‹ Maurice de GuérinChapitre 1 sur 16 · A MON AMI ACHILLE MESTRE · texte numérisé non relu

A MON AMI ACHILLE MESTRE

Voici ce livre que votre amitié ardente et claire a désiré et mené à la vie.

Que de fois dans l'harmonie de votre vallon guérinien — à l'ombre de ce château du Vila, votre Cayla, — nous avons évoqué l'esprit de Maurice et médité sur le délire du Centaure et les élévations de la Bacchante ! Dans votre âme retentissante qui a revécu tout le drame de la sensibilité de Beethoven, la mélopée guérinienne répandait ses vibrations les plus profondes, et vous aimiez à proclamer que l'œuvre de notre Poète mort à 29 ans nous apporte, avec V expression la plus haute de la tristesse humaine, la plus pathétique des leçons.

Alors j'ai conçu cette étude avec toutes les responsabilités qu'elle impose, car ce livre d'analyse qui décrit le martyre d'une grande âme doit être, pour la jeunesse qui monte, un livre d'exaltation.

La jeunesse, quand elle écoute la voix de ses générosités, est toujours guérinienne. Un guérinisme inconscient la soulève, dans la ferveur de son désir, vers les splendeurs du songe, et elle s'agite dans le

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