‹ Maurice de GuérinChapitre 79 sur 125 · II. — Quelques lettres inédites de Guérin · texte numérisé non relu

II. — Quelques lettres inédites de Guérin

Celte lettre date de son arrivée à Paris fà lU ans).

Paris, 6 octobre 182/1.

JIes très chères Soeurs,

Je suis installé au collège' et bientôt je serai parisien. Mais j'aurai beau le devenir que je ne vous oublierai jamais. Mon éloignement ne fera qu'augmenter l'amour que j'ai pour vous (s'il peut l'être), c'est tout à la fois une douleur et un plaisir de penser à vous : une douleur parce que je suis séparé de vous pour longtemps, et un plaisir parce que je sais que vous pensez aussi à moi. Voilà toute ma consolation de ces premiers jours où je in'ennuie un peu, car c'est le sort de tous les nouveaux. Que je serais content si je pouvais vous revoir l'année prochaine! Quelle serait ma joie en vous embrassant, mais il n'y a pas de plaisir sans épine. Vous connaissez aussi bien que moi cette épine, c'est qu'il y en a pour longtemps. Vous ne tarderez pas à recevoir quelque petit cadeau de moi qui ne sera peut-être que la plus petite expression de l'amour et de l'attachement que je vous porte : faites une embrassade à Erembert ; dites-lui que je l'aime autant que vous et qu'il soit persuadé de mon sincère attachement pour lui, avec lequel e suis votre très attaché frère.

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