‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 70 sur 88 · CHAPITRE YII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII. l

c< Je vous remercie, miladyril est certain que mes os ont été rarement aussi secoués; Je doute si je pourrai jamais me tenir droit sur une chaise 5 car si je m'asseois un moment , je les sens craquer : on me croirait entièrement disloqué. »

Dick Boulby ne put continuer de lui faire le récit de son voyage, car il fut interrompu par sir James, qui , d'une voix altérée par la colère, ordonna à Mathilde de le suivre dans la chambre voisine.

» Ainsi, madame, lui dit aussitôt sir James, vous avez tellement échappé jusqu'à présenta toutes les indiscrétions , que vous vous flattiez sans doute de conserver toujours la même sécurité , et vous croyiez pou-

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voir continuer à jouir des avantages solides que vous donnent mes ricnesses et ma position, et des plaisirs plus frivoles et plus chers à votre cœur que vous procure une ancienne passion.»

« Sir James , dit Mathilde avec dignité , je ne répondrai pas à vos questions, tant que vous vous dégraderez ainsi, en m'insultant. »

«Eh bien ! madame! repritsirJames, je me contenterai de vous faire une ou deux demandes. Lord Ormsby a-t-ii autrefois été accepté comme aspirant à votre main? s'il en est ainsi, pourquoi m'avez-vous caché cette circonstance; et comment pouvez-vous vous défendre de l'avoir encouragé, comme vous l'avez lait dernièrement? »

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Malhilde lui répondit avec calme :

« Maintenant que vos questions , quoiqu'elles soient les mêmes au fond, ne sont plus faites avec une grossièreté aussi offensante, j'y répondrai à l'instant et le mieux qu'il me sera possible. Il est vrai que, long- temps avant de vous avoir connu, l'affection mutuelle qui existait entre lord Orsmby et moi, avait été encouragée par nos deux familles 5 il est survenu des circonstances qui ont fait cesser les relations que nous avions ensemble j et les vives instances de mon tuteur m'ont déterminée à écouter vos propositions. Mon oncle me recommanda spécialement alors de ne jamais parler du premier engagement que l'avais formé- Que ce soit à tort ou à

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raison , il est certain que ce fut malgré moi que j'obéis à ses ordres sur ce point : c'est à vous de juger si, depuis notre mariage , vous avez pu m'inspirerune confiance sans bornes. Elle seule aurait pu me faire trouver excusable de revenir sur un sujet qui intéressait non seulement mes propres sentimens, mais aussi ceux d'un autre envers qui ma conduite n'a pas été entièrement exempte de reproches, A l'égard de votre dernière accusation , celle d'avoir encouragé les attentions de lord Ormsby , un moment de réflexion aurait dû suffire pour vous rappeler à quel point elle est peu fondée, et, au contraire, avec quel soin jeTaiévité pendant quelque temps , vous en avez fait vous-même

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