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PLANCHE II

Toutes les figures sont de grandeur naturelle.

Arclomys marmotla (race primigenia).

Fig. 1. — Mächoire supérieure vue sur la face externe : à. m. intermaxillaire ; »#.maxillaire ; s. 0. trou sous-orbitaire ; #. incisive ; én. sa partie antérieure émaillée ; iv. partie où l’ivoire n’est pas couvert d’émail ; 1 p. et 2 p. les deux prémolaires ; { »., 2 m. les deux premières arrière-molaires : la dernière est brisée dans cet échantillon.

Fig. 2. — Morceau de mâchoire supérieure d’un autre individu, vu sur la face palatine : ». maxillaire; s. ligne de suture de lintermaxillaire; s. 0. trou sous-orbitaire ; pa/. palatn ; 1 p. et2 p. les deux prémolaires ; [ #.. 2 m., 3 m. les trois arrière-molaires.

Fig. 3. — Partie postérieure d’un crâne: {. 0. trou occipital; cr. erèle occipitale ; s. oc. région sus-occipitale ; c. oc. condyle occipital; bas. saillie du basilaire ; p. oc. paraoccipilal (paramastoïde de Duvernoy); fym. tympanique ; mast. mastoïde.

Fig. 4. — Mandibule vue du côté interne: €. d. trou du canal dentaire ; à. incisive ; 1 p. la prémolaire unique; 1 m., 2 m., 5 m. les trois arrièremolaires.

Fig. 5. — Mandibule vue en dessus : mêmes lettres que dans la figure précédente.

Fig. 6. — Incisive de la mâchoire inférieure vue du côté externe : em. sa partie émaillée ; iv. ivoire non couvert d’émail.

Fig. 7. — Humérus vu sur sa face antérieure: {. sa tête; dr. trochiter :

in. trochin ; g. b. gouttière bicipitale ; éro. trochlée ; é. {. épi-trochlée ; arc. arcade pour le passage de l'artère brachiale; £. ol trou en rapport avec le bec de l’olécrâne; 6. c. grand développement de la région épicondylienne.

Fig. 8. — Humérus vu sur la face postérieure : mêmes lettres que dans la figure précédente.

Fig. 9. — Humérus vu sur la face antérieure; il n’a pas d’arcade épitrochléenne ; on voit seulement en à un rudiment de cette arcade.

Fig. 10. — Cubitus vu du côté externe: ol. olécrâne; c. sigm. cavité sigmoide ; cor. apophyse coronoïde ; mal. malléole externe.

PLaNcHE III.

Toutes les figures sont de grandeur naturelle.

Arclomys marmolla (race primigenia).

Fig .1.— Sacrum vu en dessous : a. face antérieure de la première vertèbre sacrée; s. trous sacrés.

Fig. 2. — Première vertèbre sacrée, vue sur la face antérieure: c. son centrum; €. m. canal où passe le prolongement de la moelle épinière ; p. a. parapophyse ou apophyse transverse formant l’aile du sacrum ; ».e. neurépine ; n. a. neurapophyse ; z. 4. zygapophyse.

Fig. 3. — Pièces du membre postérieur, vues sur le côté externe: il. iaque ; is. ischion ; f. fémur; fr. son grand trochanter ; {. L trochanter latéral; s. suture de l'épiphyse inférieure; r. poulie rotulienne ; £. tibia; su. suture de son épiphyse supérieure ; cr. sa crête antérieure ; j. fosse du jambier ; p. péroné ; cal. calcanéum ; as. astragale ; cub. cuboïde ; 1 cu. premier cunéiforme ; 2 m., 3 m., 4 m., 5 m. les second, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens.

Fig. #. — Bassin vu en dessous : cot. cavité cotyloïde ; 4/. iliaque; é. ül. épine 1liaque ; ?s. ischion; é. is. épine ischiatique; p. pubis.

Fig. 5. — Fémur vu de face: £. sa tête; tr. grand trochanter ; {n. trochantin ; {. L. trochanter latéral; à. tubérosité interne; r. poulie rotulienne.

Fig. 6. — Os de la jambe, vus de face: {. tibia; 6. épine du tibia; cr. sa crête; m.1. malléole interne ; p. péroné.

Fig. 7. — Calcanéum cal. et astragale as. vus en dessus; c. facette du calcanéum en rapport avec le cuboïde ; sc. facette de l’astragale en rapport avec le scaphoïde.

Fig. 8. — Partie des os de la patte de derrière, vus de face: À cu. premier cunéiforme ; cub. cuboïde ; 1 m. premier mélatarsien, en partie caché par le second métatarsien, 2 m. ; 3 m., 4 m., 5 m. les troisième, quatrième el cinquième métatarsiens.

LE COULOIR DE LOUVERNÉ

Louverné est l’avant-dernière station qui précède Laval sur le chemin de fer qui va du Mans à cette ville. A côté de la gare, il y a de grandes carrières de calcaire-marbre qui appartient au terrain carbonifère (fig. 2); les bancs plongent au sud sous un angle

Couloir

Fours rempli Calcaire Abri-sous-roche Calcaire à d'osse- car- Le Cartier, et grotte. carhonifère. Limons rouges. chaux. ments. bonifère. ruisseau, É ! ' ' ‘ Limons ;

! rouges.

Est.

RE

Profil des gisements quaternaires de Louverne.

de 60 à 70°; sur leurs tranches et dans leurs dépressions, on trouve des limons rougeûtres d’une épaisseur de 2 ou 3 mètres ; aucun fossile n’y a encore été découvert. Mais, en exploitant le calcaire, on a rencontré un long couloir rempli également de limon rougeâtre et dans lequel les ossements abondent. Ce couloir est presque perpendiculaire à la direction des couches; on l’entame à mesure que l'exploitation avance et il a été déjà diminué d’une longueur de 20 mètres; il est à deux mètres au-dessus du niveau de la prairie où coule le ruisseau appelé le Cartier.

COULOIR DE LOUVERNÉ. 39

Voici l'aspect qu'il présentait lorsque M. OEhlert à commencé ses fouilles :

Ouverture du couloir de Louverné.

A Couloir rempli de limons rougeâtres et d’ossements. E Blocs de pierres éboulés du haut.

Le couloir est en ce moment à environ 2 mètres au-dessus du niveau du Cartier ; sa hauteur est de 2 mètres, sa largeur est de 0,90 : sa forme est ovale. Bien qu'on n'ait pas encore vu sa communication avec le haut des carrières, il est bien probable qu’elle a existé quelque part; autrement on ne concevrait pas comment il a été rempli. Toutefois, il faut remarquer que ce n’est point le limon placé actuellement au-dessus des carrières qui s’y est introduit, car il contraste avec celui de lintérieur du couloir par l'absence de tout fossile. Les ossements sont brisés en d'innombrables morceaux; les hyènes ont laissé sur beaucoup d’entre eux la marque de leurs dents et ont rongé leurs épiphyses. Cependant comme on trouve des ossements tout près du toit du couloir, on ne peut attribuer leur transport à des hyènes; d’ailleurs on n’observe pas comme dans les cavernes habitées par ces carnassiers des coprolithes et des bandes d'os brisés indiquant l’ancien sol où ils habitaient. Si le couloir n’a pas été fréquenté par des hyènes, à plus forte raison n’a-t-il pu être fréquenté par les hommes. Je pense que le limon et les ossements ont été amenés par les eaux. Mais cela n'empêche pas de supposer

qu'avant d'avoir été transportés par les eaux dans le couloir de Louverné, les ossements ont dû être réunis dans le voisinage par l’homme ou par des bêtes de proie ; car la multitude des morceaux brisés est vraiment étrange. Dans les gisements tertiaires où l’on ne découvre pas de traces humaines, aucun géologue n’a vu une pareille accumulation d'os cassés.

Les êtres fossiles dont on a trouvé les débris à Louverné sont les suivants :

Homo. — La présence de l'homme est indiquée par quelques éclats de silex grossièrement taillés.

Unsus FErox (pl. VI, fig, 10, 11). — Parmi les nombreux fossiles recueillis à Louverné, je n’ai encore vu qu'un seul débris d'ours ; c'est une première tuberculeuse inférieure droite plus grande que dans l’Ursus arctos, plus petite que chez l’Ursus spelœus et à tubercules moins mousses ; elle me paraît provenir de l'Ursus ferox.

MELES TAxUS. — On a dessiné, pl. VIL, fig. 1 et 2, un crâne de cette espèce ; je n’y ai aperçu aucune différence avec celui des blaireaux actuels ; il n’annonce point plus de force ainsi qu’on le voit fréquemment chez les animaux quaternaires ; la crête sagittale n’est pas entière, mais ce qui est conservé semble indiquer qu'elle était moins saillante que dans certains de nos blaireaux actuels.

MusreLa de la taille de la Mustela foina. — Cette indication est fort douteuse; elle ne s'appuie que sur un humérus qui ressemble à celui de la fouine.

CaniS vuLPESs ? race septentrionale (pl. VI, fig. 2 à 8). — Il y a déjà longtemps, Schmerling dans son bel ouvrage sur les cavernes de la province de Liége (1) a signalé en Belgique la présence d’un renard

(1) Schmerling. Recherches sur les ossements fossiles découverts dans les cavernes de la province de Liège, p. 46, in-4°, 1833.

COULOIR DE LOUVERNÉ. oi

plus élancésur jambes quele renard commun.M.OEblertm'aenvoyé diverses pièces qui semblentindiquer des animaux dont lesmembres sont proportionnément un peu plus hauts que ceux des renards de nos pays et ressemblent à ceux des renards argentés des régions septentrionales. En présence des variétés et des espèces si nombreuses admises parmi les renards, la détermination de ces animaux est devenue bien difficile. Je pense que le plus simple est d'inscrire provisoirement le carnassier de la Mayenne sous le nom de Canis vulpes. M. Brehm (1) dit que dans ceite espèce la femelle est plus élancée que le mâle et que les individus des pays du nord sont plus grands que ceux du midi de l'Europe.

Canis LuPus. — La figure 9 de la planche VI représente un maxillaire d’un individu jeune ; une prémolaire pousse dans l’alvéole de la première molaire de lait qui est tombée ; la carnassière et la tuberculeuse de lait sont encore en place ; au-dessous de cette dernière, apparaît la carnassière de seconde dentition (2). Pour la forme et la grandeur, les dents ressemblent à celles du loup actuel de nos pays; peut-être le maxillaire s’élargit-il en arrière «le la canine un peu plus qu'on ne le voit en général dans les loups. La collection de M. OEbhlert contient une deuxième prémolaire supérieure droite qui indique un loup d’une taille ordinaire. Il me semble qu'il sera très-utile d'étudier avec soin les caractères des Canis quaternaires, car il est improbable que les races si différentes. si nombreuses des chiens domestiques dérivent uniquement des

(1) Brehm. La vie des animaux illustrée. Mammifères. vol. 1, p. 509.

(2) Cette position de la carnassière supérieure au-dessous de la tuberculeuse de lait, contribue à montrer qu'on doit considérer la carnassière supérieure comme une dent de remplacement, c’est-à-dire comme une véritable prémolaire et que par conséquent la première tuberculeuse supérieure des carnassiers correspond à la première arrière-molaire des pachydermes. Cette observation, au sujet de laquelle M. Richard Owen a donné des renseignements très-précis, est fort importante pour la doctrine de l’évolution, car elle rend plus facile à comprendre le passage de la dentition des pachydermes à celle des carnassiers.

loups, des renards ou des chacals d'espèces actuelles et que leurs profondes modifications aient eu le temps de s'opérer pendant l'époque qui nous sépare de l’âge du renne ou de l’âge du diluvium. C’est pourquoi il est à supposer qu’on trouvera dans nos terrains quaternaires des Canis autres que des loups, des renards ou des chacals semblables aux races actuelles.

HyYæna crocura, race spelæa (pl. IV). — Les débris d’hyènes qui m'ont été communiqués par M. OEhlert se rapportent à un individu jeune et à une douzaine d'individus adultes. I n’y a pas lieu de s'étonner de rencontrer de nombreux débris d'hyènes quand on voit combien les os des différents animaux de Louverné ont été rongés. Les morceaux d'hyènes qui ont été conservés sont pour la plupart des dents ou des parties de mâchoires; presque aucun os des membres n’est resté intact. En comparant les pièces représentées dans la planche IV, avec celle des hyènes vivantes, on s’assurcra qu'elles doivent être rapportées à la grande race appelée spelæa. Cependant lorsqu'on met en série toutes les dents recueillies par M. OŒEhlert, on observe parmi elles de notables variations; quelques-unes ne dépassent point sensiblement la dimension de l'Hyæna crocuta. Par leur forme, elles rappellent cette hyène si parfaitement qu'on n’a pas de motifs de les attribuer à une espèce distincte. Il est remarquable que i'hyène commune dans le quaternaire du nord de la France et l'Angleterre ne soit pas l’hyène rayée du nord de l'Afrique, mais l’hyène tachetée de l'Afrique australe.

FELis LEO, race actuelle et race spelæa (pl. V, fig. 1 à 7, et pl. VI, fig. 1). — Cette espèce est représentée par des morceaux qui appartiennent à cinq individus. Les carnassières supérieures dépassent celles des plus grands lions du Muséum, mais elles sont plus petites que dans les lions fossiles de Gaylenreuth et de Lherm (1). Les car-

(1) Description des ossements de Felis spelwa, découverts dans la caverne de Lherm, pl. V, in-4°. Paris, 1871.

COULOIR DE LOUVERVÉ. 39

nassières inférieures sont à peine plus fortes que celles des plus grands lions du Muséum; elles ont à peu près la même dimension que celles de Lherm dont MM. Filholont donnéla figure etcelledeBleadon dessinée par MM. Boyd Dawkins et Ayshford Sandford (1);elles sont plus fortes que dans l'échantillon de Sandford Hill décrit par les mêmes auteurs. Quelques canines indiquent un énorme Fes de la race dite spelwa, mais j'ai vu aussi des canines supérieures et inférieures qui ne dépassent nullement la taille ordinaire des lions actuels. Les canines des lions et des tigres se ressemblent extrêmement; pourtant il me semble que celles des tigres sont parfois un peu plus comprimés ; s’il en est ainsi, les canines de Louverné se rapprocheraient davantage de la forme des lions, car leur coupe donne une figure très-peu comprimée, presque ronde. Je n'ai observé que deux pièces des membres; l’une est un morceau d'humérus d’un individu de la race spelea (pl. VE, fig. 1); l’autre est un quatrième métacarpien (pl. V, fig. 7) de la longueur de ceux des lions actuels, mais peut-être relativement un peu plus épais; il est plus faible que chez le lion de Lherm décrit par MM. Filhol etle lion de Goyet en Belgique äont M. Dupont a recueilli les restes. Il résulte de ces remarques qu’on trouve réunies à Louverné la race dite spelæa et la race actuelle; les différences de taille entre Les échantillons sont plus grandes que celles qui dépendent du sexe chez les lions vivants,

FeLis PARDUs. — J'ai remarqué parmi les dents de carnassiers trouvées à Louverné une canine supérieure plus petite que celle des lions actuels (pl. V, fig. 8 et 9); sa taille est la même que chez le jaguar, mais les deux sillons verticaux de sa face externe et de sa face interne sont bien marqués, tandis que chez les jaguars ils sont en général très-affaiblis ; il se pourrait que cette dent provint

(1) The british Pleistocene Mammalia, pl. XIE (Paléont. Society), 1866.

d'ane panthère de grande taille, Felis Pardus (Felis antiqua) ; mais une détermination qui repose sur une pièce isolée ne peut être que provisoire.

ARCTOMYS MARMOTTA, race actuelle (pl. VIL fig. 3 et 4).— Une incisive supérieure, une incisive inférieure et une mandibule qui porte les quatre molaires indiquent une marmotte de la taille des marmottes actuelles et par conséquent un peu plus petite que la marmotte (race primigenia) de Sainte-Suzanne.

Lerus TImIDus de grande taille. — De nombreux os des membres se rapportent à un Lepus qui dépasse la dimension habituelle de nos lièvres de plaine, et atteint pour le moins la taille des individus de la race appelée lièvre de montagne.

ELEPHAS PRIMIGENIUS. — M. OEhlert m'en a envoyé quelques dents, notamment une cinquième molaire inférieure qui est représentée, pl. IX. Cette dent est longue de 0°,310 ; sa surface triturante à 0,22 sur une largeur de près de 0",10. Selon Edouard Lartet les molaires d'£/ephas primigenius iype ont de vingt à vingttrois lames sur une surface triturante de 0",24. La dent de Louverné que je figure ici n'aurait que dix-sept lames pour une surface de 0",2h ; cependant ses lames sont trop étroites, son émail est trop fin, sa couronne trop large pour qu’elle puisse être inscrite sous le nom d’Æ/ephas antiquus. I n’est pas rare de trouver dans le quaternaire de la France ou dans le forest-bed d'Angleterre des molaires d'£lephas primigenius dont la détermination embarrasse parce qu’elles ont une tendance vers l’anfiquus. La dent de Louverné par ses lames étroites et écartées est très-distincte de l'Elephas 2ndicus ; mais les découvertes de M. Sirodot ont montré que les molaires de l'£lephas primigenius avaient quelquefois aussi des ressemblances bien grandes avec celles de l'£lephas indicus. Comme Îles dents d’éléphants attirent l'attention à cause de leur grandeur, elles se multiplient rapidement dans les collections, et les paléon-

COULOIR DE LOUVERNÉ. 41

tologistes, qui voient leurs variations si nombreuses, sont, je pense, bien disposés à admettre la parenté des espèces d’éléphants actuels, quaternaires et pliocènes.

RitiNOCEROS TICHORHINUS. — On trouve dans les terrains quaternaires deux espèces de rhinocéros qui ont des dents molaires assez différentes : l’une est le ZAinoceros Merckii dont les molaires rapellent les caractères de beaucoup d’autres espèces, telles que les Rlinoceros pachygnathus et Schleiermachert du miocène, le Æhenoceros leptorhinus où megarhinus du pliocène, le Æhinoceros bicornis de l'époque actuelle. L'autre espèce est le Æ/inoceros tichorhinus dont les dents ont un caractère bien plus spécial, car elles ne ressemblent qu’à celles du Æ2Ainoceros simus (Rhinoceros camus d'Afrique) (1).

En comparant les figures de la planche VIIT qui représentent le Rlhinoceros tichorhinus de Louverné avec les figures 5, 6, 7, pl. I, où sont dessinées des dents de ÆAinoceros Merckii de Sainte-Suzanne, on se rendra facilement compte des différences des deux espèces (2). Dans les molaires supérieures des Æhinoceros Merck, des rhinocéros tertiaires et du Æhinoceros bicornis de l'Afrique actuelle, les collines transverses forment, avec la muraille externe, un angle très peu aigu (pl. LE, fig. 6, c.a., c.p.); elles s’avancent dan: le sens de la largeur de la tête marquant ainsi une tendance vers la forme Anclaterium; r'sulte de cette disposition que rien ne gêne leur développement, Il en est autrement dans les molaires supérieures des Zihenoceros tichorhinus et simus ; les collines transverses (pl. VIIT. fig. à, c.a.) se disposent obliquement; elles marquent une tendance vers la disposition en croissant des ruminants (pl. \, fig. 2, 4,5); elles sont nécessairement plus gênées dans leur développement que celles du Z?hinoceros Mercki, puisqu'elles sont limi-

(1) Malgré leur ressemblance avec les dents des Rhinoceros simus, les molaires du Rhinoceros tichorhinus se distinguent par la moindre hauteur de leur fût.

(2) Il y a eu sur ce sujet d’intéressantes publications de MM. Lartet, Falconer et Boyd Dawkins.

tées en avant et en arrière par les autres dents. Pour avoir plus de place (pl. VIIT, fig. 1, 2, 3), la colline transverse antérieure ec. a. se pose le plus en avant possible, et comme la côte de la muraille externe provient de la poussée de la colline transverse, elle est reportée tout au bord antérieur au lieu d’être placée comme chez le Rhnoceros Merck (pl. I, fig. 6 et 7, s.). Il résulte aussi de la position très-oblique des deux collines transverses qu'elles doivent se rencontrer l’une l’autre; et, en effet, aussitôt que les dents des Rhinoceros tichorhinus et simus commeucent à s’user, on trouve entre les collines transverses des entonnoirs au lieu des vallons ouverts des rhinocéros ordinaires. J'ajouterai que, dans les ÆRhinoceros tichorhinus (pl. VIT, fig. 2), l'extrême rugosité de l'émail semble avoir servi, comme chez le /?hinoceros simus, à retenir un cément beaucoup plus épais que dans le Æ/inoceros Merckü.

Les molaires inférieures des rhinocéros sont moins caractéristiques que les molaires supérieures ; cependant il est possible de distinguer celles du Æhinoceros tichorhinus (pl. VHI, fig. A), parce que leurs collines sont plus fortement courbées que celles des autres rhinocéros (pl. I, fig. 5).

L'ensemble de ces caractères paraît indiquer que la dentition du Æhinoceros tichorhinus présentait un type plus franchement herbivore que la dentition du Æhinoceros Merckü. Le Rlunoceros tichorhinus de Rochecardon, qui appartient au musée de Lyon, et le Æ/2noceros tichorhinus de l'Allier présentent, à un degré très-marqué, les caractères que je viens de citer chez l'animal de la Mayenne.

M. OŒhlert a trouvé une mâchoire inférieure d’un jeune rhinocéros dont les mandibules sont en partie conservées et portent des dents de lait. Une de ces mandibules est représentée, pl. VITT, fig. 5; on pourra remarquer que la symphyse est très-courte.

Le gisement de Louverné a fourni aussi un certain nombre d'os des membres qui se rapportent à trois individus : humérus, cubitus, radius, fémur, tibia, calcanéum, astragale, métatarsien, etc.

COULOIR DE LOUVERNÉ. 43

Ces os sont en partie rongés par les hyènes ; ce qui en est conservé porte à supposer que le rhinocéros de la Mayenne était massif comme les autres Æhinoceros tchorhinus et comme le Rhinoceros simus.

Sus scropmA (pl. X, fig, 1). — Cette espèce ne semble pas commune. Il y a une défense inférieure d’une assez forte dimension.

Equus caBazLus. -— Les dents se trouvent en profusion. Une molaire présente, à un degré très-marqué, le plissement d'émail qui donne lieu à la variation appelée phcidens ; j'ai recueilli, dans le Mont Léberon, des dents d’ÆZipparion dont l'émail est moins plissé. Les os des membres sont proportionnément moins nombreux; une dizaine de canons bien conservés, des astragales et des phalanges permettent de reconnaître les dimensions d’un cheval ordinaire.

Bos. — Louverné a fourni de nombreuses pièces de bœufs; en général, elles dépassent notablement la dimension des os des bœufs actuels ; elles ont la taille des races quaternaires appelées Bos bison (priscus) et Bos taurus (primigenius). Comme je n'ai observé ni crâne, ni vertèbres dorsales, je ne peux décider à laquelle de ces deux espèces elles appartiennent.

CERVUS ELAPHUS, race ordinaire et race appelée canadensis (pl. X, fig. 2, 3, 1). — On voit dans la collection de M. OEhlert, à côté de morceaux qui indiquent un Cervus elaphus de la taille de ceux de Sainte-Suzanne, plusieurs pièces qui proviennent d’un cerf gigantesque (race canadensis); ces pièces sont une partie inférieure de bois, avec ses andouillers basilaires (fig. 3); une arrière-molaire supérieure (fig. 2); un métatarsien et un métacarpien parfaitement conservés. Dans une note que j'ai publiée, il y a quelques années, sur les fossiles quaternaires de Paris, j'ai fait remarquer que le Muséum de Paris possède un massacre d'un Cervus canadensis actuel aussi grand que les fossiles. Le Cervus canadensis de Lou-

verné devait atteindre la taille du Cervus megaceros ; à en juger par le métacarpien, on pourrait croire qu'il était proportionnément un peu plus lourd; mais cette différence est sans doute individuelle, car, d'après la grandeur des bois, il est difficile d'admettre que le Cervus megaceros eût ses membres de devant plus élancés qu’un cerf du groupe des élaphes. |

CERvUS TARANDUS (pl. X, fig. 5, 6, 7). — On n’en a trouvé que peu de débris : ce sont deux molaires et trois bois brisés d'individus adultes, une molaire de lait et une omoplate d’un jeune individu.

Outre les restes de mammifères que je viens de citer, M. OŒhlert a recueilli plusieurs os d'oiseaux; M. Alphonse Milne Edwards a bien voulu se charger de les déterminer. Les oiseaux que cet habile naturaliste a reconnus, sont les suivants :

ANas, d’après un coracoïde et un humérus; ANAS d'une autre espèce, d'après un humérus; ANsER, d’après un fémur ;

MerGus, d’après un fémur ;

RAPACE DIURNE d'espèce inconnue, d’après un fémur plus grand que celui de la buse, plus petit que celui de l’Aguila audax (pl..X, fig. 8,9).

EXPLICATION DES FIGURES

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