CHAPITRE II Projet de confédération italienne. — Échec
DE LA politique FRANÇAISE EN ItALIE.
Dissentiments entre la France et l'Espagne au sujet de l'exécution du traité de Fontainebleau. — Caractère d'Elisabeth Farnèse, femme de Philippe V. — Violentes altercations entre elle et l'ambassadeur de France, Vauréal, évêque de Rennes. — Succès remportés par les armées de France et d'Espagne en Italie pendant l'été de 1745. — La plus grande partie du Piémont est conquise. — Ce succès est compromis par l'entrée de l'ar-
mée espagnole en Lombardie, et le siège mis par elle devant Milan, d*après les instructions d'Elisabeth Farnèse, et entravement au plan du maréchal de Maillebois, commandant en chef de l'armée française. — D'Argenson négocie avec le roi de Sardaigne à l'insu de l'Espagne. — Son projet de former une confédération de tous les États italiens et de chasser les Allemands d'Italie. — Entrevue secrète de Champeaux, agent diplomatique français et de Montgardin, conseiller d'État de Sardaigne. — Montgardin repousse le projet de confédération. — Champeaux est envoyé à Turin, sous un déguisement. — Il ne peut faire accepter le projet de confédération par Charles-Emmanuel et son ministre le marquis de Gorzegue. — Gorzegue consent seulement à une note promettant une alliance, moyennant le partage des possessions autrichiennes en Italie. — Joie de d'Argenson en recevant communication de cette note. — Embarras qu'il éprouve de la faire accepter par l'Espagne. — Vauréal est chargé de proposer l'acceptation à Philippe V pendant que Champeaux retourne à Turin pour convertir la note en traité définitif. — Colère de Philippe V et d'Elisabeth à la réception de la note. — Le roi d'Espagne envoie un ambassadeur extraordinaire pour porter à Versailles sa réponse. — Champeaux de retour à Turin trouve les dispositions modifiées par la marche du traité de Dresde et l'annonce d'envoi de renforts en Italie. — Le ministère piémoniais ne consent à la signature d'un traité qu'à la condition qu'il soit précédé d'un armistice et conclu dans le délai d'un mois. — D'Argenson consent à l'armistiee malgré la résistance de son frère le ministre de la guerre, mais en y mettant des conditions qui en atténuent reflet. — Le comte de Maillebois, fils du maréchal, et gendre de d'Argenson est chargé de porter à Turin la convention d'armistice. — Le ministère piémontais refuse de le recevoir et se rapproche de ses alliés autrichiens et anglais. — Un détachement piémontais est envoyé pour surprendre la garnison française d'Asti, qui se rend à discrétion. — Surprise et désespoir du maréchal de Maillebois qui croyait l'armistice signé et la paix faite. — Accusations et récriminations réciproques des commandants français et espagnols. — Déplorable impression produite en France et en Europe par la prise d'Asti. — D'Argenson est considéré comme principalement responsable du désastre 83