C-ibi'ion cnihrass.Tiit son .nui I'ïik'Il'I — r.vob loG
ailujue la lampe de .M. l'errand. (Juand il sortait le soir, on ne l'atlendail jamais. .le me mis à travailler, el, (outre mon ordinaire, peu à peu le sommeil me gagna... .Mil mon peie ! s'écria Louise en s'interrompant avec crainte, vous allez ne pas me croire... vous allez m'accuser de nieusoiige... et ponrtani, tenez, sur le corps de ma pauvre petite sœur, je vous jure que je vous dis bien la véiilé...
— K\pliquez-vou>, dil llodolplie.
— Hélas I monsieur, depuis sept mois je cherche en vain à m'expliqucr à moi-même cette nuit albcuse... sans pouvoir y parvenir; j'ai manqué perdre la raison en lâchant d'éclaircir ce mystère.
— .Mou llicul mou Dieu! que va-t-elle dire? s'écria le lapidaire, sortant (le l'espèce de stupeur indifférente qui l'accablait par intermittence depuis le commencement de ce récit. — Je m'étais, contre mon habitude, endormie sur
ma chaise reprit
Louise. Voilà la dernière chose dont je mesouvlens... Avant,
avant oh! mon
père, pardon Je
vous jure que je ne suis pas coupable, pourtant...
— .Je te crois '. je te crois ! mais parle.
— Je ne sais pas depuis combien de temps je donnai lorsque je m'éveillai, toujours dans ni.i chambre, mais couchée et désluuiorée par M. Ferrand, (|ui étiit auprès de moi.
— Tu meus, lu mens! s'écria le lapidaire lurieux. Avouemoi que tu as cédé à la violence, à la peur de me voir traiiier en prison, mais ne meus p.is ainsi !
— Mon père, je vous jure...
— Tu mens, tu
mens! Pourquoi
le notaire aurail-il voulu me faire emprisonner,puisque lu lui avais cédé?
— Cédé, oh ! non, mon perc! mon sommeil fut si profond que j'élais comme moi le... Cela vous semble extraordinaire, impossible... Mon Dieu, je le sais bien, car à celte heure je ne peux encdie le comprendre.
— Fa moi je coinpreiids loin, repiil llodolplie en iulerreiiipaiit Louise , ce crimenianqii.iitàcct homme. N'accusez pas voire fille de mensonge, Morel...
Dites-moi, Louise, en dînant, avant de monter dans votre chambre , n'avez-
vous pas remari|iié (|iiêlque goût étrange à ce que vous avez bu ? Ta chez de bien vous rappeler cette circonstance. .\piès un luomeiu de rétlexion, Louise répondit:
— Je me souviens, en effet, que le mélange d'eau et de vin que madame Séiapliiii UK' laissa, selon son habitude, avait un goût un peu amer ; je n'y ai pas alors l'ait altenliou parce que quebpielois la feuime de ( barge s'amiisaîi à nieltre du sel ou du ponre dansée que je buvais.
— El ee jour-là celle boisson vous a semblé aiiière ?
— diii, nioii-ieur, mais pas assez pour m'cmpêcher de la boire; j'rii cru (pie le vin iMail tourné.
Morel, l'ieil (ixe, un peu hagard, écoulait les questions de lîodolj le Il les réponses de Louise sans paraître coaipieiidre leur portée.
LES MYSTÈRES DE PARIS
— Av:iiit âo vous cndoniiir sur voire chaise, n'avcz-vous pas senli voirc Irte iicsiinlc, vos jamlx's yloiirilii-- ?
— Oui, monsieur; les icnipes me ballaieiil, j'avais un léger frisson, j'étais mnl à mon aise.
— Oli ! le miséralile ! le misérable! s'écria Rodolphe. Savez-vous, Mord, ce qne eel homme a fait, hoirc à votre tille?
L'artisan regarda lliidolphe sans Ini M'ixindie.
— La femme de chaige, sa comiilice. avait mrlc dans le breuvage de Louise lin soporiliqne, de l'opinni, sans donle ; les forces, la pensée de votre fille, ont é.'é paralysées pendant (pielqiics heures; en sortant de ce sommeil létharçique, elle était déshonorée !...
— Ah ! maiiucnant, s'écria Louise, mon malheur s'explique. Vous le voyez, mon père, je suis moins coupable que je ne le paraissais. Mon père, mon père, réponds-moi donc !
Le regard du lapidaire était d'une effrayante fixité.
Une si horrible perversité ne pouvait entrer dans l'esprit de cet homme naif et honnèlc. Il comprenait à peine cette affreuse révélation.
lit puis, laul-il le dire, depuis quelques monienis sa raison lui érhappaii; par instants ses idées s'obsciM'cissaicnl ; alors il tombait dans ce néant de la penst'c qui est à l'inlelligencc ce que la nuit est à la vue... formi- (l.d)le sympionie de l'aliénation mentale.
Pourtant Morel reprit d'une voix sourde, brève et précipitée :
— Oh ! oui, c'est bien mal, bien mal, tres-mal.
lit il retomba dans sou apathie.
Ilodolphe le regarda avec anxiété, il crut que l'éneigie de I indignati(ui commençait ;i s'épuiser chez ce malheureux, de même (|u'à la suite de violents ch.igrins souvent les larmes manquent.
\onlaut terminer le plus lot possible ce triste entretien, Ki> iliilplie ilii à Louise :
— C;)urage, mon fu;inl, achevez de nous dévoiler ce tisîu d liorreurs.
— Hélas! monsieur, ;c qne vous avez Mitendu n'est rien 'ucore. En voyant *1. Ferrand auprès le moi, je jetai un :ri de bayeur. .Je 'Oidus fuir", il me
etiiii de force; je me sentais encore si faible, si appesantie, sans donii^ I cause de ce breuvage dont vous m'avez parlé, que je ne pus méhapper de ses mains. — Pourquoi te sauver maintenant? me dit I. l'crrand d'ini air étonné qui me i onfondit. Quel est Ion caprice ? Ne iiis-je pas là de ton conseulemeul? — Ab ! monsieur, c'est indigne, ii'écriai-je; vous avez ;ibusé de mon sommeil pour nie perdre! .Mon èic le saura. Mon maître éclata de rire. — J'ai abusé de ton siimmeil, loi ! mais tu plaisantes? A qui feias-lu croire ce mensuiige? Il est ipiare heures du matin, .le suis ici depuis dix heures; lu aurais doruii bien lugleiiips et bien opiiiiàlriMiient. Avoue donc piiiiot (pu- je n'ai l'.iit (pie roliter de la biinne volonté. Allons, ne sois pas ainsi capricieuse on DUS nous lâcherons. Ton |ière est en mon pouvoir; lu n'as plus de rai-
dn matin dans une chambre an-dessous de celle-ci. N'auiait-il pas entendu tes cris, le bruit dune lutte pareille à celle que j'ai soiitinue en bas contre toi, niéchanle, quand tu n'étais pas aussi raisonnable qu'aujourd'hui? Lh bien !
sons niaiilenanl pour me repousser ; sois soumise et nous serons bons amis : sinon, prends gaide. — Je dirai tout à mon père ! m'ecriai-je : il saura me venger. Il y a une justice. M. Ferrand me regarda avec sur- [trise. — Mais tu es donc décidément folle ? Et (pie diras-tu à ion perc ? Un'il l'.i convenu île nie recevoir ici? Libre ;'i toi... tu verras comme il t'accueillera. — Mon Dieu ! iii:ms cela n'est pas vrai. Vous savez bien que vous été, ici malgré moi. — Malgré loi ? fii aurais l'eflrcnterie de soutenir c<; mensonge, de parler de violences ! Veii\-tii une preuve de ta lausselé? J'avais ordonné à Germain, mon caissier, de revenir hier soir, à dix heures, terminer un travail pressé; il a travaillé jusqu'à une heure du matin dans une chambre au-dessous de celle-ci. N'auiait-il pas en tend ■■■••■■ •
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interroge demainGerniain, il affirmera ce qui est : que cette nuit tout a été parfaitement tranquille dans la maison.
— Oh ! toutes les précautions étaient prises pour assurer son impunité, dit Hodolplie.
— Oui, monsieur, car j'étais aliénée.
A tout ce que me disait M. Ferrand, je ne trouvais rien a répondre. Ignorant quel breuvage il m'avait fait prendre, je ne m'expliipiais pas à moi-même la persistance de mon sommeil. Les apparences étaient contre moi.
Si je me |ilaigiiais, tout le monde m'accuserait ; cela devait être, puisque pour moi-même cette iiuil affreuse et:iilniiiiivs-
Loiiise Morel oiilcrrnnl son ciifaiil
tère inipénélrable.