SONNET
A François du Breil de Marzan.
Quand le soleil, après une chaude journée, S'endort et que le soir nous souffle le \ent frais, C'est délice de voir aux feuilles des forêts Sejouer une brise et filer l'araignée.
Alors cette fileuse est tout embesognée A dérouler son fil, et, par des nœuds secrets, Se rattache à la feuille au vent abandonnée. Afin de s'y suspendre et s'y bercer après.
Car elle aime beaucoup la brise vespérale, T^t le balancement de la lumière pâle.
Qui dore, en s'en allant, la lisière des bois ;
Et, perchée au milieu de sa corde soyeuse, Jusqu'à la nuit tombée elle y danse joyeuse. Comme à l'escarpolette oscillant mille fois.
La Chênaie, 9 août i833.