‹ Maurice, comte de Saxe, et Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres et documents inédits des archives de DresdeChapitre 45 sur 73 · DE BRUHL · texte numérisé non relu

DE BRUHL

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Monsieur. '^ Versailles, le 3 février 1 747.

En amvant ici, j'ai trouvé notre nouveau ministre avec la petite vétole, mais toutes mes lettres (regardant la négociation en question) dans la poche du Roi, à qui seul j'ai rendu compte de toutes mes conférences avec Votre Excellence et de la dernière lettre qu'EUe m'a fait l'honneur de m'écrire. Je Lui réitère les assurances du plus grand secret et surtout celles des sentiments dont j'ai pris la liberté, personnellement, de faire assurer l'Empereur, touchant le désir sincère que le Roi avait de trouver les moyens de faire la paix, pourvu qu'elle fîiit convenable à la dignité dé Sa couronne et sur les principes dont j'ai eu l'honneur de conférer et de convenir avec Votre Excellence. Il aurait donc été fort à désirer que celui qui doit venir i) eût un peu plus hâté son voyage qu'il semble qu'il n'ait fait par la dernière lettre de Votre Excellence, mais, quoi qu'il en soit, s'il arrive avec des dispositions aussi fav(^rables, je puis assurer Votre Excellence qu'il sera content de celles qu'il recevra de notre part.

Je me renouvelle avec joie dans l'honneur du souvenir de Votre Excellence, et, si j'osais, je la supplierais de me mettre

. 1) Le négociateur autrichien.

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aux pieds de L. L. M. M. polonaises. L'on attend ici, avec la

plus grande impatience, notre princesse et je suis plus persuadé

que jamais du bonheur qu'elle procurera et dont elle jouii'a.

J'ai l'honneur d'être, avec le plus respectueux attachement,

Monsieur, de Votre Excellence le très -humble et très- obéissant

sei-viteur

le Duc DE Richelieu.

Post'Scriptum.

Je confie à Votre Excellence que M. le maréchal de Saxe partira le lendemain des fêtes du mariage, pour aller en Flandre. Votre Excellence sait qu'il n'aime pas à rester oisif, Elle sait aussi que nous sommes convenus que les différents succès des

armes pourraient changer les différents objets de pacification; ainsi les moments sont chers, mais si l'on en profite et que Votre Excellence puisse faire parvenir ici quelqu'un, animé des bonnes intentions de Votre Excellence, je puis L'assurer, avec vérité, que je suis persuadé que la conclusion peut être prompte.

MoNsiEun, ^ Versailles, le 9 février 1747.

J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Excellence la lettre que j'avais écrite, immédiatement après mon arrivée, etle compte que j'avais rendu au Roi de ma commission. La difficulté d'envoyer un courrier, sans un sujet apparent, l'avait fait retarder jusqu'à aujourd'hui, où l'occasion en exige un, sans que personne en puisse être surpris. M. le Comte de Loss m'a remis hier la dernière lettre de Votre Excellence qui exige bien des réflexions et des conférences, même avec l'ambassadeur d'Espagne, que le tumulte des fêtes nous force de différer; mais je vous envoie toujours cette lettre pour faire voir à Votre Excellence les dis-

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positions où on était avant les nouvelles du voyage de M. Saul>). La matière est trop importante pour que je puisse, de moi-même, rien dire aujourd'hui à Votre Excellence. M. le maréchal de Saxe m'a dit être dans la confidence, ce qui ne peut faire qu'un très 'bon effet par les bonnes intentions que je lui connais et par la confiance dont le Roi Thonore. Je dois donc m'entretenir avec lui et le Comte de Loss, et je me suis chargé de faire un petit mémoire sur la réponse de la cour de Vienne et sur la dépêche de Votre Excellence qui Taccompagne, après quoi le Comte

de Loss, ou notre cour, dépêchera un courrier à Votre Excellence, le plus promptement qu'il sera possible; mais les moments sont bien difficiles à trouver dans des jours aussi tumultueux, et ils sont cependant bien précieux dans une aussi grande proximité de l'ouverture d'une campagne qui semble devoir être aussi décisive et dont toutes les opérations semblent devoir .déranger tous les projets de pacification qui n'avaient pa6 été arrêtés, car Votre Excellence ne perdra pas de vue que nous avons toujours traité sur ce pied - là.

J'ai l'honneur d'être, avec les sentiments de l'attachement le plus sincère, Monsieur, de Votre Excellence le très -humble

et très - obéissant serviteur

le Duc DE Richelieu.

>) M. de Saul, le factotum de Bruhl, avait éXé envoyé en secret à Vienne, où il conféra avec Timpératrice Marie-Thérèse, en personne. Voyez:

Vie GeJieimntsse des Sàchstschen Cabinets. T. I. p. 139.

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