CHAPITRE X
Ce que m''avait dit Ursule de la possibilité de mon mariage avec M. de Lancry me fit profondément réfléchir lorsque je me trouvai seule. Peut-être, sans les remarques de ma cousine, serais-je restée longtemps sans me rendre compte de Pimpression que le neveu de M. de Versac avait faite sur moi. Je m** interrogeai franchement, en mettant de côté la prévention favorable qu inspirent toujours chez un homme Pextrême distinction des manières , un beau nom et une très-jolie figure. Je me demandai si le souvenir de M. de Lancry me troublait, si je ressentais pour lui quelque intérêt. Il me sembla qu''il m'était absolument indifférent; je m''étonnais seulement d'avoir été désagréablement affectée en le voyant danser avec madame de Richeville.
Enfin, je ne ressentais rien qui me parût ressembler à Tamour, à ces premières émotions qu'ion rêve toujours si sereines et si douces. Et puis, d'ailleurs, je pensais qu'il me faudrait peut-être lutter de toutes mes forces contre ce sentiment s''il naissait en moi : il pouvait me rendre la plus malheureuse des femmes ; car M . de Lancry ne le partagerait peut-