SCÈNE PREMIÈRE
LANDAIS, entrant, suivi de JEAN DE FON’TE- N AILLE, de JEAN DE Y1TKÉ et de plusieurs Domestiques.
landais.
Qu’on ne me parle plus d'affaires ! j'ai la tête Prise par d’autres soins! Je prépare une fête,
Une fête brillante; et je veux qu’à ma voix Tous les cnchanteinens accourent à la foisl Loin de moi les soucis dont j’étais tributaire l J’abdique, entendez-vous? Richard trois d’Àngle-
[ terre,
Sa hallebarde au poing, monarque rodomont.
Nous peut redemander le duc de Hichomond.
Scs royales fureurs n’ont plus rien qui m’effraie! Il n'est qu’un bien réel et qu’une chose vraie! C’est l'amour de ma fille! et je l’ai retrouvé Ce bien dont si long-temps mon amour fut privé. Mon Ame sous sa joie immense, inattendue.
Hésite et doute encore, et chancelle, éperdue! Viennent mes ennemis ! ce trésor qu'on me rend Armera contre eux tous mon cœur indifférent.
Oh ! qu’ils aiguisent bien leur colère et leur glaive I Ces jaloux insulteurs de tout ce qui s’élève!
Que leurs sombres clameurs nie suivent pas à pas; Poursuivant dans un grand la grandeur qu'ils
[n’ont pas.
Que me font maintenant leurs haines acharnées 1 Mon Ame refleurit à ses jeunes années !
Une fête, vous dis je! une fêle! Ecoutez!
Des chansons et des fleurs, des voix et des clartés. Que chaque mur rayonne, et que chaque front brille; Car aujourd'hui Landais va marier sa fille.
Tout le monde sort.
Ma fille 1 je l'ai vue! et j’ai pu l’embrasser!
Sur mon cœur paternel je viens de la presser! Qu'elle est belle ! sa voix comme elle était émue! Une voix dont l'accent persuade et remue.
Elle aime ce llrorniud, cl vraiment aujourd’hui
Son cœur battait pour moi moins encor que pour
[lui !
Us seront donc époux ce soir ! Pourvu que l’autre... Rah ! son pouvoir peut-il lutter contre le nôtre I Un paysan ! D’ailleurs nous saurons l’éloigner... Et quant à leur rabbin, nous allons le gagner. Précisément ici je l’ai mandé, peut-être...