‹ Matériaux pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 5 sur 14 · MS · texte numérisé non relu

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divers témoignages que nous avons réunis à l'appui de notre assertion ont détruit bien des incertitudes; et, quant à l'idée d'une interpolation introduite dans le manuscrit même, elle s'est évanouie devant l'autorité de M. Silvestre de Sacv, de M. Quatremère, et de nos plus savants orientalistes. Cependant, comme la découverte que nous avons cru devoir restituer à Aboul-Wéfa (mort en l'année 998 de J. C.) , au détriment de Tycho-Brahé (mort en l'année 1601), est d'une grande importance pour l'histoire littéraire et scientifique du moyen âge, nous avons pensé qu'on accueillerait avec faveur toutes les recherches tendant à la confirmer de plus en plus, et nous sommes heureux de pouvoir ajouter une preuve nouvelle à celles que nous avons déjà produites sur l'ancienneté du manuscrit dont nous l'avons exhumée. — Un sceau se trouve sur plusieurs des feuillets de ce manuscrit, et porte pour légende : Ex thesauro lihrorum sultani supremi Schah-Rokh'Behadar ({). INous avons fait obser-

M. Sédillot , intitulé : Mémoire sur les instruments astronomi' ques des Arabes. Voy. l'appendice, note III.

(i) Man. arabe n° ii38, fol. 34, 55 et 106. On y lit : ^^

j,5L^. — Nous avons reproduit l'empreinte de ce sceau ci-après (voyez la planche jointe aw Journal asiatique, n^ i). On trouve, dans les Mines de l'Orient, t. H, p. 4o5 [Continuatio catalogi

( *46) ver précédemment (i) que ce devait être le sceau ou cachet de Schah-Rokli , fils de Tamerlan, qui régnait dans la Transoxiane au commencement du quinzième siècle (de i4o5 à i447); ^^^^ "^ ^^^" lait démontrer clairement la réalité de cette conjecture , et pour cela comparer le sceau dont notre manuscrit portait l'empreinte à des monnaies ou médailles du fils de Tamerlan , afin de constater l'identité des caractères. M. Reinaud avait déclaré, il est vrai, que ce sceau était conforme à une médaille de Schah-Rokh, qui faisait partie de la collection de M. le duc de Blacas (2) ; mais cette médaille n'avait pu être retrouvée (3), et on n'en connaissait aucune autre du prince Timouride : les recherches auxquelles nous nous livrâ-

manuscriptorum orientalmm Bihliothecœ Cœsareœ regiœ Vindobonensis), le passage suivant : « ^Jl^l jJI y»^ essentia per- « SON.E. Opus mysticum poelae persici Attar, quod 6^ aureis « venundatum fuisse primo folio inscriptum est. Sigillum in « meclio libri impressum indicat hune codicem exemplar fuisse « sultani Schahroch. Legitur enim ibidem : [sic) i^j^ ^ «j^L^ -#.j ^Lù. Jâc.^1 [sic] tLJaL^ y^.„^xS è thesauro ii- « brorum sultani [sic) Schahroch Behadir. » L'assertion de M. de Hammer à ce sujet n'a jamais été mise en doute.

(i) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 14 mars i836, et ci-dessus, p. Sa.

(2) Ibid.

(3) Au moment de mettre sous presse , nous apprîmes que cette médaille se trouvait de nouveau entre les mains de M. Reinaud. Nous en parlerons plus loin.

( ^47 ) mes à cet égard, restées longtemps infructueuses nous conduisirent à examiner les monnaies qui ont été conservées des Timourides de la Trans oxiane, et nous allons indiquer par quels rappro chements successifs nous sommes parvenu à jeter quelque lumière sur cette partie intéressante de la numismatique orientale, et comment nous avons atteint, en dernier lieu, le but que nous nous étions proposé.

I. On sait que Tamerlan ou Timour s'empara de la Transoxiane ou Ma-wara-alnahar (i) , Fan 771 de riiégire (j 369 de J. C.) , sur le sultan Houssain (2). Schah-Rokh, dont M. Quatremère publie en ce moment l'bistoire (3), hérita de la plus

(1) Voyez ce mot dans la Bibl. orient, de d'Herbelot, p. 565. Il écrit Maouarannahar ; nous avons adopté l'orthographe suivie par M. Quatremère. Voyez VHistoire des Mongols de Perse, i836; Vie de Raschid-eldin , p. 100; le t. XIll des Notices des manuscrits, p. 252 (iinalyse du Mesalek alabsar, etc.).

(2) D'Herbelot, Blblioth. orient., art. Houssain Solthan ^LiJL» ^^*«aw, p. 464. — Ahmedis Arabsiadae, Vita Timuri, éd. Manger, 1. 1, p. 5 1 et 59,

(3) ^\ ïLi». M. Quatremère, Mémoires historiques sur la vie du sultan Schah-Rokh [Journal asiat., 3® série, t. II, p. 207 et suiv.). — Assemani appelle ce prince Sciacroch [Catalogo di codici manoscritti orient, délia Bihlioth. Naniana, p. 3i). Le nom est écrit ^ v^ dans ces vers donnés par M. Quatremère, l. c, p. 345 :

( 248 ) grande partie des conquêtes de son père , en 807 (i4o4 de J. C), et confia le gouvernement de Samarcande et des pays environnants à son fils Oloug-Beg (î) , qui se rendit si célèbre par ses travaux astronomiques, et qui devint son successeur en 85 1 (1447 de J.C); "^^is, à partir de celte époque, la domination des Timourides devait rapidement décliner: 01oug-Beg,plus habile dans les sciences qu'en politique, périt, en 853 (r449 de J. C.) (a), sous les coups de son propre fils Abdallatif, qui, six mois après, devait être remplacé sur le trône par son beau-frère et cousin Abdallah (3). Celui-ci était déjà renversé en 855 (i45i de J. C): Abou-Saïd, autre descendant de Tamerlan (4), s'était rendu maître de ses États,

(i) Ce ne fut qu'en 814 (i/, 12 de J. C.) qu'Oloug-Beg reçut le gouvernement de Samarcande, dévolu, après la mort de Timour, à Mirza-Khalil , fils de Miran-Schah. (Voyez d'Herhe\ot y Bibl, orient, p. 887.) Nous parlerons plus loin (p. 257) des noms et surnoms d'Oloug-Beg.

(2) On lit dans Pococke, Snppl. Hist. Jbid-Faragu (Oxonise, i663, p. 55 : « Hic (Olugh-Beg), vivo adhuc pâtre, Samar- « candae et regiouibus Mawaraalnahri seu transfluvialibus « praefectus, Chorasano etiam pulso Ala'ddaula Mirza, filio « Baïsenkari , filii Schah Ruchi , anno octingentesimo quinqua- « gesimo secundo hegirae potitus est. Interfectus est quinqua- « gesimo tertio. « — On peut voir, dans la Biographie universelle, à l'article Oidoug- Beig , le récit bien connu de la mort de ce prince.

(3) Abdallah était fils d'Ibrahim , autre fils de Schah- Rokh.

(4) Abou-Saïd était fils de Mohammed, fils de Miranschah,

qu'il devait posséder jusqu'en 873(1468 de J. C). Dans une guerre qqe ce prince soutint alors contre Ussuni Cassan (Ouzoun-Haçan-Beg)^ nouveau conquérant de la Perse, il fut fait prisonnier et mis à mort , et avec lui disparut entièrement la puissance des Timourides (i) : on les voit, il est vrai, se maintenir encore pendant près d'un demisiècle dans la ïransoxiane; mais ils régnent sans gloire au fond de leur palais, et c'est à peine si leur nom est parvenu jusqu'à nous. Abou-Saïd laissait onze fils : l'aînè, Ahmed (2), occupa Sa-

fils de Tîmour : ^-jl J^y^^** »LlaLw ^jt .,)^\^ J.^x^^j| ^sS \^^ j^\ ^\ »Li» tOJ'-'* mI"*:»^- (Voyez le tableau chronologique placé à la fin du n° cité du Journal asiatique^ Abou-Saïd avait habilement profité de la division qui s'était élevée entre Ouloug-Beg et son fils Abdallatif , pour se faire un parti puissant dans la Transoxiane.

(i) D'Herbelot, Bihlioth. orient., p. 38.

(2) Frœhn {Rccensio nuni. Muhamm., t. I, p. 4M) nous donne la légende d'une monnaie de ce sultan, la seule remarquable que Ton connaisse des successeurs de Schah-Rokh. Ou lit d'un côté :

Jas^l JJaLJ.... Sultanus supremus

,^\S ^awl .LLi*u Sultan Ahmed Gourgan iilL^ \xi 6^1 jJui. Deus excelsus perpétuel ejus regnum w\À 5j.Y«' <iJL]a!L. j Et imperium, Samarkand. l/jj Et de l'autre côté :

^\ J^j ô^^^ M ^t M -^ Nou est Deus nisiJDeus, Muhammed apostolus Dei.'

( 25o ) marcande pendant \ingt-cinq ans; son frère Mahmoud lui succéda en 899 (i49^ ^eJ. C.);puîs, la même année, Massud, fils de Mahmoud, monta sur un trône qu'il parait avoir conservé jusqu'en 906 (1499 de J. C.) (i). Pendant ce temps, Omar- ^ Scheikh, sixième fils d'Abou-Saïd, possédait le pays d'Andékan (2), et le laissait, en 899 (149^ de J. C), à son fils Baber, qu'il ne faut pas confondre avec un autre Baber, fils de Baisancor, fils de Schah-Rokh, qui s'était établi dans le Khorasan , etqui mourut en 861 (3) (i 456 de J. G.). Chassé en

Et autour de ce symbole, les noms des quatre premiers khalifes que nous retrouverons sur les monnaies de Schah-Rokh, comme on le verra plus loin.

(i) D'Herbelot, Biblioth. orient., p. 38.

(a) ^^Xi\. Alim. Arabsiadae, Fita Timurî, édit. Manger, t. II, p. 762 : « .X^\ legitur in éd. Gol. , sed id manifestô « corruptum est ex nomine urbis cujus auctor saepiùs meminit: « s^ô.i\ Andnguriy quae in Transoxianâ sita est adeoque op- « portuna, in quam se, relictâ Samarcandâ, reciperet Cho- « daidadus. Conf. cap. clxii sub initium, ud rectè legitur « jO^*^ '• ** ^'oy^2 aussi le mémoire publié par M. Quatremère dans le tome XIII des Notices des manuscrits, p. 234.

(3) Les successeurs de ce prince dans le Khorasan furent : 1** son fils Mirza Mahmoud Schah, i456; 2° son neveu ladighiar-Mirza, fils de Mirza-Mohammed, 1468; 3° Houssain- Mirza-Abou'1-Gazi , fils de Mansour, fils de Baicarah, fils d'Omar-Scheikh , second fils de Tamerlan, qui s'empara de la ville de Hérat en 1470, et qui, vainqueur des Uzbeks , mourut Van i5o5 de J. C , après un règne de tjreote-cinq ans.

( -5, ) 9o4 (1498 ^e J. C.) par les Uzbeks (f), Baber, fils d'Omar-Scheikh, fut obligé de se réfugier dans les Indes, où il fonda une dynastie nouvelle, illustrée par son petit-fds Akbar.

Telle est la série chronologique des princes de la famille de Tiraour qui ont régné dans laTransoxiane ou Ma-wara-alnabar, et il est fort difficile, en étudiant leur bistoire, de percer l'obscurité qui entoure les descendants d'Abou-Saïd. Il était nécessaire, pour l'intelligence de ce qui va suivre, que nous fissions connaître par une esquisse ra-

(1) D'Herbelot, Biblioth. orient., p. i63, 456, 752, 916. On se ferait difficilement une idée de la confusion et des contradictions où tombe à chaque instant d'Herbelot, dans tout ce qu'il dit au sujet des derniers Timourides de la Transoxiane. On lit, pages /i56 et 566 : « La postérité de Tamerlan fut dé- « pouillée du Maouarannahar parSchaïbek, sultan des Uzbeks, « l'an 904 de l'hégire; Miiza Babur, fils d'Omar-Scheikh et « successeur de son oncle Ahmed, fils d'Abou-Saïd, fut le der- « nier de la race de Tamerlan qui y régna. » — Et. pag. 38 : « Sultan-Massud (autre petit-fils d'Abou-Saïd) jouit paisiblec ment de Samarcande et de la Transoxiane, après la mort « d'Ahmed, et y régna jusqu'à l'an 90$ de l'hégire.» On trouve aussi (pag. 752) que Schaïbek-khan reprit sur les enfants de Tamerlan la Transoxiane, l'an 904 de l'hégire, après la mort du sultan Mirza-Houssain y et nous voyons (pag. 464) H"® ^® sultan Houssain régnait encore dans le Rhorasan, où il mourut en l'an 91 1 de l'hégire (i5o5 de J. C. ; voy. plus haut p. 25o). Les anachronismes ne sont pas moins fréquents; on lit, pag. 6 et 7 : « Année de l'hégire 85o, de J. C. 1481 ; de l'hégire 854, « de J. C. 1485, etc. »

pide ce que l'on entend par Timourides de la Transoxiane. Maintenant nous revenons à Scliah- Rokh, objet principal de notre attention.

II. 11 est peu d'époques de l'histoire orientale, comme le dit si bien M. Quatremère, qui présentent une série de faits aussi multipliés et aussi intéressants que ceux du règne de Scliah-Rokli (i). Protecteur éclairé des sciences, il attirait à sa cour de Hérat (2) tous les hommes distingués par leurs connaissances, et les comblait de bienfaits. La bibliothèque qu'il avait formée, montrait assez son amour pour les livres, et on sait qu'il entretenait des rapports littéraires même avec le sultan d'Egypte (3). Né à Samarcande en 779 de Thégire (1377 de J. G.) (4), il prit part de bonne heure

(i) M. Qiiatremère, Mém. hist. sur la vie de Schah-Rokli (Journal asiatique, V^ série, t. II, [). 198 et siiiv.). — M. Priée [Chronolng. rétrosp., t. III, p. /|85) avait laissé tout à faire à notre illustre orientaliste, qui s'est prineipalement servi, pour ce travail, du manuscrit d'Abd-Errazzak.

(2) M. Qnatremère, Uist. des Mongols de Perse ^ Vie de Raschid-eddin, p. 84. — Voy. aussi Mém. sur la vie de Schah- Rohhy 1. c., p. 21 3. M. Quatremère indique à ce sujet Gonzalès de Clavijo, Vida del gran Tamorlan, 2® édit., p. 129.

(3) M. Quatremère, /o«A«. asiat., 1. c. , p. 196 et 197.— Mémoire sur le goût des livres chez les Orientaux, p. 32 et 44. — Hist. des Mongols de Perse, Vie de Raschid-eldin , p. 80; et voyez aussi p. 83 et 84.

(4) M. Quatremère, Journal asiatique, 1. c., p. 207. On lit dans Pococke, Supplementum historiœ Abul-Faragii , i663,

( .53 ) aux conquêtes de son père, et, pendant un règne de plus de quarante ans, il sut faire respecter sa puissance, et maintenir l'union de ses vastes États par une adnninistration vigoureuse. A l'exemple de plusieurs rois mongols, il reçut le surnom de Behadur^i) (le vaillant), et ce surnom sert à le distinguer de deux autres Schah-Rokh (2), qui vinrent

p. 54 et 55 : « ^UaL- j>>L^j ^\ tlt>. Obiit mense Dul. Hajja « anno hegirae octingentesimo quinquagesimo, ciim regnasset «. quadraginta très annos et vixissetam>(?r septuaginta iinum. » — Par une coïncidence assez singulière, Schah-Rokh, quatrième fils de Tamerlan, fut le père d'Oloug-Beg, que l'on peut à juste titre surnommer le prince des astronomes orientaux, et qui fonda, àSamarcande, un observatoire rendu célèbre par ses travaux. Deux cents ans auparavant, Touli , quatjième fils de Tchenghiz-khan, donnait naissance à Houlagou-khan , protecteur des sciences , et auquel on doit l'observatoire de Maragah.

(i) Voyez, pour les princes de l'Orient qui ont pris ce surnom de j^L^ , Fraehn, Recensio num. Muhamm., t. I, p. 721, et les renvois qu'il indique. Lindberg, Lettre à Brônsted sur quelques médailles cufiques, in fine; Copenh., i83o.

(2) Le premier^ Schah-Rokh-Mirza, quatrième fils d'Abou- Saïd , mena une vie misérable jusqu'en i/igS (voy. d'Herbelot, Bihlioth. orient., p. 38). Le second, petit-fils de Nadir-Schah, fut épargné dans le massacre de sa famille, ordonné en ly/»?* (Biographie universelle, t. XXX, p. 536.) — M. Fraehn a décrit une monnaie à demi effacée de ce prince [Recensio num. Muhamm., t. I, p. 496. — -Voyez aussi Erdmann, Num.asiat. cas., t. II, p. 717; Tychscn, Intr. in rem numariam, p. 97 , et Tychsen. additamenla, p. 68. — Nous avons fait remarquer ailleurs que le manuscrit arabe de la Bibliothèque du Roi, n** 1 1 38, avait été apporté en Europe par le voyageur Wansleb, près de

( 254 ) après lui. Ce nom de Bebadur se trouve marqué sur le sceau dont nous nous occupons, et c'était un premier indice qui pouvait conduire à la découverte de la vérité. M. Reinaud avait vu, dans la collection de M. le duc de Blacas, une monnaie à demi effacée de Scbah-Rokh, fils de Timour, f sur laquelle on lisait le mot Behadur\ malheureusement ce savant orientaliste ne l'avait plus à sa disposition (i); et comme on ne trouve l'empreinte d'aucune des médailles de Schah-Rokli dans les ouvrages de numismatique publiés jusqu'à ce jour, il nous élait impossible d'avoir un point exact de comparaison. Nous pensâmes que notre seule ressource était de recbercber si quelques-uns des manuscrits de laBibliotbèque royale ne contenaient pas d'autres cachets ayant appartenu à des princes Timourides , et si la description de quelques-unes de leurs monnaies ne suffirait pas pour nous conduire à la solution du problème.

III. On sait que chez les Orientaux , comme en Europe, le principal usage des cachets est de constater la propriété (2); aussi trouve-t-on pres-

cent ans avantla naissance du petit-fils de Nadir-Schah. [Comptes rendus des séances de V Académie des sciences, 14 mars i836.)

(1) Voyez plus haut, p. 246.

(2) M. Reinaud, Description du cabinet de M. le duc de JBlacas, 1. 1, p. 118. — Voy. aussi p. 49, 8a, 84, 86,

(^55) que toujours en tête de leurs livres l'empreinte dé leurs devises. Sous ce rapport, les manuscrits que Ton a recueillis dans nos bibliothèques pourraient être l'objet d'un travail très-curieux, si le dernier propriétaire n'avait pas, la plupart du temps, le soin barbare de gratter minutieusement les cachets apposes sur quelques-uns des feuillets par ses devanciers (r). D'un autre côté, il arrive quelquefois que l'inscription de ces cachets comprend une louange adressée à Dieu , ou quelque éloge pour un homonyme que l'on choisit comme patron; mais le plus ordinairement, comme les voyageurs l'ont observé, elle offre le nom de la personne qui a fait copier le manuscrit ou qui l'a acheté, avec une date qui indique l'époque où elle vivait. On peut voir, à la Bibliothèque royale, de nombreux exemples de ces cachets de diverse nature ; et nous avions l'espérance d'en découvrir quelques-uns qui se rapportassent aux Timourides de la Transoxiane : M. Reinaud avait bien voulu nous faire savoir qu'il existait, à la Bibliothèque royale , des manuscrits ayant appartenu au célèbre Oloug-Beg, fils et successeur de Schah- Kokh , et que ces manuscrits étaient marquée

(i) Le manuscrit arabe n" 1 1 38 en offre même un exemple j le cachet marqué au fol. io6 est presc|ue entièrement effacé.

( a56 ) d'un sceau particulier différent de celui de son ^ père (i). Ce fait était fort important, parce qu'il prouvait qu'après la mort de Schali-Rokb on n'avait point continué à imprimer son cachet sur les livres dont on avait pu enricliir la bibliothèque qu'il avait formée ; mais le savant académicien n'ayant point pris note du numéro de ces manuscrits, il nous fut impossible de les retrouver. Nous eûmes cependant l'occasion d'examiner un manuscrit persan qui paraissait avoir été copié pour Oloug-Beg, et qui portait plusieurs empreintes d'un sceau à légende : ce manuscrit avait à nos yeux d'autant plus de prix que, nous occupant en ce moment d'un grand travail sur les ouvrages d'Oloug-Beg , le dernier et le plus célèbre des astronomes de l'école arabe, tout ce qui se rattache à l'histoire de ce prince devait être pour nous d'un vif intérêt; mais nous reconnûmes bientôt avec regret qu'il ne s'agissait pas d'OIoug-Beg , fds de Schah-Rokh. Les annales mongoles font, en effet, mention de trois princes de ce nom : le pre-

(i) Sur cette indication , nous avons annoncé [Comptes rendus des séances de V Académie des sciences , 28 mars i836) qu'il existait, à la Bibliothèque royale, des manuscrits marqués du sceau d'Oloug-Beg; on verra plus loin que ces manuscrits avaient été copiés pour un autre prince du nom d'Oloug-Beg, postérieur de cinquante ans au fils de Schah-Rokh.

( ^57 ) mier, 01oug-Beg-No>Yain (i), était le plus jeune des fils de Tcbenghiz-khan ; le second, fds de Schah-Rokh et petit-fils de Timour (2); et le troisième , fils d'Abou-Saïd (3), avait le gouvernement de Caboul et de Gazna dans les Indes, vers Tan 893 de l'bégire ( 1487 de J. C.) : c'est à ce dernier que le manuscrit persan dont il s'agit appartenait (4). Quant à la légende du sceau marqué sur

(i) Abul-Faragii, Hist. comp. dynast., édition Pococke , p. 3o5-465, 3o6-4f)6 , 309-472, ^J^J <^t^ ^t.

(9) M. Quatremère, Mémoire historique sur la vie de Scliah- Rokh [Journ. asiat., 3^ série, t. II, p. 209). L'an 796 de l'hégire (1393 de J. C.) fut l'époque de la naissance d'Oloug-Beg, fds de Schah-Rokh. — Pococke, Supp. hist. Abul-Faragii , p. 55, l'appelle ^.LÎaL, ^tX.j sJ! J,jvX*JI <^CU1. — Le nom est

écrit v^^X.^ f^j' ^''^"^ ^^ ^'^ ^^ Timour (Ahm. Arabsiadae, Vita Timiiri, édit. Manger, t. II, p. 776 et 777. — Hyde, Tabulée Stellarum) etc., écrit ^tC^j ôJ! Ulugh-Boigh; Gravius, Epochœ cclebhoreSj etc. , TJlug-Beig; Assemani, Catalog» dicodici, 1. c. , p. 3i, TJlug-Beigh ; enfin on le nomme Mirza- Mohammed-Taraghi-Oulough-Beyg dans la Biographie universelle j t. XXXII, p. 267. Voy. aussi d'Herbelot, Bibl. orient., p. 914. Nous suivons l'orthographe adoptée par M. le chevalier Jaubert.

(3) D'Herbelot, i5/R orient., p. 38.

(4) On lit en tête du manuscrit persan ^suppl. n<* 16 , fonds Polier (recueil de poésies persanes copiées pour le sultan Oloug-Beg) :

■ ( ^58 ) plusieurs des feuillets, elle est partout grattée avec une sollicitude bien regrettable; il nous a été cependant possible de reconnaître que ce n'était point le sceau de Schab-Rokh, et même de déchiffrer une date positive, celle de 967 ( i55o de J. C.) (t), qui nous reporte à la huitième année de la vie d'Akbar (2) : cette date suffît pour montrer qu'à cette époque les princes Timou rides n'avaient point conservé l'usage de marquer les manuscrits de leur bibliothèque du cachet de Schah-Rokh, et on ne doit point oublier que ce n'est qu'en 16 10 que, pour la première fois, la découverte de la variation a été signalée à l'Europe savante.

Pour compléter nos recherches, il nons restait

Cette dédicace est répétée au commencement de chaque poëme.

(i) Man. pers. suppl. n** 16, fol. i65 (fonds Polier). Nous avons pris une empreinte exacte de ce cachet presque entièrement effacé ; mais il nous a été impossible d'y découvrir autre chose que cette date \^y, 957 (i55o de J. C).

{1) Baber régna jusqu'en i53o; Homaioun, de i53o à i552; Akbar, de i552 à i6o5. Voyez d'Herbelot, Biblioth. orient, , p. 456. — Langlès fixe l'avènement d' Akbar à l'année i555 [Biogr, universelle^ t. I , p. 3 60).

àpasser en revue les divers recueils de numismatique orientale qui ont été publiés; mais nous devions reconnaître bientôt qu'ils nous offriraient peu de secours : à peine ça et là quelques moiir naies des Timourides sont-elles indiquées, et c'est un fait qui mérite d'être constaté. Tandis que l'on possède presque toutes les médailles de$ Tchenghiz-khanides, on n'a jamais cherché, à ce qu'il paraît, à former une collection de celles de leurs successeurs ; et il fallait qu'elles fussent d'une extrême rareté^ pour qu'en i8i5 on considérât comme une véritable découverte la mention que M. Frœhn faisait de deux monnaies de cuivre de Tamerlan , dans son Niunophylaciuni orientale pototianum, imprimé à Kasan (i). Ces deux monnaies portaient les trois ronds disposés en triangle que l'on marquait, au rapport de Ruy-Gonzalez-Clavijo et d'Ebn-Arabschah, sur les monnaies et sceaux de Timour, et qui ont été signalés par M. de Sacy dans son mémoire sur le cachet de Tamerlan , placé à la suite de la lettre de ce conquérant au roi de France Charles VI (2).

(i) Magasin encyclopédique, année i8i5 , t. II, p. 435.

"FrsEhn, Numophfl. orient, potot., p. ^9 , et dans les additions et corrections.

(2) Moniteur de 1812, n** 226, et Mémoires de V Académie des inscriptions ,

( 26o ) M. Fî'sehn en indiquait, en même temps, une autre qui a été donnée dans le tome XIV des Mémoires de la Société royale de Gœttingue , en 1778 (i), par ïychsen , sans que ce savant l'eût déchiffrée ; on n'y voit pas le type des trois ronds, et on doit l'attribuer, à proprement parler, au sultan ou plutôt au fantôme de sultan Mahmoudkhan , au nom duquel Timour exerçait l'autorité souveraine , si nous en croyons Schérif-eddin. M. Marsden rapporte en effet , d'après cet historien (2) , que la postérité de Tchenghiz-khan avait conservé le privilège de porter le titre de khan et de sultan, et que Tamerlan n'osa le prendre que lorsqu'il eut fait la conquête de la Transoxiane, en 771 de rhégire (iSôq de J. C. ); qu'en conséquence il reconnut comme sultan , à la place d'Houssain (T) mis à mort en 1367, Soyourgatmisch (4)? puis son fils Mahmoud (5), en 790

(1) Mag. encyclop., i8i5, t. II, p. 435. Les monnaies de Tamerlan indiquées par M. Frœhn, dit M. de Sacy, méritent d'autant plus d'attention qu'on n'en connaissait encore aucune de ce conquérant. — M. Frœhn est revenu sur cette monnaie, dont parle Tychsen. Voy. Beitrage zurMuhnmm. Manzkunde , p. a8.

(2) Marsden, ISum. orient., t. I, p. 278.

(4) ^à^'^ .^^ D'Herbelot, Bihl. orient., p. 464.

(5) «^^v^^"* — Deguignes l'appelle tantôt Mahmoud Schah

( 26. ) ( i388 de J. C), dont il ne se qualifiait que le vizir ou le lieutenant, ajoutant à son nom répithète de Gourgan, qui sx^mïie gendre ou proche parent (i),et qu'il ne négligea de nommer des kbans de la famille de Tchengliiz-kban qu'après l'année 800 (1397 ^^ ^' ^0- Mais ces diverses assertions ne sont point toutes exactes ; les mémoires autographes de ïimour, dont M. Stewart a donné en partie la traduction en i83o, prouvent que ce prince avait pris, dès l'année 771 (i369 de J.C), les titres de sultan et de khakan (chef suprême) (2), et , s'il laissa quelques prérogatives royales à

(Hist. des Huns , t. I, p. 286), tantôt Mahmoud-khan (t. V, p. 68). — Mag. encyclop., 181 5 , t. II , p. 436,

(i) Voy. Hyde , Tahulœ stellaritm, etc., praefatio , p. 4. — Frœhn, De 7iuni. Bulgharicorum, etc., 1816, p. 8.

(a) Stewart, The Mulfuzat Timurj or autobiographical memoirs of the Mogul emperor Timur, p. i3i, i33 et suiv. — On lit, p. i37 : « The (Khetyb) preacher comnienced the Khutbeh « in my name in thèse words : ô Lord , assist the muselman « armies and camps whcrever they are or wherever they may « be, whether in the east, or in the west, by the good fortune « of the just Sidtan, the illustrions Khakan (title of theTurkish « sovereijj;n], the renowned emperor, the exalted prince, the «khakan son of the khakan amyr ïimur Gurghan, may God « ahniglity jjerpctnafe his dominions and govcrnment, and « extend his berieficence and justice to ail Muselmans. » — — Ceci se rapporte à l'année 1369. — On trouve, p. i38 : « The Khutbeh was read for my success froni the pulpit of « Samerkand, being now the capital of my empire, etc. »

Soyourgatmiscli et à Mahmoud , bien loin de se considérer comme le lieutenant de ces princes, il en fit ses mandataires. — M. Frœlin nous fait connaître , mais sans en donner le dessin , une monnaie de Soyourgatmisch (i), et M. Marsden ne donne la description que d'une monnaie de Mahmoud-khan (2) ; c'est la seule médaille que ce dernier ait trouvée des Timourides, et,, si nous

(i) Fraehn, JSovœ symbolœ ad rem numar. Muhamm., 1819,

p. 37. Voyez aussi Rec. num. Miihamm., t. I, p. 424..^^

,)^y^ syv^ r:f^ ,^ji iT-r^^ — Sujurghatmyschi Jar-

likum (s. mandatum) Emir Timur Gurekan. Ann. 785 (i383 de

J. C). — Voy. aussi Erdmann , iV«w. as., t. II, p. 571.

(2) Marsden, Numism, orient, illustr., t. I, p. 277. ^LLL. .\^\S )jv^rf 1 .j'-^ ^jt^^ ' M' Fï'sehii, 1. G., p. 425 et suiv., cite quelques monnaies de Mahmoud-khan de 795 (1392 de j, C.). — Voy. aussi Erdmann , Num. asiat., t. II, p. 673 et suiv. — Il faut joindre à ces médailles, d'après M. Soret [Trois lettres sur des monnaies cujiques rares ou inédites du musée de Genève, 1841, p. ii-i3), une pièce de Mahmoud, dernier grand khan du Dschagataï, sous la hante juridiction de ïamerlan , et celle que M. Fraehn a décrite à la fin de son mémoire sur les Khans Houlagou. Le revers porte , comme la précédente : // ny a de Dieu que Dieu ; Mohammed envoyé de Dieu, et l'avers porte non-seulement les noms de Mahmoud- Khan et de Timour, mais encore celui du sultan Mohammed, successeur désigné à l'empire. M. Fraehn donne de plus, dans une note, la liste des monnaies connues de Tamerlan. En voici le résumé : à Samarcande, années 791 , 793 , 79^, 799 , 800, et sans date, dans les villes de Ousch, lezd , Sultaniah , Ersendschan , Amid , Derbend , etc.

( 263 ) consultons les écrits de Clewberg, d'Aurivilius,de Hallenberg (i), ceux de Castiglioni et d'Assennani (2), de Tycbsen (3) et d'Adler (4), nous voyons que ces savants n'ont pas été plus heureux. C'est à M. Fraehn et à Erdmann seulement que nous pouvons nous adresser pour avoir quelques documents malheureusement très-incomplets, puisqu'ils n'ont pu reproduire par la gravure l'empreinte des monnaies qu'ils ont eues sous les yeux. Chacun d'eux parle d'une médaille de Schah-Rokh, fils deTimour : la première, frappée à Samarcande en 83o de l'hégire (i4îi6de J. C), porte d'un côté: Sultanus supremus Emir Schah-Rokh-Behadur , perpétuel Deus regnum et imperium ejus^ et, sur le revers, le svmbole sonnite avec les noms des

(i) Hallenberg, Coll. num. cufic, Stockholmiae, 1800. Il y rappelle un autre opuscule de sa composition, publié en 1796 sous ce titre : Disquisitio de nomine Gud ex occ. nummi cufici.

(2) Voy. aussi Descrizione di alcune moneti cufiche delmuseo Mainoni^ p. 98 et 94, et les observations sur cet ouvrage, publiées à Milan, en 1821. — Assemani , Mus. eu fie. NanianOy p. III. — Il s'arrête à Abou-Saïd-Behadur, vers Tannée 736 (i335 de J. C).

(3) Tychsen, Introductio in rem numariam. Il ne parle que de Schah-Rokh , petit-fils de Nadir-Schah, p. 197 , et p. 68 de ses Additamenla.

(/,) Adler s'arrête, comme Assemani, à Abou-Saïd-Behadur 736 (i335 de J. C). Collect. nova numorum ciificorum, p. 122, «t Muséum cuficum Borgianumy p. 77.

quatre premiers khalifes (i); la seconde frappée, à Samarcande en 822 (i4ï9 de J. C. ) et à demi effacée, offre la même légende (2). Ces deux médailles ne pouvaient nous servir qu'à constater l'iden- ^ tité du surnom de Behadur adopté par le fds de ïamerlan^, et, comme on ne trouve nulle part l'indication d'autres monnaies des Timourides de la Transoxiane , nous désespérions de pouvoir établir de comparaison matérielle entre le cachet de Schah-Rokh et quelques-unes de ces monnaies. Le sceau dont parle Baber (3) dans ses mémoires n'était qu'un nouvel indice à ajouter à ceux que nous possédions, sans nous fournir une

(i) Fraehn, Rec. num. Muhamm., t. I, p. 43o.

(2) Erdmann, Num. asiat., t. II, p. 674.

....iic-^l ..Li....

Aj-f

àJLlal*..j

(3) Mail. pers. (fonds Ducaurroy), u" 35 , fol. 17 r", lig. 6.

( 265 ) preuve suffisante, lorsque nous avons été assez heureux pour nous procurer, par l'intermédiaire de M. Reinaud , deux pièces en argent de Schah- Rokli, dont nous reproduisons ci-après le dessin (i), et qui présentent, sous le rapport des caractères, une conformité si parfaite avec le cachet du manuscrit j i38 de la Bibliothèque royale, qu'on ne peut conserver le moindre doute sur son authenticité.

IV. La première de ces monnaies a été frappée à Hérat (2); elle fait partie de la collection de médailles formées à la Rochelle par les soins éclairés de M. Guillemot, fds aîné. M. Reinaud, l'ayant eue quelque temps entre les mains, voulut bien me la communiquer, et il me fut permis d'en prendre l'empreinte; elle porte d'un côté : v.^ j-cs Cusus est Jâa^i *lM*Ji SuUanus supremus

^j~i jl J!^. Voy. aussi la traduction anglaise, p. 17, et la note. — Chardin, Voyages en Perse, t. V, p. 461.

(1) Voyez la planche indiquée plus haut, p. 2/,5, n^** 2 et 3.

(2) Fraehn,/?ec. num. Mukamm.y t. I, p, 116 et 607. — M. Quatremère, Histoire des Mongols de Perse, Vie de Raschid-eldin, p. 8/j. — Prinscp, The Journal of the asiatic Society of Bengal, vol, III, p. 9 et sniv. — Ce fut en 818 (i/jiS de J. C.) que Schali-Rokh releva la ville de Hérat, que son père avait détruite, et qu'il en fit sa capitale. La médaille est donc d'une époque postérieure à 14 1 5.

. Jt jJU.j^L^ ^j »Li» Schah-Rokh Behadur, perpétuel Deus

'i\ja> Hérat

.... Lhiwj i^lfi Regnum ejus et imperi. . . . (um) ;

et de l'autre côté, en carré :

yX^ *3i)l '^t di\ ^ Non Deus nisi Deus; Mohammed *^it J^j legatusDei; et, sur les bords du carré, les noms des quatre premiers khalifes :

..c »Lyi-c j^s. . . ..! Aboubèkre, Omar, Othman, Ali. La seconde de ces monnaies, achetée récemment par le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, provient de la collection de M. Schultz; elle a été frappée à lezd (i) en 142 5, et nous en devons le dessin à l'extrême obligeance de M. Longpérier.

On lit d'un côté :

^yj v^^ w*to Cusus est lezd

Jâo^l iLhLJI Sultanus supremus

éwt jiâ. j«5L^ ^j ïLi» Schah Rokh Behadur, perpétuel Deus

AjUaL-j àxJU Regnum et imperium ejus

Af ^ OU.W Anno 829 (i425).

(i) Voyez, sur la ville d'Iezd (Jesda), Aboul-Féda, p. 33o et 332 ; et Fraehn , Recensio num. Muhamm,, t. I, p. ki^ et 5o2. M. Frœhn, 1 c, indique une monnaie du sultan Mahmoud frappée à lezd. — Voyez aussi les détails que donne sur cette ville (Yezd), M. le chevalier Am. Jaubert, dans sa tra duction de l'Édrisi, 1. 1, p. 391, 4o3y 4^9» A36, 433*

De l'autre coté, comme sur celle de M. Guillemot, dans un carré fort régulier :

'^t à)t "^ Non Deus nisi ft\3l J^*-j «-^^ êJJt Deus, Mohammed legatus Dei;

et sur les bords de ce carré :

-..ô tUyi& j»yC j\i ^\ Aboubèkre, Omar, Othman, Ali.

V. L'examen de ces monnaies nous permet de conclure que le sceau marqué sur les feuillets du manuscrit arabe ii38 appartient évidemment à Schah-Rokh, fils de Tamerlan ; il offre le même type sous le rapport des caractères et sous le rapport des surnoms donnés au fils de Tamerlan, et cette identité résout la question que nous nous étions proposée. Un fait récent est encore venu confirmer nos premières assertions. La médaille de Schah-Rokh , qui devait se trouver dans la collection de M. le duc de Blacas, est revenue entre les mains de M. Reinaud, et l'empreinte que nous en avons donnée (i) justifie pleinement les in-

(i) Voyez la planche indiquée p. 245, n° 4. Cette monnaie, presque entièrement effacée, faisait partie d'un collier. On lit d'un côté :

(^31 ^j^j) j..^ ^t ^t Jt "^

Et de l'autre côté :

( 268 ) dications que ce savant académicien avait eu la complaisance de nous transmettre. D'un autre côté, les livres qui composaient la bibliothèque de Schali-Rokh ont dû être estampilles de son vivant, c'est-à-dire, entre les années i/\o5 et i447? chacun des successeurs de ce prince ayant eu son cachet particulier; et si l'on songe que la découverte de la variation par Tycho-Brahé ne fut rendue publique qu'en 1610, on reconnaîtra aisément que la priorité de cette découverte , que nous croyons devoir restituer à Aboul-Wéfa de Bagdad (mort en 998 de J. C), appartient bien réellement aux Arabes, puisque le manuscrit qui nous a paru contenir ce fait important , quelle que soit d'ailleurs la date exacte de sa copie , a fait partie de la bibliothèque d'un prince de la Transoxiane, qui vivait près de deux cents ans avant l'astronome danois.

INous ne terminerons pas ce mémoire sans exprimer de nouveau le désir que la collection de monnaies orientales que possède le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, et qui est encore malheureusement fort incomplète, reçoive enfin tous les accroissements qu'on est en droit d'attendre de la haute intelligence de MM. les conservateurs, et du zèle infatigable de ces nombreux voyageurs que l'amour de la science attire cha-

(-69) que jour dans les contrées les plus reculées de l'Asie.

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