dans l'année, et en voici la raison : sur la moraine qui est en relief d'une assez grande hauteur, les neiges sont en grande partie enlevées par le vent et répandues sur le glacier. Avant la mise à nu de la surface du glacier, les matériaux de la moraine reçoivent les rayons solaires et font ablation, par suite de chutes de neiges fraîches en été et en automne, elle se fond sur moraine, le glacier reste couvert plus ou moins longtemps, et la moraine continue de faire ablation, et par ces circonstances la glace sous moraine arrive à la même ablation que la glace du glacier.

C'est aux pentes terminales que les surfaces de glaciers découvertes, sans matériaux sur le dos, subissent les plus fortes ablations, et depuis un grand nombre d'années ils diminuent à la pente terminale. Tandisque ceuxqui ont beaucoup de matériaux sur le dos avancent depuis un grand nombre d'années : tels le glacier inférieur de l'Aar, celui de Corner à Zermatt et d'autres dans les Grisons. Pour que les glaciers grandissent, augmeuptent de hauteur, et gagnent du terrain à la pente terminale, il faut des années froides, de très-fortes chutes de neiges et de Iréquentes chutes en été, et des matériaux sur la glace de pente terminale. Ces années se sont produites au commencement de ce siècle; nous voyons des moraines frontales, hautes i^ns végétation à de certaines distances des glaciers du Grindehvald, du Rhône, et d'un très-grand nombre d'autres, que le glacier a déposé il y a 50 ou 60 ans. C'est un fait positif. Les gens de la localité les ont vus lorsqu'ils touchaient et déposaient ces matériaux.

330 ABLATIONS DBS NEIGES ET GLACES.

•fcatirwti— êmm mMmÊÊmmm. — Le moyen pratique le plus simple oonsiMe à forer dans les glaciers avec un percoir à glace de 0*,iO de diamètre des trous de sonde à plusieurs mètres de profondeur, suivant la localité et l'espace de temps qu'on veut observer; d'y placer des perches (pieux) solidement fixés jusqu'au fond, marqués au décimètre de la base à la partie supérieure, et d'observer la disparition [la fonte, l'aMation) des surfaces.

Dans les neiges sur sol on place de même des perches et on observe leur tassement et leur ablation.

Un attire moyen très-pratique, pour des observations dWation de plusieurs années. Fores un trou de sonde è 20 mètres de profondeur, plus ou moins dans le giaderi in- . troduiaei dans ce trou de cônes en bois, numérotés, et espacés les uns des autres de 1 mètre, l'intervalle rempli de petits matériaux rocheux. A mesure d'ablation, les matériaux sortiront, ainsi que les bois numérotés resteront en place, en formant un petit cône, et vous lirez sur les bois le nombre de mètres d'ablation dans un temps donné.

Il ne s'agit pas d'établir des théories et de formuler des conclusions, il faut des observations directes et positives. La nature est le professeur par excellence de nous tous. Nous lui adressons des questions, nous enregistrons les réponses transmises, et les livrons A l'impression telles qu'elles nous ont été données.

Pour observer la marche duglacier inférieur de TAar, depuis la pente terminale jusqu'à l'Abschwung; réunion des glaciers du Finster-Aar et du Lauter-Aar, on a peint en couleur à l'huile sur roche dans les hauteurs de rive gauche et rive droite des croix trèsvoyantes et des numéros. Sur la surface du glacier on a marqué en couleur à l'huile un grand nombre de blocs d'amont en aval.

Depuis i8i3 à 1863 toutes les années la triangulation de ces blocs a été faite par des ingénieurs fédéraux suisses, et la marche d'amont en aval calculée.

Par ces observations nous connaissons très-exactement la marche de chaque bloc d'amont en aval.

Depuis l'Abschwung juscfu'à la base de la Strahleck, glacier du Finster-Aar, on a de même marqué à diverses altitudes des blocs qui se trouvent à la surface du glacier, et comme points de repère on a tracé un croquis des dentelures des crêtes de montagnes de rive gauche et de rive droite. Le relevé a été fait dans les années où la neige permettait cette observation.

On ne s'est pas contenté de ce réseau trigonométrique, on a établi des points sur rive gauche et rive droite, en aval de TAbschwung, au Pavillon de l'Aar, et d'autres plus en aval. On a foré des pieux à de grandes profondeurs dans la glace, en ligne transvereale, espacés de 100 mètres plus ou moins, et on a observé la marche de ces pieux d'amont en aval, de temps en temps pendant qu'on était en station au glacier, et une année plus tard'.

Dans l'espace de quelques joui's les pieux à toutes les stations n'étaient plus alignés, un mois après la différence était assez forte, et l'année suivante elle était très-grande. A toutes les stations la marche la plus accélérée était au milieu entre les deux rives, et elle se ralentissait de plus en plus contre les rives.

A la station quelque cent mètres en aval de l'Abschwung, ligne transversale correspondait au Bloc Agassiz [en Hôtel des Neuchfttelois) la marche du pieu sur moraine, milieu des deux rives était, en chitfres ronds pour Tannée, de 80 mètres. Près des bords 10 mètres.

* D. A. — Ces observations se trouvent consignées dans nos matériaux.

ABLATIONS DES NEIGES ET GUCES. S3t

A la station du PuTiUon la courbe était & peu près la même, mais la marche plus lente. Et plus en aval jusqu'à pente terminale la marche se ralentissait.

Par l'observation des blocs sur le Finster^Aar, en amont de l'Abschwung, le mouvement se ralentissait à raison des altitudes.

Par la triangulation nous connaissons la marche annuelle, les lignes transversales dans les observations en été. Il s'agissait de connaître le mouvement mensuel, aux diverses stations et en même temps les circonstances atmosphériques. Le guide-chef Jaun et un de ses camarades ont séjourné au Grimsel depuis notre départ en automne jusqu'à notre arrivée de Tannée suivante, et ont fait les observations deux ou trois fois par mois.

Pendant nos séjours au glacier de l'Aar, nous avons fait des observations que j'appel« lerai microscopiques sur la marche [mouvement] et rehaussement du glacier à la station du Pavillon, avec un théodolite fixé solidement à demeure, dans la salle à manger, en visant sur une planche clouée horizontalement à des pieux forés dans le glacier. Ces observations ont duré quinze jours, et elles se faisaient le matin, à midi et le soir.

Gomme complément de ces recherches, on a observé la marche des petits glaciers simples qui couvrent les rives de la localité du Pavillon. Les uns rejoignent le grand glacier, d'autres restent isolés dans les hauteui*s.

L'ami Deaor fut chargé de ces observations. Non-seulement Torganisation était des plus pénibles et demandait un savoir faire hors ligne, mais elle était des plus dangereuses, je dirai plus, elle était extrêmement dangereuse, sur des pentes de glaces de 45<> et plus, un faux pas on est perdu, et les pierres roulantes qui peuvent vous atteindre sont de vrais boulets de canon.

Les chiffres de détail de ces observations sont déjà consignés dans nos Maté. iaux. Arrivons aux conclusions de ces recherches :

Les altitudes et les pentes du sol n'ont pas d'influence sur la marche des glaciers.

Depuis le point culminant jusqu'à la pente terminale (depuis le commencement jusqu'à la fin] la marche [mouvement) des placiers, d'amont en aval, est générale et surtout locale.

Les gbciers ne se reposent pas, ils marchent, ils se meuvent jour et nuit pendant toute l'année sans interruption.

Outre la marche d'amont en aval, les glaciers augmentent de hauteur depuis le sol qui les supporte jusqu'à leur surface. Celte augmentation se fait toute l'année, mais elle est détruite en grande partie par l'ablation superficielle. On peut dire qu'ils n'augmentent en hauteur positive, que lorsque leurs surfaces sont couvertes de neiges, qui sont leur grand protecteur.

La marche d'amont en aval, et Ui croissance de sol à surface, &ous le rapport de hi vitesse et de l'augmentation sont tout à fait locales. Elles dépendent de l'épaisseur, de la hauteur de la glace de sol à surface, de la masse locale.

Cette conclusion importante est surtout confirmée par les observations de la marche des glaciers simples sur les pentes. Les pieux des lignes transversales se comportaient différemment de ceux aux diverses stations du grand glacier. Aux glaciers simples c'était tantôt le pieu près de rive gauche de l'encaissement qui marchait le plus vite, tantôt celui peu éloigné de rive droite d'encaissement, et à d'autres lignes le pieu du milieu. Vérification faite dans des crevasses on a trouvé que la marche la plus accélérée se pro* duisait au point où la glace avait le plus d'épaisseur. Aux grands glaciers composés de plusieurs affluents, c'est au milieu entre les deux rives que la marche était la plus ac*célérée, et il y avait une différence souvent assez forte, de la marche dans Talignement à proximité des rives, par suite de variations de l'épaisseur de la glace locale. Dans le sens longitudinal la plus grande vitesse était entre les deux rives qui dans toutes les vallées sont plus basses que les côtés, et des sondages faits avec des cordes dans des puits ou crevasses profondes, ont donné pour résultat que la localité où le glacier a le plus d'épaisseur est au milieu des deux rives de la ligne transversale de l'Hôtel des Neuchâtelois [bloc Agas^iz), et c'est l'emplacement où son mouvement est le plus accéléré.

33i ABUTIONS DES NIIGBS ET GLACES.

Ajoutons que le sol qui supporte les glaciers, et qui est à une altitude dans les Alpes au-dessus de %00 inètres est ge\é fortement dans toutes les saisons sous les gladera ou les neiges qui lecoufrent, et que la parlic inférieure du glacier en contact avec le sol y est adhérente et gelée à une certaine i.auleur. Au-dessous de SdOO mètres, le sol en contact n'est pas gelé, il est à i.'ro ioi*sque les matières gelées ont une grande hauteur.

L'observation avec théodolite Uxe de la marche d'un pieu dans le glacier, ligne transversale du Pavillon, observation le matin, à midi et le soir, a indiqué une marche uniforme, régulière de jour, de nuit et diurne pendant 15 jours en été.

Les observations d'un très-grand nombre de pieux pendant un mois d'été de séjour au Pavillon de l'Aar confirment une marche régulière, qui correspond à la marche locale de

Les observations mensuelles par le guide /«im confirment celte marche routière dans toutes les saisons.

ÎM marche régulière d'un point donné local eet à ma maniire de voir unfUiipoiiiif. — Je dis un point local dans une ligne transversale. Certes si le terrain, le sol qui supporte le glacier avait une pente régulière et bien unie, sur une longueur que parcourt le glacier dans une année, que dans cj parcouis les rives conservent la même largeur, et le sol sous-jacent la même pente, le glacier la même hauteur, les observations de marche mathématiquement justes, les uiesui*es distance de marche d'une observation à l'autre mathématiquement bien faites, les chiffres d'enregistrement correspondraient parlaitenient, par jour, par décade et par mois, par saisons, & la moyenne diurne de l'année. Or il n'en est pas ainsi, ^ous savons que depuis la ligne transversale du bloc Agassis jusqu'à la pente terminale la mai*che du glacier va en ralentissant.

Kn août, nous trouvons une marche de 0*,K diurne, soit une marche mensuelle de 31 jours de 6*, 82. Au bout d'une année 365 jours, l'espace paixouru serait de 80",30et nous trouvons par l'observation qu'il est de 78*,47. Il y a donc un différence de i",83 de ralentissement.

Ce ralentissement est tout naturel, puisque le glacier va en ralentissant d'amont en aval. Ce chiffre correspond à une maixhe régulière et est exacte si les observations ont été bien faites.

Les observations intermédiaires dans Tannée, soit 2 à 5 fois par mois dans toutes les saisons à 2400 mètres ait. sur un glacier couvert de neiges pendant 9 mois de Tannée ne sont pas des observations de cabinet, avec le plus grand savoir voir et savoir foire, des erreurs se produisent. Placer un alidade, luuette acroinatique avec fils en croix, sur roche par — 10" de température d'aii* ambiant, après avoir marché dans les neiges des heures entières, et mesurer avec la chaîne d'arpenteur d'un point à un autre des disunces de 50 mètres dans k-s neiges à travei's les blocs de moraine médiane ne sont pas choses faciles. En pareilles circonstances les erreurs sont très-pardonnables. Lorsqu'on c^t dans la douleur, de circonstances atmosphériques on observe niai. En hiver les jour^ nées sont couites et une seconde vériûcation est généralement impossible ; souvent il faut quatre heures de temps pour rentrer au gite. Assez souvent surpris par des circonstances aggravantes, il faut battre en retraite sans avoir fait d'observations.

OBSEBVATIOKS IIËTÉOROLOGIQUES.

!•«• Mi «•! ém «■!■< Thé»dl«l> (Yalal^.

STATION DOLLFUS-AUSSET (ôSSS- ait.).

JStel du ciel. — Bifdrométéareg. — Par décodât.

1865-1966 (année complëte).

NOMBRE

NOMBRE D'HEURES

MOIS

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Mcembre

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Février

Mars

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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

» ■• «dl 4« SiUat-Tliéoéale (WaliUft).

STATION DOLLFUS-AUSSET (3333- ait.].

Éiai du ciel, — Hydrométéores ^ etc, — Menauel.

1805-1866 (année complète).

MOIS

Décembre. • . .

Féirrier.

Mars. .

Avril. .

Mai . .

Juin. .

JnUlet.

Août

Septembre. . . .

Octobre

Novembre ....

Hiver.. . .

Printemps.

Été ... .

Automne. .

Année. ....

Menioel maxim.

Minima ,

Différence. . .

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