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LE FRERE DE THERESE

En naissant, leurs anics pareilles

S'aimaient comme deux abeilles

Qui sortent d'un même rayon.

Leurs cœurs sentaient les mômes charmes.

Leurs yeux versaient les mêmes larmes:

C'étaient deux luths en un seul son.

Pour Thérèse aimant la prière

Son frère élevait sous le lierre

Des oratoires dans les bois ;

Il figurait les cathédrales

En mousse et fleurs étaient les dalles

A faire agenouiller des rois.

Ils venaient \k, parmi les anges.

Offrir de célestes louanges, Rêver un bonheur éternel ; Car déjà dans leur foi profonde.

Leur ame s'éloignant du monde Prenait en partage le ciel.

Et même en leur soif trop ardente.

Trompant leur mère vigilante.

Ils s'en allèrent joour mourir,

Pour mourir martyrs chez les Maures.

On les chercha plusieurs aurores

Jusqu'aux bords du Guadalquivir.

Et depuis n'ayant plus de fête, Thérèse au Carmel, sa retraite, Alla trouver le ciel cherché.

De tous ses liens sur la terre Le seul souvenir de son frère Lui resta dans l'ame attaché.

Toujours unis comme en l'enfance.

Mais séparés par la distance.

Ils s'envoyaient de longs écrits.

Ils s'envoyaient ces douces lettres Charmant l'absence, où de deux êtres Passe l'ame en des mots chéris.

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Elle chantait sa quiétude, Ses jours sereins en solitude Et ses ravissements d'esprit, Lorsqu'exhalant flamme et prière Son ame embrassait le calvaire En amante de Jésus-Christ.

Lui, resté sur les bords du monde, Parlait de tristesse profonde, D'ennuis au cœur toujours errants :

Avec quelles douceurs sublimes De leurs épauchements intimes Se mêlaient les divers courants !

jMais est-il de bonheur durable?

Cet ami, ce frère inelTable, S'en alla de la terre aux cieux.

Et dès lors de Jésus l'amante Eut au cœur douleur véhémente.

Eut torrent de larmes aux yeux.

Même on dit qu'en celte agonie Thérèse aurait perdu la vie, Sans un secours venu du ciel.

Or voici le pieux cantique Que sa harpe mélancolique Fit pour une tombe au Carmel.

Ah I le monde pour moi s'est couvert d'un suaire La terre m'est un lit de mort.

Je ne vis en pleurs et prière Qu'au sépulchre où mon frère dort.

Comme j'aimais ' je souffre fort.

Mais, Jésus, je baise la lame Qui me perce l'ame :

Ou souffrir Ou mourir !

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