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CHAPITRE IV

Un Rai'iii.

Le passage de la Brasserie, passage ténébreux et assez peu connu, quoique situé au centre de Paris, aboulil d'un cfilé à la me Traversière- Saint-llonuré, de l'aulre à la cour Saiut-tiuiliauine.

Vers le milieu de celte ruelle, humidi', boueuse, sombre et triste, où presque jamais le soleil ne pénèlre, s'élevait une maison garnie (vulgairement un g.nni, en raison du bas prix de ses loyers).

Sur un méchant écriteau ou lisait : Chambres et caliiuels meublés ; à droite d'une allée obscure s'ouvrait la porle d'ini magasin non moins obscur, où se tenait habiluelleinent le piincijial IdcataiKMlu garni.

Cet homme, dont le nom a été plusieurs fois iiromuieé à j'ile du Ravageur, se nomme Micou : il est ouvertement marchand de vieilles ferrailles, mais secrètement il achète et recèle les niéiaux volés, tels que fer, plomb, cuivre et étain.

Dire que le père Micou était en relation d'affaires et d'amitié avec les Martial, c'est apprécier suffisamment sa moralité.

Il est, du reste, un fait à la fois curieux el effrayant : c'est l'espèce d'affiliation, de communion mystérieuse qui relie presque tous les malfaileurs de Paris. Les prisons en coinunm sont les grands centres où afllnent et d'où relluenl incessarnmcut ces Ilots de coi rnplion (jui envahissent peu à peu la capitale et y laissent de si sanglantes épaves.

Le père Micou est un gros homme de cinquante ans, à physionomie basse, rusée, au nez bourgeonnant, aux joues avinées; il porle un bonnet de lontic et s'envelopiie d'un vieux carrick vert.

Au-dessus du petit poêle de fonte auprès duquel il se chauffe, on remarque une planche numérotée attachée au mur; là sont accrochées les clefs des chambres dont les locataires sont absents. Les carreaux de la devanture vitrée qui s'ouvrait sur la rue, derrière d'épais barreaux de fer, étaient peints de façon à ce que dn dehors on ne pût pas voir (et pour cause) ce qui se passait dans la boutique.

Il règne dans ce vaste magasin une assez grande obscurité ; aux nuirailles noirâtres et humides pendent des chaînes rouillées de toutes grosseurs et de toutes longueurs: le sol disparaît presque entièrement sous des monceaux de débris de fer el de foule.

Trois coups frappés à la porte, d'une façon particulière, attirèrent l'allention du logeur-revendeur-recéleur.

— Entrez ! cria-l-il.

On entra.

— C'était Nicolas, le fils de la veuve du supplicié.

Il était très-p;'de ; sa figure semblait encore plus sinistre que la veille, et pourtant on le verra feindre une sorte de gaieté bruyante pendant l'entretien suivant. (Cette scène se passait le lendemain de la querelle de ce b;mdit avec son frère Martial.)

— Ah ! te voil.à, bon sujet ! lui dit cordialement le logeur.

— Oui, père Micou ; je viens faire aff.iire avec vous

— Ferme donc la porte, alors... ferme donc la porle...

— C'est que mon chien et ma petite charrelte sonl là... avec la chose.

— Qu'est-ce que c'est que tu m'apportes ? du gras-double (1) ?

— Non, père Micou.

— C'est pas du ravage (2) ; t'es trop feignant maintenant; tu ne travailles plus... c'est peut-être du dur (5)?

— Non, père Micou ; c'est du rouget... (4) quatre saumons... Il doit y euavoir au moins cent cinquante livres, mon chien en atout soutirage.

— Va me chercher le rouget ; nous allons peser.

— Faut que vous m'aidiez, père Micou ; j'ai mal au bras.

Et, au souvenir de sa lutte avec son frère Martial, les traits du bandit exprimèrent à la fois un ressentiment de haine et de joie féroce, comme si déjà sa vengeance eût élé satisfaite.

— Qu'esl-ce que tu as doue au bras, mon garçon ?

— Rien... une foulure.

— Il faut faire rougir un fer au feu, le tremper dans l'eau, et mettre ton bras dans cette eau presque bouillante; c'esl un remède de ferrailleur, mais excellent.

— Merci, père Micou.

— Allons, viens chercher le rouget ; je vais l'aider, paresseux !

En deux voyages, les saumons furent retirés d'une petite charrette tirée par un énorme dogue, et apportés dans la boutique.

— C'est une bonne idée, la charrelte ! dil le père Micou en ajustant les plateaux de bois d'énormes balances pendues à une des solives dn plafond.

— Oui, quand j'ai quelque chose à apporter, je mets mon dogue et la charrette dans mon bachot, cl j'attelle en abordant. Un liacre jasera^ peut-être, mon chien ne jase pas.

— Et on va toujours bien chez toi? demanda le receleur en pesant le cuivre; la mère el ta sœur sont en bonne santé?

— Oui, père Micou.

— Les enfants aussi?

— Les enfants aussi. El votre neveu, André, où donc est-il?

— Ne m'en parle pas ! il était en ribolle hier ; Barbillon et le gros boiteux me l'ont emmené, il n'est rentré que ce matin; il est déjà en course... au grand bureau de la poste, rue Jeau-Jacques Rousseau. Et ton hère Maniai, toujours sauvage?

— Ma foi, je n'en sais rien.

— (lonunenl! lu n'en sais rien?

— Non, dil Nicolas en afi'ec'ant un air indifférent : depuis deux jours nous ne l'avons pas vu... Il sera iieut-êlre relourné braconner dans les bois, à moins que son bateau (|ui élail vieux, vieux... n'ait coulé bas au milieu de la rivière, et lui avec... j

— Ça ne te ferait pas de peine, garnement, car lu ne pouvais pas If sentir, ion frère?

— C'esl vrai... on a comme ça des idées sur les uns el sur les autres. Combien y a-t-il de livres de cuivre?

— T'as le coup d'œil juste... cent qu.tranle-huil livres, flion garçon.

— El vous me devez?

— Trenle francs tout au juste.

1) Liimos de plonil) générnlemenl volées sur les toits. i) Uùbris métalliques recueillis par les ravageurs. à) Fer. 4) Cuivre.

LES MYSTÈRES DE PARIS

— Trente francs, quand le cuivre est à vingt sous la livre ? trente francs !

— Mettons trente-cinq francs et ne souffle p:is, ou je t'envoie au diable, toi, ton cuivre, Ion chien et ta clianelte.

— Mais, père Micou, vous me liloulez par troii ! il n'y a pas de bon sens!

— Veu\-tu me prouver comme quoi il t'appartient, ce cuivre, et je t'en donne quinze sous la livre.

— Toujours la mémo cliaiison... Vous vous ressemblez tous, allez, tas de brigands ! peut-oii écurcher les amis comme ça ! Mais c'est pas tout : si je vous prends de la marcliandisu en troc, vous nie ferez bonne mesure, au moins?

— Comme de juste. Qu'est-ce qu'il te l;»ut 7 des chaînes ou des crampons pour tes bachots?

— Non, il me faudrait (piatre ou cinq plaques de tôle iris-lorle, comme qui dirait pour doubler des volets.

— .l'ai ton affaire... quatre lignes d'épaisseur... une balle de pistolet ne traverserait pas ça.

— C'est ce que je veux... justement !...

— Et de quelle grandeur?

— Mais... en tout, sept à huit pieds carrés.

— Bon ! qu'est-ce qu'il te faudrait encore?

— Trois barres de fer de trois à quatre pieds de long et de deux pouces carrés.

— J'ai démoli l'autre jour une grille de croisée, ça t'ira comme un gant... Et puis?

Deux fortes charnières et un loquet p(iur ajuster et fermer à volonté une soupape de deux pieds carrés.

— Une trappe, tu veux dire ?

— Non, une soupape...

— Je ne comprends pas à quoi ça peut te servir, une soupape.

— C'est possible ; moi, je le comprends.

— A la bonne heure ; tu n'auras qu'à choisir, j'ai là un las de charnières. Et qu'est-ce qu'il te fondra encore?

— C'est tout.

— Ça n'est guère.

— Préparez-moi tout de suite ma marchandise, père Micou, je la prendrai en repassant ; j'ai encore des courses à faire.

— Avec ta charrette? Dis-donc, farceur, j'ai vu un ballot au fond; c'est encore quelque friandise que tu as prise dans le buffet à tout le monde, petit gourmand ?

— Comme vous dites, père Micou ; mais vous ne mangez pas de ça. Ne me faites pas attendre mes ferrailles, car il faut que je sois à lile avant midi.

— Sois tranquille, il est huit heures ; si lu ne vas pas loin, dans une heure lu peux revenir, tout sera prêt, argent et fournitures... Veiix-tu boire la goutle ?

— Toujours... vous me la devez bien !...

Le père Micou [irit dans une vieille armoire une bouteille d'eau-devie, un verre fêlé, une tasse sans anse, et versa.

— A la vôtre, i)ère Micou !

— A ia tienne, mon garçon, et à ces daines de chez toi !

— Merci... Et ça va bien toujours, voire garni?

— Coiumc ci, comme ça.... J'ai toujours quelques locataires pour qui je crains les descentes du commisbaire... mais ils payent en conséquence.

— Pourquoi donc ?

— Es-tu béte 1 quelquefois je loge comme j'achète... à ceux-là, je ne demande pas plus de passe port que je ne le demande de facture de vente à toi.

— Connu !... mais, à ceux-là, vous louez aussi cher que vous m'achetez bon marché.

— Faut bien se rattraper... J'ai un de mes cousins qui tient une belle maison garnie de la rue Salnl-IIonoré nii'me que sa femme est une forte couturière qui emploie jusqu'à des vingt ouvrières, soit chez elle, soit dans leur cbainbie.

— Dites doue, vieux obstiné, il doit y en avoir de girondcs (1 ) là-dedans ?

— Je crois bien! il y eu a deux ou trois que j'ai vues quehiuefois apporter leur ouvrage... Mille z'ycux ! sont-<;llcs gentilles ! Une pelile surtout, qui travaille en chambre, qui rit toujours, et (jui s'appelle lljgoleltc... Dieu de Dieu, mon liston, quel douiinage de ne plus avoir ses vingt ans !

— Allons, papa, éteignez-vous, ou je cric au feu !

— Mais c'est honnête, mon garçon... c'est licmnête... - Col :sse.! va... et vous disiez que votre cousin...

— Tient très-bien sa maison; et, comme il est du même numéro que celte petite lli^îolette...

— ilonuête ?

■>- Tout juste !

— Colas !

— Il ne veut que des locataires à passo-porl ou à papiers. Mais s'il

(I) jolies.

s'en présente qui n'en aient pas, comme il sait que j'y regarde moins, il m'envoie ces pratiques-là.

— Ht elles payent en conséquence?

— Toujours.

— Mais c'est tous'amis de la pègre (\) ceux qui n'ont pas de papiers!

— Eh ! non! Tiens, justement, à propos de ça, mon cousin m'a envoyé il y a quelques jours une pratique... Que le diable me brûle si j'y comprends rien... ! ncore une tournée!

— Ça va... le liquide est bon... A la votre, père Micou !

— A la tienne, garçon ! Je te disais donc que l'autre jour mon cousin m'a cnvnyé une prati(|ue où je ne comprends rien. Figure toi une mère et sa bile (|ui avaient l'air bien panées et bien râpées, c'est vrai ; elles poi (aient leur butin dans un moiiehoir. Eh bien ! quoique ça doive être des rien du tout, puisqu'elles n'ont pas de papiers et qu elles logent à la quinzaine... depuis qu'elles sont ici elles ne bougent Ipas plus que des marmottes; il n'y vient jamais d'hommes, mon fiston, jamais d'bomnies;.. et pourtant, si elles n'étaient pas si maigres et si pâles, ça lèraijSfeux laineux brins de femme, la fille surtout ! Ça vous a quinze ou seiàîe ans tout au plus... c'est blanc comme un lapin blanc, avec des yeux grands comme ça... Nom de nom, quels yeux ! quels yeux !

— Vous allez encore vous incendier... Et qu'est-ce qu'elles font, ces deux femmes ?

— Je le dis que je n'y comprends rien... Il faut qu'elles soient honnêtes ; et pourtant pas de papiers... Sans compter qu'elles reçoivent des lettres sans adresse... Faut que leur nom soit guère bon à écrire.

— C(unmeut cela?

— Elles ont envoyé ce malin mon neveu André au bureau de la poste restante, pour réelainer une lettre adressée à madame X. Z. La lettre doit venir de Normandie, d'un bourg appelé les Aubiers. Elles ont écrit cela sur un papier, afin qu'André puisse réclamer la lettre en donnant ces renseignements là... Tu vois que ça n'a |)as l'air de gr.md'chose, des femmes qui prennent le nom d'un X et d'un Z. Eh bien, pourtant, jamais d'hommes !

— Elles ne vous payeront pas.

— Ce n'est pas à un vieux singe comme moi (pi'on apprend des grimaces. Elles ont pris un cabinet sans cheminée, que je leur fais payer vingt francs par quinzaine et d'avance. Elles sont peut-être malades, car, depuis deux jours, elles ne sont pas descendues. C'est toujours pas d'indigestion qu'elles seraient malades, car je ne crois pas qu'elles aient jamais allumé un fourneau pour leur manger depuis qu'elles sont ici. Mais j'en reviens toujours là... jamais d hommes et pas de papiers...

— Si vous n'avez que des pratiques comme ça, père Micou...

— Ça va et ça vient ; si je loge des gens sans passe-port, dis donc, je loge aussi des gens calés. J ai dans ce moment-ci deux commis voyageurs, un fadeur de la poste, le chef d'orcbcstie du café des aveugles et une reuticre, ions gens honnêtes ; ce sont eux qui sauveraient la répulaliou de la maison, si le eomniissairc voulait y regarder de trop près... C'est pas des locaiaires de nuit, ceux-là, c'est des locataires de plein soleil.

— Quand il en fait dans votre passage, père Micou.

— Farceur!... Encore une tournée?

— Mais la dernière; faut que je file... A propos, flobin le gros boiteux loge donc encore ici ?

— En haut... la porte à côté de la mère et de la fdie. Il finit de manger son argent de piison... et je crois qu'il ne lui en reste guère.

— Dites donc, garde à vous! il est eu rupture de ban.

— Je sais bien, mais je no peux pas m'en dépêtrer. Je crois qu'il moule quelque coup; le petit Tortillard, le fils de Bras-ltouge. est venu ici ranlre soir avec Barbillon pour le chercher... J'ai peur ipi'il ne fasse tort à mes bons locataires, ce damné Robin ; aussi, une fois sa quinzaine finie, je le mets dehors, eu lui disant que son cabinet est retenu par un ambassadeur ou par le mari de madame Saint-lldefonse, ma rentière.

— Une rentière?

— Je crois bien ! trois chambres et un cabinet sur le devant, rien que ça .. remeublés à neuf, sans compter une mansarde pour sa bonne... quatre-vingts francs par mois... et payés d'avance par son oncle, à qui elle donne une de ses chambres en pied-à-terre, quand il vient de la campagne. Après ça, je crois bien que sa campagne est comme qui dirait rue Vivienne, rue Saint-Uonoré, ou dans les environs de ces paysages-là.

— Connu !... Elle est rentière parce que le vieux lui fait des renies. Tais-loi donc ! justement voilà sa bonne !

Une femme assez âgée , portant un tablier blanc d'une propreté douteuse, entra dans le magasin du revendeur.

— Qu'est-ce qu'il y a pour votre service, madame Charles?

— l'ère Viicou, votre neveu n'est pas là?

— Il est en course, au grand bureau de la poste aux letlres; il va rentrer tout à l'heure.

— M. Badinot voudrait qu'il portât tout de suite celte lettre à son adressa ; il n'y a pas de réponse, mais c'est très-pressé.

— Dans un quart d'heure il sera en roule, madame Charles.

— Et qu'il se dépèche.

— Soyez tranquille.

La bonne sortit.

— C'est donc la bonne d'un de vos locataires, père Micou?

(1) Voleur.

LES MYSTÈRES DE PAIlIS

— Eh ' non' ^olas, c'est la bonne de ma rentière, madame Saint-lldefonse Mais H. Badinot est suii Odcle; il est venu hier de la tanipagne, dit le lo''eur, nui .■xaniinait la k'tlie ; puis il ajouta en lisant I adresse : Vois donc : iiue ça de belles coLniaissance» ! (Juand je te dis que c est des gens cales : il écrit à un vicomte.

— Ah bah! , . , o ■ n ^

— Tiens, vois plutôt : A monsieur le vicnmle de bamC-Hemy, rue ae Cltaithi ï'ièsifressec... A lui-même. J'espère que quand on loge des renliiies nui ont des oncles qui écrivent à des vicomtes, on lient lucn ne pas tenir aux passe-ports de quelques locataires du haut de la niai-

^°^ Je"crois bien. Allons, à tout à l'heure, père Micou. Je vas attacher mon chien à votre porte avec sa charrette ; je porterai ce qnej ai a porter à pied... Préparez ma marchandise et mon argent, que je n aie qu a

' — Sois tiannnille : quatre bonnes plaques de tôle de deux pieds carres chaque, trois barres de fer de trois pieds et deux charnières pour ta soupape. Cette soupape me parait drôle; enfin c est égal.... est-ce la tout?

— Oui, et mon argent? „ •„ .„

— Et ton argent... Mais dis donc, avant de t'en aller, faut que je te dise... depuis que tu es là. .. je t'examine...

— Eh bien? . . „ ■ , u

— Je ne sais pas... mais tu as 1 air d avoir quelque chose.

— Moi?

— Oui. , , ., . f •

— Vous êtes fou. Si j'ai quelque chose... c est que... ] ai laim.

— Tu as faim... tu as faim... c'est possible... mais on dirait que tu veux avoir l'air gai , et qu'au fond tu as quelque chose qui te pince et qui le cuit... une puce à la muelte (I), comme dit l'autre... et pour que ça te démange, il laut que ça le gratte fort.... car tu n'es pas beHueule.

— Je vous dis que vous êtes fou, père iVlicou, dit Nicolas en tressaillant malgré lui.

— On dirait que tu viens de trembler, vois-tu.

— C'est mon bras qui me fait mal.

— Alors n'oublie pas ma rccellc, ça te guérira.

— Merci, père Micou... à tout à l'heure.

Et le bandit sortit. .

Le recélouk, après avoir dissimulé les saumons de cuivre derrière son burièt s'occupait de rassembler les différents objets que lui avait demandés Nicolas, lorsqu'un nouveau personnage entra dans sa boulique.

Celait un lionnne de cinquante ans environ, à ligure Inie el sagace, portant un épais collier de favoris gris irès-touflns et des besicles d or; il était vèlu avec assez de recherche; les larges manches de son paletot brun, à parements de velours noir, laissaient voir dos mains ganlt'cs de gants paille ; ses bottes devaient avoir élé enduites la veille d'un brillant vernis. ., , o • . lu

Tel était M. Uadinot, l'oncle de la rentière, cette madame ibaint-lldefonse dont la position sociale faisait l'orgueil el la sccurilé du père Micou.

On se souvient peut-être (lue M Badinol, ancien avoué, chasse de sa corporation, alors chevalier d'industrie cl agent d'affaires équivoques, servait d'espion au baron de Ciaun et avait doiini' à ce diplomate des renseigncnienls assez nombreux et très-précis sur bon nombre des personnages de celle hiïtoire. .

— Madame Charles vient de vous donner une lettre a porter, dit M. Badinot au logeur.

— Oui, monsieur... Mon neveu va rentrer... dans un moment il partira. .,.,.. . .

— Non, rendez-moi cette lettre., je me suis ravise, j irai moi-même chez le vicomte de Saint-Remy, dit M. Bailinot en appuyant avec intention et fatuité sur cette adresse aristocr.ilique.

— Voici la Icltrc, monsieur... Vous n'avez pas d autre commission .'

— Non, père Micou, dit M. Badinot d'un air prolecteur ; mais j'ai des reproches à vous faire.

— A moi, monsieur?

— De très-graves reproches.

— Comment, monteur? ,

— Ceriainement.... Madame de Saint-lldefonse paye Ires-cher votre premier ; ma nièce est une de ces locataires ansciuellcs on doit les plus grands égards ; elle est venue do conliance dans celte iiK'.ison ; redoutanl le hruit des voitures, elle èspérail être ici comme à la campagne.

— El elle y esl : c'est ici comme un hameau... Vous devez vous y connaitre, vous, monsieur, qui habiiez la campagne... c'est ici comme nu vrai hameau.

— Un hameau? 11 est joli ! toujours un tapage infernal.

rourtanl il esl impossible de trouver une maison |)lu3 tranquille; au-dessus de madame il y a un chef d'orchestre du talé des Aveugles et un commis voyageur... Au-dessus, un autre commis voyageur. Au-dessus il v a ..

— Il ne s'agit pas de ces per.^onnes-1à , elles sont fort tranquilles et fort hciinêlt'S, ma nièce n'en diseonvienl i^as; mais il y a au qn:ilrieine im "ros boiteux que madame de Sainl-lldefonse a rencontré hier encore i\ I t^dans l'escalier ; il poussait des cris de sauvage ; elle eu a eu presque

[l] A la conscience.

une révolution , tant elle a élé effrayée... Si vous croyez qu avec de tels locataires votre maison ressemble à un hameau...

— Monsieur, je vous jure que je n'attends que l'occasion pour mettre ce gros boiteux à la jiorte ; il m'a payé sa dernièie quinzaine d'avance, sans quoi il serait déjà dehors.

— Il ne fallait pas l'accepter pour locataire.

— Mais, sauf lui , j'espère (jue madame n'a pas à se plaindre ; il y a un f icleiir à la pelile poste, qui est la cicme des honnêtes gens ; et audessii^, à côté de la chambre du gros boiteux, une femme et sa fille qui ne bougent pas plus que des marmotles.

Encore une fois, madame de Saini-lldefonse ne se plaint que du

gros boiteux : c'est le cauchemar de la maison que ce drôlelà ! Je vous en préviens, si vous le gardez, il fera déserter tous les honnêtes gens.

— Je le renverrai, soyez tranquille... je ne tiens pas à lui.

— Et vous ferez bien... car on ne liendr.iit |)as à votre maison.

— Ce qui ne ferait pas mon affaire... Aussi, monsieur, regardez le gros boiteux comme déjà parti , car il n'a plus que quatre jours a rester

ici. , . , •• 1

— C'est beaucoup trop; enfin ça vous regarde... A la première algarade, ma nièce abandonne celle maison.

— Soyez tranquille, monsieur.

— Tout ceci est dans voire inlérèt, mon cher. Failes-en votre profit.... car je n'ai qu'une parole, dit M. Badinot d'un air protecteur.

El il sortit. .

Avons-nous besoin de dire que cette femme et cette jeune lille, qui vivaient si solitaires, étaient les deux victimes de la cupidité du notaire? Nous conduirons le lecteur dans le triste réduit qu" elles habitaient.

CHAPITBE V.

Les victimes d'un abus de confiance.

(Lorsque l'abus de confiance est puni, ternie moyen de la pnmlion . Deux mois de prison et 23 francs d'amende. —Art. 406 et '<0S du code

pénal. — ) .. , 1 1 1 • I-

(Jue le lecteur se figure un cabinet situe au quatrième étage Ue la triste maison du passage de la Brasserie. ., ,

Un jour pâle el sonihre pénètre à peine dans celle pièce étroite par une petite fenêtre à un seul vantail , garnie de trois vitres lelees, sordides; un papier délabre, d'une couleur jaunàlre, couvre les imnanles; aux angles du plafond lézardé pendent d'épaisses toiles d araignée. Le sol, décarrelé en \ Insieurs endroits, laisse v. ir ça el la les poulies et les lattes qui supportent les carreaux.

Une table de bois blanc, une chaise, une vieille malle sans serrure, et un lil de sangle à dossier de bois garni d'un mince matelas, de drap> de grosse toile bise el d'une vieille couverture de laine brune, tel est le mobilier de ce garni.

Sur la chaise est assise madame la baronne de bermont. Dans le lit repose mademoiselle Claire de Fermont (tel était le nom des deux victimes de Jacques Ferrand).

Ne possédanl qu'un lit, la mère et la fille s'y couchaient tour a tour, se parlageaiil ainsi les heures de la nuit.

Trop d'ir.tiuiéludes, trop d'angoisses torturaient la mère pour qu elle cédai souvent au sammeil : mais sa fille y trouvait du moins quelques instants de repos et d'oubli.

Dans ce moment elle dormait.

Bien de plus louchant, de plus douloureux, que le tableau de celte misère imposée par la cupiililé du notaire à deux feinnies jusqu alors habituées aux modestes douceurs de laisance, et entourées dans leur ville natale de la cousidéralion qu'inspire toujours une famille honorable et honorée. . . ...

Madame de Fermont a trente-six ans environ ; sa physionomie est a la fois remplie de douceur et de noblesse ; ses traits, aulrefciis d une beauté remarquable, sont pâles et altérés; ses cheveux noirs, seii.uei sur son front et aplatis en b.mdeaux, se tordent derrière sa tête; le ehagriu y a déjà mêlé quelques mèches argenlécs. Vêtue d'une robe de deuil rapiécée en plusieurs endroits, madame de Fermont, le Ironl a|)piiyesut sa main, s'accoude au misérable chevet de sa fille, et la regarde avec» une aflliclion inexprimable.

Claire n'a que seize ans; le candide et doux profil de son visagCj^ amaigri comme celui de sa mère, se dessine sur la couleur grise des gros draps dont est recouvert son traversin, rempli de sciure de bois.

Le teint de la jeune fille a perdu de son éclatante pureté ; ses gi ands yeux fermés projeilenl jusque sur ses joues creuses leur double frang( de longs cils noirs. Autrefois roses et humides, mais alors sèches el pales, ses lèvres enlrouverles laissent entrevoir le blanc émail de ses dents; U rude conlael d s draps grossiers cl de la coiiverlure de lame avait rougi mariné en plusieurs endroits la carnation délicate du cou, des epauiei et des bras de la jeune fille. .

De lem;is à autre, un léger iressaillcment rapprochait ses sourciB minces cl veloutés, comme si elle eût été poursuivie par un rêve peni

blo. L'aspeci de ce visage, déjà empreint d'une expression morbide, est pénible ; on y découvre les sinistres symptômes d'une maladie qui couve et menace.

Depuis longtemps madame de Fermont n'avait plus de larmes: elle nlladiail sur sa (ille un œil sec et enllammé par l'ardeur d'une fièvre lenle (pii la minait sourdement. De jour en jour, madame de Fennonl se trouvait plus faible ; ainsi que sa lille, elle ressentait te malaise, cei aecalilenicnt, précurseurs certains d'un mal grave et latent : mais, ùaignanl d'ellraycr Claire, et ne voulant pas surlout, si cela peut se dire s .'Ifiayer soi-même, elle luttait de toutes ses forces contre les premières atteinles de la maladie.

Par des motifs dune générosité' pareille, Claire, afin de ne pas inquiéter sa mère, làtliaii de dissimuler ses souffrances. Ces deux niallioureuses créatures, frappées des mêmes chagrins, devaient être encore frappées des mêmes maux.

Il arrive un momenl suprême dans l'infortune où l'avenir se montre sons nn aspect si eflrayant, que les caractères les plus énergiques, n'osant envisager en face, ferment les yeux et lâchent de se tromper par de miles illusions.

Telle éiait la position de madame et de mademoiselle de Fermont

exprimer les tortures de cette femme, pendant les longues heures où elle contemplait ainsi son enfant endormie, songeant au passé, au présent, à l'avenir, serait peindre ce que les augustes et saintes douleurs d une inere ont de plus poignant, de plus désespéré, de plus insensé ■ souvenirs enchanteurs, craintes sinistres, prévisions terribles, regrets amers, abattement mortel, élans de fureur impuissante contre l'auteur de tant de maux, supplications vaines, prières violentes, et enlin... enliii,

doutes enrayants sur la toute-puissante justice de celui qui reste inevorable a ce cri arraché des entrailles maternelles... à ce cri sacré dont le retentissement doit pourtant arriver jusqu'au ciel : Pitié poiirmii (illc!

— Comme elle a froid, maintenant ! disait la pauvre nii^re en louchant légèrement de sa main glacée les bras glacés de son enfant, elle a DiPii lioid... Il y a une heure elle était brùlnnte... c'est la lièvre ' heureusement elle ne sait pas l'avoir... Mon Dieu, qu'elle a froid!, cette couverlme est si mince aussi... ,Ie mettrais bien mon vieux chàle sur le ht... maissijel'ôtodela porte où je l'ai suspendu... ces hommes ivres viendront encore comme hier regarder au travers des trous qui sont à la seriure ou par les ais disjoints du chambranle...

Quelle horrible maison, mon Dieu !

SiJ'.iyais su commenl elle était habitée... avant de paver noire quinzaine d. avance... nous ne serions pas restées ici... mais je no savais pas... (Juand on est sans papiers, on est repoussé des autres maisons garnies. 1 ouvais-je deviner que j'aurais jamais besoin de passeport '' , (Juand je suis partie d'Angers dans ma voilure... parce que je ne croyais pas convenable que ma lille voyageât dans une voilure publique... nouvais-je croire que...

Puis, s'interrompant avec un élan de colère :

— Mais c'est pourtant infâme, cela... parce (pie ce notaire a voulu me •lepouillcr, me voici réduite aux plus affreuses cxtiémilés, cl contre lui je ne puis rien!... rien!...

Si... dans le cas où j'aurais de l'argent je pourrais plaider; plaider pour entendre traîner dans la lione la mémoire de mon bon et noble Irere... pour entendre dire que dans sa ruine il a mis lin à ses jours après avoir dissipé loiile ma fiu'luiie et celle de ma lille... Plaider poiir cniciidie dire qu'il nous a réduites à la dernière misère!. . Uh' iaiii:in! jamais! ' '

l'oiiiiant... si la mémoire de mon frère est sacrée... la vie l'avenir

(le ma lille... ine sont aussi sacrés... mais je n'ai pas de preuves contre

le nolaiie, moi, et c est soulever un scandale inutile ..

Ce qui est affreux... affreux, reprit-elle après un momonl de silence.

o est que quelquefois, aigrie, irritée par ce sort atroce, j'ose aci user

lion Irere... donner raison an notaire contre lui... comme si, en avant

nix noms a maudire, ma peine serait soulagée... cl puis je m'indi'Mie

e mes suppositions Injustes, odieuses... contre le meilleur, le plus lovai

les Ireres ' •'

I notaire, il ne sait pas toutes les effroyaliles conséquences de ^011 vol... Il a cru ne voler que de rargeiu, ce sont deux àines qu'il orliire... deux lemines qu il fait mourir à petit feu..

Hélas! oui, je n'ose jamais dire à ma pauvre enfaiit toutes mes craincs pour ne p.is la désoler... mais je soulfre... j'ai la lièvre... le ne me outiens qu a force d énergie ; je sens en moi les germes d'une maladie langercusepeut-elre... oui, je la sens venir... elle s'approche... ma loilrine brrtie ; ma tête se fend... Ces svmplmnes s.mt plus iraves que ie le veux me avouer à nioi-même... Mon Dieu... si j'allais lomber... oui a fait malade... SI j allais mourir!...

Non ! non ! s'écria madame de Ferment avec exaltation, ie ne veux las... je ne veux pas mourir... Laisser flaire... à seize ans. . sans resource, seule, abandonnée au milieu de Paris... est-ce que cela esi posihie .'. >on! je ne suis pas malade, après tout... qu'est-te (|ue i'é- II Olive.' un peu de chaleur à la poitrine, quelque pesanteur à la tête-

esl la suite du chagrin, des insomnies, du froid, des innniéludes; tout ■inonde a ma place ressentirait cet aballemcnl... mais cela n'a rien de

Allons allons pas de laiblesse... mon Dieu! c'est en se laissant aller des Idées pareilles, c es! en s'éeoulanl ain.i... .pie l'on lombe léelle!

ment malade... et j'en ai bien le loisir, vraiment!... Ne faut-il pas nue je m occupe d.; trouver de l'ouvrage pour moi et pour Claire, piiisinie cet homme qui nous donnait des gravures à colorier... nali'm •"" "'°'"™' ^^' ^''''"ce. madame de Fermont ajouta avec indi-

—Oh! cela est abominable !... mettre ce travail au prixde la honte de tlairc... nous retirer impitoyablement ce chélif moyen dexislenee parce ipie je n ai pas voulu que ma lille allât travailler seule le soir chez lui Feiit-elre trouverons-nous de l'ouvrage ailleurs, en coulure ou en broderie... Mais, quand on ne connait personne, c'est si diliicil,. ' lernierenienl encore, jai lente en vain... Lorsqu'on est si uiisérableinent loge, on 11 inspire aucune confiance; et pourlanl la pelite somme oui nous reste une lois épuisée, que faire?... que devenir?... 11 ne nous restera plus rien... mais plus rien... sur la terre... mais pas uneubole. . et j étais riche pourtant!...

Ne songeons pas à cela... ces pensées me donnent le verliae... me rendent lolle... V„ila ma faute, c'est de trop m'appesanlir sur ces idées au lieu de tacher de m'en distraire... C'est cela qui m'aura rendue m.i-l laile... non, non, je ne suis pas malade... je crois même ,pie j'ai moins (le levre, aïoiita la malheureuse mère en se làlaiit le pouls elle-même

.Mais, lielas ! les piilsalioas préci|iilées, saccadées, irrémilieres. (lu'ellc s(;iim ballre sous sa peau a la fois sèche et froide, ne lui laissèrent pas

Après un momenl de morne et sombre désespoir, elle dit avecanier-

— Seigneur, mon Dieu ! pourquoi nous accabler ainsi? quel mal avonsnous jamais lait? Ma fille n'était-elle pas un modèle de candeur el ,lo pie e./ son père, 1 honneur même? N'ai-je pas toujours vaillammeiil iem))li mes devoirs d épouse et de mère? Pourquoi permellre qu'un miserai, c lasse de nous ses vielimes?... cette pauvre cnfanl siirldili '

(Juand je pense que sans le vol de ce nolaire je n'aurais au, •

cranilesur le sort de ma fille... Nous serions à c(nie heure dans ii„ire maison, sans inquiétude pour l'avenir, senleiiient Irisles cl malbcnrcii-es de la mort de mon pauvre frère: dans deux ou trois ans, j'aurais soicé a marier Claire, (^t j'aurais Irouvé un homme digne d'elle, si bonne "si charmanle SI belle!... (.lui neùt pas été lieureox d'oblenir sa main ' y v<"";iisd ailli^urs, me reservant une pelile pension pour vivre auprès (I elle, lui abandonner en mariage (oui ce que je possédais, cent mille ecus:ui miJins... car j'aurais pu encore faire quelques économies- et quand une jeune personne aussi jolie, aussi bien élevée que mon cnlaiil clierie, apporte en dol plus de cent mille écus...

Puis, revenant p:ir un douloureux contraste à la triste réalilé de sa position, madame de Fermont sécria d:iiis une sorte de délire : —.liais il est pourtant impossible (pie, parce que le notaire le veni je voi(3 paliemmeiit ma tille réduite ù la plus allreuse misère . elle uni avait droil a tant de félicité... '

Si les lois laissent ce crime impuni, je ne le laisserai pas ; car eiiin SI le sort nie pousse a boni, si je ne trouve pas moven de sortir do I atroce posilion ou ce misérable ma jeté.' :.vec mon eiilant,. je ne sais pas ce que je ferai... je serai capable de le tuer, moi, cel homme. .\pre^ on leia de moi ce qu'on voudra... j'aurai pour moi toutes lesmèies. ' Oui... mais ma hlle ?... ma lille ?

La laisser seule, abandonnée, voila ni:i terreur, voila poiinpioi ie ne veux pas mourir voila pourquoi je ne puis pas tuer cel hoimne. (I„e deviendrait-ellc .' elle a seize ans... elle est jeune et sainte comme un ange... mais elle est si belle !... Mais l'abandon, mais la misère, mais I , laini...quel ellrayant vertige tous ces malbems réunis ne peuveiu-ils pas causer a une enfant de cet âge... et alors. .. et alors dans quel abime ne peut-elle pas tomber? '

dh! c'est affreux... :'i mesure que je creuse ce mot, misère, j'y trouve d épouvantables choses.

La misère... la misère atroce pour tous, mais peul-êlie plus alnue encore pour ceux qui (Mit toute leur vie vécu dans lais.mce. Ce (nie ie neme pardonne pas, c'est, en présence de laiil de maux meiiac.iols île ne pouvoir vaincre un in:illieureux senlimenl (h^ lierlé. Il me faVidr.iit voir ma hlle manquer absoluuienl de pain |tour me résii-ner à meiidier Conimeje SUIS l.iche, pourtant!

El elle .ijouta avec une sombre ainei liime :

-Ce nolaire m'a réduile :» l'auuK'me, il faut pourlanl (pi,> je me r(Hn,,e :uix necessiles de ma posilion; il ne s'agit plus de scrupiik^, de délie .-

tesse, cela était bon aulrelois ; maiiileiianl il faut que je tende 1 i„

pour ma hlle et pour moi ; oui, si je ne trouve pas de travail il lainlri l'Z'i"vour'""'''''' " '"'P''^"^'' '=» charité des autres, puisque le nolaire

Il y a sans doute là-dedans une adresse, un art que l'expérience vous donne; j apprendrai ; c'est nn méli(^r comme un autre, ajoula t-elle avec une sorte d'exaltation délirante. Il me semble pom tant que j'ai tout ce rin il aiit pour intéresser., des malheurs liorribles, iinnié, it.^s et nue lille de sei/.e ans... un ange... oui: mais il faut sa^oir, il f.,ut oser taire valoir ces avantages j'y parviendrai.

Après tout de (pioi me plaindrais-je? s'écri:i-t-elle avec un éclat de rue simslre. La fortune est précaire, périssable... Le notaire m'aura an moins appris un étal.

Madame de Fermont resta nn moment absorbée dans ses pensées; unis elle iciirilavec plus d,. calMie : r , y ">

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