‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 12 sur 88 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Cet empressement notait pas entièrement affecté , quoiqu'il parût opposé aux sentimens que nous lui avons entendu exprimer. Il y avait beaucoup de temps qu'ils ne s'étaient vus , comme elle venait de le lui rappeler, et elle ne pouvait s'empêcher de trouver que sa beauté était très-remarquable , toutes les femmes qui ont, comme mistriss Meehlin , conservé celte soif ardeute d'être admirées ,, qu'augmente encore pour elles la crainte de ne pas l'être longtemps, seront également empressées de réclamer les droits qu'elles peuvent avoir aux hommages et aux conquêtes.

Pendant tout le reste de la soirée, la manière de Mathilde avec Ormsby

n'eut rien d'assez remarquable pour être observée par les spectateurs indifférensj mais elle lui parut plus froide , plus étudiée et plus contrainte qu'elle ne l'eût été sans doute avec un autre qui serait arrivé comme lui sans être attendu.

Cette réserve forcée, la preuve la plus féminine ( si je puis m'exprimer ainsi ) et en même -temps la moins équivoque d'un intérêt croissant, surtout quand le sentiment du devoir vient combattre une affection irrésistible, est presque toujours mal interprétée par l'homme qui en est l'objet $ et telle fut l'impression trompeuse qu'en reçut lord Ormsby, en quittant Mathilde à la fin de la soirée. Il emporta la conviction qu'elle

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