‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 25 sur 108 · ORGANES GÉNITAUX EXTERNES · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX EXTERNES

Organes mâles. — Pénis. — Le pénis ou verge est essentiellement constitué par la portion spongieuse de l’iirèthre et ses annexes. Cette partie de l’ urèthre reçoit le nom de portion spongieuse parce qu’elle est accompagnée dans toute son étendue par une enveloppe érectile, le corps spongieux^ qui se rende à son extrémité proximale pour former le bulbe.

(i) Ils en sont empêchés dans le cas particulier que nous signalons par l'interposition des uretères. (Voir Tourneux, C. R. de la Soc. de biologie, 1884.)

MAMMIFÈRES

Dans cette région du bulbe, il existe une paire de glandes en grappes relativement volumineuses, les glandes bulbo-uréthrales (fig. 6, co) (glandes de Méry, glandes de Cowper), qui déversent chacune par un long conduit dans le canal uiétbral leur produit de sécrétion sous la forme d un liquide viscpieux, opalescent.

Corps caverneux. — A la portion spongieuse de l’iirèthre sont annexés des organes érectiles désignés sous le nom de corps caverneux [ca). Ceux-ci, au nombre de deux, s unissent sur la ligne médiane, de manière à figurer un organe unique; mais à leur base, leur dualité reste aj)parente, car on les voit naître séparément de cba([ue coté de la partie interne des branches pubiennes; de la, ils se dirigent obliquement audevant de la symphyse pubienne, et c’est en ce point qu’ils s’unissent ])our se prolonger jusqu à 1 extrémité de la \erge. Le corps caverneux (ju’ils forment en s unissant ainsi occupe la face dorsale de la verge; à sa lace ventrale il se creuse en une sorte de gouttière qui reçoit le corps spongieux et le canal de l’urèthre.

Prépuce et fourreau de la verge. — Le prépuce est un repli de la peau de la verge qui recouvre plus ou moins complètement l’extrémité de cet organe désignée sous le nom de •^land. Le üland est un renflement terminal séparé par un

il O

sillon du corps de la verge. Au niveau de ce sillon le diamètre du gland est plus considérable (couronne du gland) et en arrière de la couronne ainsi formée une très petite partie de la surface du corps de la verge (chez l’homme) est décollée de la peau. Cette petite partie, ou col du pénis (i), est importante à connaître, car chez la plupart des iMammilères elle prend un développement considérable et s’étend même jusqu au pubis

(i) Retterer. Développement du prépuce, iu C. R. de la Soc. de biologie, iSqOj p. 5.) I .

OHGA,\ES MALES

(Ruminants, Équidés, Cétacés, Rongeurs, etc.), la peau qui la recouvre à l’état de repos et la laisse lil)re à l’état d’érection constituant alors ce qu’on désigne ordinairement sous le nom de fourreau préputial ou fourreau de la verge.

Pour bien comprendre les rapports exacts de ces diverses parties : gland, corps de la verge, prépuce et fourreau de la verge ! i), il est nécessaire d’exposer en quelques mots leur mode de développement.

Au début, chez l’embryon, les organes génitaux externes apparaissent sous la forme d’un tubercule saillant, le tubercule génital qui, chez le fœtus humain, présente jusqu’à la neuvième semaine la même configuration dans les deux sexes (2).

A partir de ce moment, la différenciation sexuelle s’opère; chez le mâle le tubercule s’allonge, se redresse et devient la portion libre de la verge. Vers la moitié du troisième mois, on voit se former à une certaine distance de l’extrémité du tubercule génital une invagination épithéliale en croissant, qui, partant de la surface dorsale de celui-ci, s’étend sur ses côtés, sans ([ue ses extrémités se joignent à sa face ventrale. C’est l’involution glando-préputiale. Celle-ci, en s’enfonçant davantage dans le derme et le tissu sous-cutané, creuse un sillon demi-circulaire (sillon rétro-glandaire), qui constitue le col du pénis et interrompt la continuité des couches cutanées et sous-cutanées de la verge avec celles du gland (3).

Les deux extrémités latérales de l’involution glando-préputiale ne se joignent pas à la face ventrale de la verge, de sorte qu’il n’y a pas décollement à ce niveau; c’est ce qui constitue le frein.

Vers la fin du troisième mois, le lambeau cutané ainsi

(1) Nous insistons sur ce point parce que certaines g-landes à parfum sont en rapports très intimes avec les régions en question.

(2) Tourneux. .n/ns d’embryologie. Développement des organes génito-urinaires chez l’homme, in Travaux et Mémoires des Eaenttés de Lille, t. II, n“ lo, 1892.

(3) Rettcrer. C. R. de la Soc. de biologie, 1890, p. 528.

MAMMIFERES

séparé par tlélamiiialion ou décollement s allonge par son bord libre et forme le prépuce.

On voit que dans ce processus une portion du tubercide génital, son extrémité terminale, située en avant de l’invagination, ne subit aucune modification. C’est cette portion non remaniée, située en avant de l’involution glando-préputiale, qui constitue le gland chez l’homme.

Si maintenant on étudie les phases du développement du tubercule génital chez les Quadrupèdes (Ruminants, Solipèdes, etc.), il faut rappeler d’abord que le corps caverneux, an lieu d’apparai Ire, comme chez l’homme, libre à l’extérieur, au niveau de la symphyse du pubis, continue à s’engager audevant du pubis dans le tissa sous-cutané de la paroi abdominale, si bien que dès la fermeture du canal uréthral la portion abdominale de la verge est adhérente à la peau du ventre; du pubis jusqu'au voisinage de l’ombilic la verge est donc fixe, sauf le bout distal môme du tubercule génital ([ui est pendant et libre (i). Ceci posé, on constate que de très bonne heure il se l'ai t également, chez eux, à une certaine distance en arrière de l’extrémité de ce tubercule, une invagination épithéliale incomplète à sa face ventrale; mais cette invagination, au lieu de s’arrêter bientôt, se prolonge loin en arrière jusqu’à la portion abdominale de la verge, pénétrant dans la paroi ventrale et isolant ainsi le pénis des couches cutanées et sous-cutanées environnantes qui deviennent le fourreau . Pendant une grande partie de la vie fœtale, chez ces animaux, les extrémités latérales de l’invagination ne se réunissent point à la face ventrale de la verge et il existe ainsi un frein d’une longueur énorme mesurant, toute la longueur du fourreau luimême. Mais peu à j)eu ce pont de tissu qui sépare les deux extrémités de l’invagination s’amincit, puis disparaît et alors le fourreau est complet et la verge est libre à son intérieur.

(i) Relterci', loco cilato, p. Mn.

on G A NE s FEMELLES

Dans le cas (les Quadrupèdes, on voit donc qu’il existe aussi une portion terminale de la verge, qui n’a pas été remaniée par l’invagination puisqu’elle est en avant de celle-ci; cette portion est embryogéniquement homologue du gland de la verge de l’homme ; le reste de la verge, qui est libre dans le l’üirrreau après y avoir été fixée par son frein, répond au col de la verge de l’homme qui se serait considérablement accru; ces deux parties, en effet, ont une môme origine et toutes deux ont subi un décollement par invagination. On ne devra donc appli(pier le nom de gland à toute la partie libre de la verge dans le fourreau chez les Quadrupèdes que si 1 on entend sous le nom de gland chez l’homme, à la lois la région balanicpie proprement dite et le col du pénis ; et, d autre |)art, comme chez l’homme, le prépuce est le lambeau de [)eau décollé de la verge, par l’invagination glando-préputiale (jui s’accroît plus ou moins en avant; de même chez les Quadrupèdes, le fourreau de la verge qui, lui aussi, est la portion du ligament décollée par l’involution, représente le prépuce et toute fonnatiou née de ce fourreau est une formation préputiale.

Il était absolument nécessaire d’établir nettement ces faits, car dans les descriptions des organes génitaux externes la plus grande obscurité a toujours régné et par suite les relations qu’affectent les organes voisins avec ces parties ont été plus ou moins complètement méconnues.

Organes femelles. — Les organes femelles externes constituent la vulve qui contient un certain nombre d’organes disj)osés sur trois plans différents (Sappey), savoir :

1° Le mont de Vénus et les grandes lèvres, sur un plan superficiel ;

2“ Les petites lèvres et le clitoris, sur un plan moyen ;

3° L’orifice vaginal, le méat urinaire et le vestibule, sur un plan profond.

MAMMIFEIÎES

Le mont de Vénus ou pénil est une saillie arrondie, qui surmonte le pubis.

Les grandes lèvres sont Ibrmées, de chaque côté, d’un repli de peau qui s’étend du mont de Vénus à la partie antérieure du périnée. Ces deux régions sont couvertes de poils abondants dont les bulbes sont accompagnés de nombreuses et volumineuses glandes sébacées.

Les petites lèvres ou nymphes^ situées en dedans des grandes lèvres sont deux replis cutanés qui limitent les bords de l’orifice vaginal et qui se prolongent en avant jusqu’au niveau du clitoris. Là ces replis se bifurquent, leurs branches externes vont se joindre sur la face dorsale de cet organe et constituent le prépuce du clitoris; leurs branches internes plus courtes s’unissent entre elles à la face ventrale du clitoris et limitent un espace triangulaire, le vestibule., à la base duquel se voit le méat urinaire.

Le clitoris, organe érecbile qui a pour analogues les corps caverneux de la verge et dont l’extrémité a les caractères de structure et de développement d’un véritable gland (Retterer), est fixé par deux racines grêles aux branches ischio-pubiennes.

Sans entrer dans de plus longs détails au sujet de ces organes qu’il nous suffit ici de signaler succinctement, nous rappellerons que de chaque côté de l’orifice vaginal se voit l’orifice d’une glande dite vulvo-vaginale. Ces glandes pourvues d’un long canal excréteur rappellent absolument par leur structure les glandes de Cowper de l’homme.

Les études embryologiques permettent d’iiomologuer les bourses au scrotum et la peau du pénis aux grandes lèvres, le clitoris aux corps caverneuxde la verge avec le gland terminal; mais tandis que chez le mâle, les replis génitaux qui se développent de chaque côté de la base du tubercule génital (devenant plus tard pénis ou clitoris) viennent se souder sur la ligne médiane pour constituer la paroi inférieure de l’urèthre, chez la femelle cette soudure s’arrête de bonne heure et toute la

j’Énr.xÉE

partie située en avant du périnée persiste sous tbrnie d’une profonde cavité, le vestibule du vagin (i). iNIais en somme ce sont les memes parties qui interviennent dans la Ibrmation des organes dans les deux sexes et il est par conséquent possible d’en établir les homologies les plus complètes. 11 est nécessaire d’avoir ces vues présentes à l’esprit quand on étudie les particularités que présentent les diverses régions des oro-anes o-énitaux tant inâles que Ibmelles chez certaines espèces ; c’est pourquoi nous avons tenu à entrer dans quelques détails à leur sujet.

Périnée. — Le périnée est la région constituée parles parties molles qui ferment le détroit inférieur du Ijassin ; cette région est donc étendue, antéro-postérieurement, de la symphyse pubienne au coccyx; elle a pour diamètre transversal une ligue étendue d’un ischion k l’autre; c’est la ligne büschiatique ({ui est prise par les anatomistes descripteurs comme démarquant une partie périnéale antérieure traversée par les organes génitaux et une portion périnéale postérieure traversée par le tube digestif.

Nous n’avons point à décrire ici le périnée, mais seulement à rappeler quelques-uns des muscles qui s’y rencontrent et qui peuvent participer à la constitution des glandes que 1 on voit parfois se développer dans cette région.

Quand on a disséqué la peau du périnée (fig. 7) après avoir fait une incision cruciale suivant les deux directions que nous avons indicjuées plus haut, on trouve en avant de l’anus sous un premier plan aponévrotique, une couche de muscles qui délimitent entre eux un espace triangulaire. Ces muscles sont ; en arrière et transversalement, le muscle Iransverse (/), qui s’étend

( I ) L opinion cjue nous donnons ici est celle de Rettcrcr, loc. cit. Elle n est pas, en tous points, partagée par tous les auteurs et spécialement par Tourneux {Atlas d’embryologie, loc. cit., p. 3o). Mais ce sont des dill'érenccs de détails qui ne sauraient nous arrêter ici, oii il nous suffît de constater que les mêmes éléments embryonnaires entrent dans la constitution des parties externes de la génération dans les deux sexes.

MAMMIFERES

cIb cli3f[U6 côté, clc Ici tuljérosité tl6 1 iscliion à une intBrscction fibreuse répoiulant au raplié médiau de la région périnéale, Les deux muscles congénères l’orinent ainsi la base du triangle dont nous venons de parler. Les cotés de ce triangle sont constitués, d’autre part, par les muscles ischio-caverneux{ic^) sortes de cordons musculaires qui s’insèrent chacun en arrière à la tubérosité de l’ischion du côté correspondant, et en avant

Fig. 7. — Région périnéale superficielle. b, muscles bulbo-cavorneux. — ic, muscles ischio-caverneux. — i, tubérosité de l’ischion. — S, sphincter de l’anus. — t, muscle transverse. — Sc, scrotum.

à la racine du corps caverneux. Du sommet du triangle ainsi limité, descend sur sa base une masse musculaire formée par la réunion des deux muscles b idho- caverneux qui s’insèrent en arrière à une intersection fibreuse commune au transverse et au sphincter externe de l’anus, et en avant sur la face inférieure du bulbe où les fibres des mitscles de chaque côté affectent par rapport à la ligne médiane la disposition des pennes d’une plume.

Si l’on continite la dissection de la peau du périnée en arrière de la ligne biischiatique, on trouve immédiatement

PERIMEE

autour de l’anus un muscle, le sphincter externe de l'anus (5), à fibres entourant cet orifice et s’insérant en arxnère sur une ligne fibreuse étendue de la pointe du coccyx à l’anus et, en avant, à l’intersection fibreuse déjà mentionnée, commune au bulbo-caverneux et au sphincter externe.

Les couches superficielles de la région périnéale ayant été étudiées, si l’on poursuit la dissection sur un plan plus profond on rencontre l’aponévrose moyenne du périnée puis une nouvelle couche de muscles, savoir : 1“ le muscle de Wilson, situé en avant de la prostate et dont les fibres s’insèrent à la symphyse, aux parois de la loge aponévrotique de la prostate et à la portion membraneuse de l’urèthre; 2° le muscle releveur de l’anus, inséré d’une part à l’aponévrose de l’obturateur interne, d'autre part au voisinage de l’anus oii ses fibres se confondent eu [xartie avec celles du transverse et du sphincter. Enfin une troisième couche aponévrotique (aponévrose profonde) lorme le plan le plus profond du périnée; elle est revêtue par le péritoine.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la région périnéale viennent de la honteuse interne, branche terminale de l’hypogastrique. Dans son trajet vers la symphyse, la honteuse interne fournit, au niveau du muscle transverse, une artère périnéale superficielle ; plus en avant l’artère bulbeuse. Enfin, au niveau de la symphyse elle se bifurque en dorsale de la verge et artère caverneuse.

Les veines forment deux groupes : les unes se portent vers la honteuse interne qui accompagne l’artère; les autres, situées en arrière de la symphyse, reçoivent les veines du pénis et constituent le plexus de Santorini qui se prolonge vers le col de la vessie et de la prostate pour former le plexus veineux vésico-prostatique.

Ajoutons que les veines de la région anale (région périnéale postérieure) se jettent en partie dans la honteuse interne et

Bealregard. Mat. méd. -

MAMMIFERES

en partie dans les parois du recluin où elles Ibrinent l’origine de la veine-porte.

Les nerls sont lournis par le nerf honteux interne.

Périnée chez la femme. — 11 offre les mômes éléments (|ue chez l’homme, mais dans un certain état de réduction qui est en rapport avec les modifications subies par les organes de la région. En avant de l’anus, le transverse du périnée existe, comme chez l’homme ; les racines du clitoris sont d’autre part enveloppées d'un muscle, V ischio-clitoridien., qui répond à l’ischio-caverneux de l’homme. Enfin de chaque coté de la vulve, un faisceau musculaire, le constricteur du vagin répond au bulbo-caverneux de l’homme. Dans un plan plus profond, un petit muscle dont les fibres se portent des bulbes du vagin aux parois de l’iirèthre, semble représenter le muscle de Wilson. Enfin le sphincter et le releveur de l’anus présentent des dispositions tout à fait comparables à celles que nous avons observées dans le sexe mâle.

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