‹ MaufraChapitre 24 sur 25 · I, BOULEVARD DES CAPUCINES, I · texte numérisé non relu

I, BOULEVARD DES CAPUCINES, I

Gustave Courbet est une des dix ou douze grandes figures d'artistes qui dominèrent et dirigèrent dans son évolution l'art du siècle qui vient de s'écouler. Quel que soit le jugement que l'on porte sur sa personnalité, quelque S3'mpathie plus ou moins grande dont on témoigne pour la formule d'art qu'il a représentée, on doit reconnaître aujourd'hui, en toute impartialité, l'originalité de sa physionomie d'artiste, la vigueur féconde avec laquelle il s'est affirmé novateur et chef d'école, la puissante maîtrise enfin de son talent d'exécutant qui le range jjarmi les plus grands ouvriers de peinture de tous les temps.

Passionnément discuté au moment où parurent les œuvres dont il voulut faire comme les manifestes du « réalisme » naissant, il mena pendant vingt ans, de 1850 à 1870, le combat pour ses idées et pour son art avec une vaillance outrancière, un acharnement parfois brutal, qui ne permirent guère à personne, pendant ce temps, de le juger sans un parti pris quelconque.

Mêlé comme l'on sait, aux événements de 1871, légèrement oublié dans son exil en Suisse, bientôt dépassé dans ses recherches d'art par une école et par des initiateurs nouveaux, tels que Manet, dont il avait favorisé l'éclosion presque sans s'en douter, il n'a ])as connu non plus la gloire des consécrations définitives, malgré des amitiés fidèles comme celles de Castagnar}-, malgré l'acquisition de nombre de ses tableaux par le Musée du Louvre.

Il est cependant entré aujourd'hui dans l'iiisioire, et ce livre, où percera toutefois une sympathie non dissimulée pour l'artiste, a surtout la prétention d'établir historiquement, à l'aide d'un très grand nombre de documents originaux, soigneusement réunis et interrogés, ce que furent sa vie mouvementée et son art robuste.

GEORGES RIAT

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