CHAPITRE VI
celle-ci, je ne puis me vanter d'avoir le mérite de faire un sacrifice. Dans ma situation, ce sera un grand soulagement pour moi d'être délivrée du fardeau de mon héritage, je lo cède* rais de bon cœur à un étranger : jugez si je n'éprouverai pas une grande satisfaction en le transférant à un homme dont je ne puis douter qu'il n'assure le bonheur. »
ce Pai entendu parler indirectement, dit le moine, des épreuves auxquelles la vie de ce jeune homme a été soumise depuis quelques années, et j'ai été plus impatient que jamais de soulager mon cœur en révélant ce pénible secret. Tant qu'il jouissait tranquillement de son héritage maternel, j'étais moins em-
pressé de lui voir restituer des biens qui ne pouvaient lui être rendus sans de grands changemens et de grandes difficultés ; mais je ne puis supporter la pensée qu'il est errant et exilé , quand j'ai le pouvoir de lui faire retrouver sa patrie et sa fortune, dont je l'ai injustement privé. Je remets donc ici , sans hésiter , entre vos mains les preuves de la vérité de mon récit ; vous les trouverez dans le paquet qui contient ma correspondance avec votre oncle, vous reconnaîtrez son écriture. Je vous répète que je vousles donne avec la plus entière confiance ; d'après le peu que j'ai vu de vous, je ne doute pas que vous n'en fassiez l'usage que la justice réclame. Comme mes vœux monas-