UNE VISITE
mais je vous trouve d''un tempérament si robuste à l'endroit des peines de cœur que je ne m''en occuperai plus... J''ai dû charitablement vous prévenir de ce qu''on disait sur vous et sur votre bel Alcindor; vous trouvez tout cela parfaitement simple et naturel. Rien de mieux. Seulement, maintenant n'^attendez pas de moi que je vous défende ou que je vous plaigne le moins du monde... Nous verrons où cette belle obstination vous conduira.
Mademoiselle de Maran partit furieuse...
J'étais radieuse de ma fermeté et de l'espèce de révélation que je devais à la visite de mademoiselle de Maran. Peut-être, sans la violence de ses attaques , n''aurais-je pas vu aussi clair dans mon cœur. Jamais je n'aurais osé me poser les questions qu'elle m'avait faites. Il est des suppositions si douloureuses ou si horribles que, par instinct, l'esprit ne s'y arrête pas; mais une fois qu'elles sont admises, une fois qu''on les a résolues , on est presque heureux de les avoir soulevées. La visite de mademoiselle de Maran eut donc un effet contraire à celui qu'elle attendait.
Cette discussion m''éclaira 'davantage encore sur la profondeur de mon dévouement pour M. de Lancry. Avant j'aurais pu douter de moi, alors je n''en doutais plus : j'^avais envisagé sans pâlir les plus terribles chances que cette alTection pût subir... Hélas ! je n'avais que trop besoin de cette puissante conviction pour résister aux nouveaux coups qui me menaçaient.
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