CHAPITRE XIV
En voyant M. de Lancry, je ne pus m*'empècher de rougir encore d'indignation en songeant aux calomnies dont je le croyais la victime.
— Je vous fais descendre , Mathilde , — me dit ma tante, — parce que voilà Gontran qui m'obsède de questions à propos de la corbeille. 11 me demande quel est votre goût, quelles sont les parures que vous désirez. Il vaut beaucoup mieux que vous lui disiez cela que moi... Arrangez-vous ensemble... faites ce beau travail. Voilà de quoi écrire.
Et elle me montra son bureau, car nous étions dans sa bibliothèque. Servien entra au même instant , et dit à sa maîtresse :
— Mademoiselle , M. Bisson est dans le salon. .
— Et vous le laissez seul! mais, le malheureux, il va tout briseï! — s''écria mademoiselle de Maran en sortant précipitamment pour s'opposer aux nouveaux méfaits du savant, qui, après quelque temps d'exil , était rentré en grâce auprès d'acné.
Je me trouvai seule avec Gontran. Hésitant à lui raconter la visite de madame de Richeville , je gardais le silence.
Gontran me dit : — Je suis très-content du départ de mademoiselle de Maran , car j'ai à vous parler bien sérieusement.
— De la corbeille? — lui dis-je en souriant.