CHAPITRE PREMIER Esquisse d'une vie de Guérin
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Le centenaire de Maurice de Guérin. — La meilleure manière de le célébrer. — Esquisse de sa biographie. — Ses études à Stanislas (182/I-1829). — Retour au Cayla. — Guérin étudiant (1829-1832).
— Sa retraite à la Chênaie (décembre iSSa à septembre i833). — Le Cahier vert. — Le cénacle mennaisien. — Séjour en Bretagne et au Val de l'Arguenon. — Guérin répétiteur à Paris. — Mort de Madame de la Morvonnais. — Le voyage de Maurice en Nivernais et sur les bords de la Loire. — Son évolution intellectuelle : perte de ses croyances. — Conflit douloureux avec Eugénie. — L'amitié de Barbey d'Aurevilly. — Le Centaure. — Epreuves ; découragement.
— Grave maladie. — Maurice se remet. — Ses fiançailles. — Séjour au Cayla. — Son mariage (i5 novembre i838). — Eugénie à Paris.
— Rechute de Maurice. — Il se rend au Cayla avec sa jeune femme. — Il y meurt (19 juillet 1839). — Caro retourne aux Indes et s'y remarie. — Mort d'Eugénie (18/18).
Dans quelques mois, le 5 août 19 lo, les dévots de Maurice de Guérin — et le nombre en est grand dans le monde entier — célébreront le centenaire de l'auteur du Centaure et du Cahier vert, définitivement classé parmi les prosateurs les plus accomplis et les plus originaux de notre littérature. Il est à
croire que leur piété cherchera à se manifester autrement que par de pompeux discours et qu'aucune inauguration de monument me marquera cette fête du souvenir.
L'hommage, pour être celui qui convient, devra rester discret et simple. Une visite aux logis i^arisiens de Guérin S des pèlerinages au Cayla et au petit cimetière d'Andillac, au Val de l'Arguenon et à la Chênaie : voilà quels seront sans doute les témoignages, exempts d'ostentation, qui grouperont, selon les régions, les admirateurs de ce beau génie de la littérature intime, de ce chantre magnifique de toutes les puissances primitives de la nature.
Il semble que le moment soit venu de préparer cette commémoration toute spirituelle ^ et de provoquer, dans ce but, l'édification d'un monument auquel ne participeraient ni le marbre, ni le bronze : je veux parler de l'édition des Œuvres complètes de Maurice de Guérin. que nous ne possédons en aucune manière. Tous les fervents de cette grande mémoire se devront à eux-mêmes de faciliter cette entreprise, dès qu'ils sauront à quel point l'édition actuelle est
I . Si l'on tient à une manifestation extérieure, on pourrait songer à signaler par une plaque la maison où furent composés les poèmes du Centaure et de la Bacchante ; celle où Guérin habita, rue du Cherche-Midi, n° 36, depuis ses fiançailles, a disparu, je crois. Personne ne pourrait s'étonner de ce modeste honneur, accordé à des écrivains beaucoup moins illustres.
a. D'autant mieux que le centenaire de Barbey d'Aurevilly, qui tombait le 3 novembre 1908, a préparé tout naturellement celui de Maurice de Guérin, l'ami le plus intime de sa jeunesse.