‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 33 sur 108 · R AS SE · texte numérisé non relu

R AS SE

Aspect extéiueur. - — Ce Viverridé qui habite l’Inde et qu’on trouve aussi, à Java et aux Comores, doit sa longue synonymie à ses caractères extérieurs peu précis et variables. II n’a pas décrété dorsale; son pelage est gris avec sept bandes obscures plus ou moins interrompues entaches sur le dos, parfois même presque totalement éteintes (var. pnllida). La cpieue ollVe sept ou huit anneaux noirs; au cou, huit bandes tantôt larges, tantôt étroites.

C.^R.vcTÈHEs ,\n.*lTomiques. — La taille de la Rasse est plus petite que celle de la Genette, dont plusieurs auteurs la rapprochaient en raison de son apparence extérieure ; mais une étude attentive des caractères anatomiques comparés du crâne et de la dentition dans les deux genres nous permet de dire que la liasse n’est pas une Genette. Le crâne du Viverricula (i) est un peu plus grand que celui des plus grandes Genettes ((ue nous avons pu examiner. Les trous palatins antérieurs sont beaucoup plus développés que chez ces dernières. D’autre part la dentition offre des caractères également nets : toutes proportions gardées les incisives sont plus volumineuses que chez la Genette; les molaires sont plus épaisses, à bords moins tranchants et par suite elles ressemblent davantage à celles de la Civette.

Enfin la portion postérieure tuberculeuse de la carnassière inférieure est plus largement développée que chez les Genettes.

La Rasse présente, comme les Genettes et comme les Civettes un organe préputial à parfum. Nous avons montré (2) que l’étude de ces glandes légitime absolument la création du genre Viverricula^ car elles tiennent à la fois de l’organisation des glandes à parfum des Civettes et de celle des glandes à parfum des Genettes (3). Gomme chez les Civettes, en effet, le

(1) X°* A. 2082 et A. 2084 du oalaloguc du Cabinet d’Anatomie comparée du Muséum.

(2) H. Beauregard. Les glandes à parfum des Yiverridés. C. R, Ac. dessc., 7 mai

(3) Voir plus loin, p. 64, où il est dit que chez les Genettes il n’existe pas de réservoirs propres.

MAMMIFERES

tissu glandulaire est formé de glandes sébacées qui déversent leur produit dans les réservoirs primaires occupant le stroma de la glande ; et d’autre part, comme chez les Genettes, il n’y a pas de réservoirs propres, de soi’te que c’est dans le réservoir impair, médian, que le produit de sécrétion est directement évacué.

La Genette de l’Inde, ou liasse, oft're donc un type spécial de glande à parfum et est intermédiaire par là aux Civettes et aux Genettes (i). Son parfum est très estimé.

5“ Genette commune [Viverra genetta^ L.; Genetta uulgaris, Cuv.).

Aspect extérieur (fig. i8). — La Genette a les ongles complètement rétractiles, comme les Chats ; comme eux elle a la pupille linéaire, verticale ; son pelage est gris tacheté de brun ; sa queue presque aussi longue que le corps est annelée de blanc et de noir.

Caractères anatomiques. — Le système dentaire (fig. 19) affecte une allure insectivore encore plus accentuée que chez la Civette. Des glandes à parfum, peu développées comparativement à celles des autres Viverridés, siègent entre l’anus et l’extrémité terminale du pénis chez le mâle ; immédiatement sur les côtés et en arrière de la vulve chez la femelle.

Ce qui distingue ces appareils glandulaires de ceux des autres Viverridés, c’est qu’ils ne possèdent pas de réservoir à parfum. Extérieurement, en effet, on voit bien une fente longitudinale occupant la ligne médiane de l’appareil glandulaire ; mais, en écartant les lèvres de cette fente et en y introduisant un stylet, on constate qu’il s’agit seulement d’une sorte de gout-

(i) On mentionne encore dans quelques ouvrages de matière médicale, un Viverridé oonnu sous le nom de Linsang ou Lisang, originaire de Java et de Sumatra. C’est le Linsang gracilis (Müll), le Prionodon gracilis de Gray, c’est-à-dire un Carnassier voisin des Parado.xures (Paradoxurus grehensilis de Schinz.). Il n'ofl're aucun intérêt pour la matière médicale.

ge;sette commune

tière ou de rainure peu profonde et non d’un réservoir spacieux comme celui que nous avons décrit pour les autres Yiverridés. D’autre part, l’étude histologique de la glande fait ressortir que les acini sont en communication simplement avec des canaux excréteurs et que ceux-ci ne se dilatent pas en réservoirs pri-

Fig. 18. — Gencttc commune.

maires; il n’y a également aucune trace notable de réservoir propre au milieu de chaque glande (fig. 20), de sorte que le produit de sécrétion est directement déversé par les canaux excréteurs dans la dépression linéaire apparente au dehors. Ce produit de sécrétion est d’ailleurs beaucoup moins abondant que chez les Civettes et peut-être moins odorant, bien qu’encore très fortement musqué.

Le peu de développement relatif des glandes, celait que le produit ne s’accumule pas dans des réservoirs spéciaux et qu’il est dès lors impossible de le recueillir en quantité appréciable.

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sont autant de raisons qui expliquent que la substance musquée de la Genette n’estpoint utilisée. Nous avons cru cependant

devoir consacrer quelques lignes à cette espèce en raison des rapports de parenté très évidents qui existent entre son appareil à parfum et ceux des autres Viverridés.

Fig. 20. — Geiicttc commune; couj)e de l’appareil à parfum, perpendiculaire au grand axe, h fente à parfum.

II.VBiT.^T. — La Genette habite l’Afrique occidentale où on la trouve jusqu’au Gap, l’Europe méridionale et le sud-ouest de la France.

Viverréum

Caractères extérieurs. — On donne le nom de viverréum ou civette au produit de secrétion des glandes à parfum des diverses espèces de Viverridés ci-dessus étudiées.

VIVERRÉUM OU CIVETTE

La Civette, le Zibeth, le Tangahinga et la Rasse sont les quatre espèces qui fournissent au commerce.

Le viverréum est une substance homogène, onctueuse, jaunâtre quand elle est fraîche, qui s’épaissit et brunit en vieillissant. Prise directement dans le réservoir à parfum (vas zibethi) elle est mélangée d’un grand nombre de poils; l’odeur de cette substance est très j)énétrante, ammoniacale et fortement musquée (i).

Composition chimique. — D’après les analyses (2) de Boutron- Charlard, le viverréum contient de rammoniaque, une résine, une huile volatile, de la graisse, du carbonate et du phosphate de potasse, du phosphate de chaux et de l’oxyde de fer. Suivant ^1. Schiitzenberger , la matière grasse serait formée d’oléine et de margarine.

Extr.vctiox et formes -commerciales. — En Afrique comme aux Indes, les espèces qui produisent le viverréum sont tenues en captivité et nourries avec soin, condition essentielle pour obtenir une grande quantité de produit. Les animaux sont'enfermés dans des cages, assez à l’étroit pour qu’on puisse, en ouvrant une porte, les saisir par le train de derrière sans qu il leur soit possible de se retourner pour mordre ; alors avec une cuiller ou avec un morceau de bambou creux, on extrait le produit contenu dans le réservoir de l’organe à parhim. La récolte se fait tous les huit jours ; nous avons entendu dire (jue pour activer la production du viverréum on irrite les animaux de façon à les forcer à se remuer beaucoup dans leur cage. Ils sécréteraient alors plus abondamment.

Le viverréum ainsi recueilli est étalé sur des feuilles et débarrassé des nombreux poils qui sont mêlés à la matière

(■) La persistance de cette odeur est telle que les peaux et les squelettes des Viverridés la conservent fort longtemps apres avoir été préparés, ainsi que les instrumentsqui ont servi aux dissections.

(a) Journal de pharmacie, t. X, p. .ïj^.

r-r. MAMMIFÈRES

onctueuse; on le lave ensuite avec de l’eau salée et du jus de citron ; enfin, quand il a été séché au soleil, on l’enferme dans des vases dont la nature varie suivant la provenance. Aux

Fig. 21, — Corne de Zebu telle cju elle est utilisée en Abyssinie

pour renfermer le viverréum. ■

Indes, les récipients employés sont des boîtes en ferdjlanc; en i Abyssinie, on utilise de préférence les grandes cornes des j Bovidés (Zébu) dont on coupe la pointe et dont on lerme 1 orifiee au moyen d’un morceau de cuir (fig. 21). 1

On ne distingue guère aujourd’hui comme espèces coin- j

nuAüEcna

merciales que la civelte d’AlVique, celle de l’Inde et du Bengale et celle de la ^Malaisie. La plus estimée serait celle de Buro (Moluques) ; celle de Java est également recherchée et préférée à celles du Bengale et de l’Afrique (i).

Falsifications. — Le viverréum est, en raison de son prix toujours élevé, l’objet de nombreuses sophistications ; des corps gras, du miel, de la terre, du sang desséché, etc., y sont ajoutés ; on en fait même de toutes pièces avec du musc et des produits balsamiques. Avec quelque attention, il est facile de reconnaître toutes ces falsifications.

Usages. — La civette a été autrefois employée en médecine comme stimulant et antispasmodique à la façon du musc, dont elle a l’odeur. Elle est aujourd’hui délaissée et n’est plus employée qu’en parfumerie.

RO?^GEUHS

Caractères généraux. — L’ordre des Rongeurs est composé de genres assez nombreux qui ont tous un faciès très caractéristique. Ce sont des animaux ordinairement de petite taille, pourvus de quatre membres dont les postérieurs l’emportent parfois de beaucoup en longueur sur les antérieurs (Lièvres, Lapins, Gerboises, Castors, etc.). Leur régime est variable; les uns sont herbivores, les autres sont omnivores, et ces habitudes sont corrélatives de certains traits particuliers d’organisation (développement plus ou moins considérable du cæcum, forme des dents, etc.).

Parmi les caractères généraux les plus importants, il faut

(i) Anciennement on désignait sous le nom de civette de Hollande une espèce com. mcrciale très prisée, qui était obtenue, dit Bufl'on, de Civettes que l’on importait en Hollande. On les tenait à l abri du froid et on leur donnait des aliments succulents et choisis.

compter ceux que fournit l’étude de la dentition (fig. 22). Elle est incomplète, car il n’y a jamais de canines. De plus, les incisives sont réduites à deux à chaque mâchoire (les Léporidés exceptés qui en ont quatre à la mâchoire supérieure, placées sur deux rangs parallèles). Entre les incisives et les molaires, il existe un large vide (barre ou diastème) ; les molaires, enfin, eu nombre variable, ont leur couronne large et

t’ig. 2'2. — Tète osseuse de Castor.

aplatie, à surface triturante marquée de lignes transversales plus ou moins complètes formées par des replis d’émail partant des faces interne et externe des dents; toutefois, chez les omnivores, la couronne des molaires affecte une allure différente qui rappelle celle des molaires tuberculeuses ordinaires.

Les incisives offrent deux particularités de structure qui les distinguent; d’une part, l’émail qui revêt la face antérieure de la couronne est très épais, souvent coloré tandis que celui qui revêt sa face postérieure est d’une extrême minceur; d’autre part ces dents sont à croissance continue.

La minceur de la couche postérieure d’émail entraîne l’usure plus rapide de la face correspondante de la dent de telle sorte

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