‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 31 sur 71 · LA MÉMOIRE ET L'ESPBIT · texte numérisé non relu

LA MÉMOIRE ET L'ESPBIT

peut être saisi par nous comme passé que si nous suivons el adoptons le mouvemeot par lequel il s'épanouit en image présente, émergeant des ténèbres au grand jour. C'est en vain qu'on en chercherait la trace dans quelque chose d'actuel et de déjà réalisé : autant vaudrait chercher l'obscurité sous la lumière. Là est précisément l'erreur de l'associationnisme : placé dans l'actuel, il s'épuise en vains efforts pour découvrir, dans un état réalisé et présent, la marque de son origine passée, pour distinguer le souvenir de la perception, et pour ériger en différence de nature ce qu'il a condamné par avance à n'être qu'une différence de grandeur.

Imaginer n'est pas se souvenir. Sans doute un souvenir, à mesure qu'il s'actualise, tend à vivre dans une image ; mais la réciproque n'est pas vraie, et l'image pure et simple ne me reportera au passé que si c'est en eSet dans le passé que je suis allé la chercher, suivant ainsi le progrès continu qui l'a amenée de l'obscurité à la lumière. C'est là ce que les psychologues oublient trop souvent quand ils concluent, de ce qu'une sensation remémorée devient plus actuelle quand on s'y appesantit davantage, que le souvenir de la sensation était cette sensation naissante. Le fait qu'ils allèguent est sans doute exact. Plus je fais eflort pour me rappeler une douleur passée, plus je tends à l'éprouver réellement. Mais cela se comprend sans peine, puisque le progrès du souvenir consiste justement, comme nous le disions, à se matérialiser. La question est â& savoir si le souvenir de la douleur était véritablement douleur à î'origine. Parce que le sujet hypnotisé finit par avoir chaud j -- ' -- -'-ète avec insistance qu'il a chaud, il ne suit

paroles de la su^estion soient déjà chaudes.

ivenir d'une sensation se prolonge en cette

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