SCÈNE V
Les Mêmes, LUCIEN.
LtClEX. iM. Darbcrt e<t ici... {Saluant Miil/iihle.) Madame.
D.\RCERT. .le vous attendais...
LUClEX. Pardon .. * je croyais être en retard... car j'ai eu beaucoup d'aflaires ce malin... et en ce moment encore j'ai peu de temps à moi... {Regardant ia pendule.) Lue heure environ...
DAr.CERT. Quoi donc! qu'est-ce qui vous occupe?., la querelle d'hier peut-être...
MATHILDE. V.n effet... Ksi -ce que cette affaire a eu des suites. . Monsieur':^..
LUCIEN. Du tout, du tout, Madan-.c...
M. Dariiert l'a arrangée .
DAUP.ERT. Oh! ce n'était rien, et monsieur I.U' ien aurait turt...
LICIEX. Sans doute, j'atirnis tort de me fûcher de l'iuipertinon e de M. de .Maiiclair, moi, pau\re jeune homme sans fortune, sans famille, sans nom. . moi, dont h' cœur app' Ile en vain les caresses d'un père, ie suis j» té dans le monde, pour y souffrir les insulles, les railleries; et parce que je me vois en b:ilte aux sar -asmes de M. de Mauclair; un fashionable, qui a rhonneur. lui, d'avoir pour père, un intrigant sans ame, touinurs Tendu et toujours à vendre, de nous éclabousser dans un tilbury qu'il doit, et d'étaler dans une loge de l'Opéra, son insolence et ses fiants jaunes., je dois baisser la tête et lui dire : merci... - '^ '
DARP.EPiT. Oh! de Ihnmeur, vous m'a- Tirz promis de tout oublier.
LUCIEN. Je tiendrai ma promesse...
DARP.ERT. A la bonne heure! cl moi qui ai de raniitié pour vous... je veux vttus éloigner de Paris quelque temps, voilà plusieurs querelles que vous avez en huit jours.
MATHILDE. Et c'est fort mal... c'est comme cela (pi'ou a des duels , qu'on se bat , qu'on se lait tuer.
LUCIEN. Eh! madame, qu'importe. .. je puis mourir tranquille j on ne me pleurera pas...
Mouvement de MalliilJe et de Darberf, MATHILDE. Conuiîeut, monsieur...
I DAniîEP.T. Et VOS amis?
, LUCIEN Des amis, oui, c'est bien; mais ce n'est pas assez... {S\ffjirant iCclrr gui.) j Voyons, .M. Darbert, que faites- vous de moi, où m'envoycz-vous? en ambassade à
' * Darbert, Lucico , Matbildc.
yATHILDE.
quclffiie banrpiier étranger! en Angleterre, p»»iiini'éga}Lr uiipcu, ou plus loin, si vous
VOuli'Z.
DARREUT. A eus ne sortirez pas d' Franre... madame de Savenay u un frère au Havre, un riche iiégueiant à (jui son mari me fera ramilié de vous rec onunander.
HlATlllLDE. Etjc joindraiuia recoaimandation à la sienne, monsieur...
LLCIEX. Ah? madame... M. Darbirt, si vous .-aviez combien je suis sensible à l'intérêt que >oiis me portez... et quand je vous dis que je partirai sans regrets, [Ttiulant la main à Daiherl. ) je vous trompe, je nie trompe moi-même, monsieur... [^ereprena'it, et a'ianl à la porte de druite.) Mais viiulei-vous me présenter à M. de ."^a^enay,ear je suis attendu quelque part, chez un ami. . (^À pari.) Lt je ne \eux pas qu'il m'attende.
MATlllLDE, à Dorbcrt. Vous Irouven z Alfred dans son cabinet.
LICIEX, pris de li porte. Vencz-vous...
M. de Savenay doit être j ressé lui-même, car Tbéobaldde Pont- Cassé, que j'ai rencontré tout à l'heure, m'a dit que votre mari ne serait pas chez lui ce matin.
XIATHILDE, liiemeitt et allant à lui. Ah! il vous a dit cela.
DARlîERT, il Lucien, riccment. Entrez, mon ami... [Basa Ma liilde ) i t vous, madame, allons, du courage.... faites comme moi! ayez confiance! cela porte bonheur! II sort avec Lucii n.