ACTE II, SCÈNE I
détresse ne sauraient l'épuiser ! ... Je suis dans la lumière etle printemps m'accable!... Je regarde le ciel et le jardin s'éveille!... Entends-tu les oiseaux qui font chanter les arbres et répètent ton sourire et le « oui » merveilleux ; et vois-tu les rayons qui caressent tes cheveux comme des diamants qui jouent parmi les flammes, et les milliers de fleurs qui se penchent sur nous pour surprendre en nos yeux le mystère d'un amour qu'elles ne connaissaient pas'....
JOYZEIXE ouvrant les yeux.
Il n'y avait ici que de pauvres fleurs mortes...
(Elle regarde autour d'elle, stupéfaite; car dès l'entrée de Lancéor, sans qu'ils y aient pris garde, le morue jardin, s'est peu à peu et magiquement transfiguré. Les plantes sauvages, les mauvaises herbes qui l'empoisonnaient ont grandi, et chacune, selon son espèce, a magnifié iusqu'au prodige ses fleurs épanouies. Le chélif liseron est devenu une liane puissante dont les admirables calices enguirlandent les arbres surchargés de fruits mars et peuplés d'oiseaux miraculeux. Le mouron blanc est un grand arbrisseau d'un vert ardent et tendre, où éclatent des fleurs plus larges que des lys. La pâle sca-
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bieuse a allongé ses liges où se dressent des houppes pareilles à présent à des tournesols mauves... Les papillons volent, les abeilles bourdonnent, les oiseaux chantent, les fruits se balancent et tombent, la lumière ruisselle. La perspective du jarJîn s'est étendue à l'infini; et l'on entrevoit maintenant, à droite, un bassin de marbre, à demi-caché derrière une haie de lauriers* roses et d'héliotropes taillés en arcades.)
LASCÉOR
Il n'y a plus ici que les fleurs de la vie'.... Regarde!... Elles descendent, elles- ruissellent sur nous!... Elles éclatent aux branches, elles font ployer les arbres, elles entravent nos pas, elles se pressent, elles s'écrasent, elles s'ouvrent toutes grandes lés unes dans les autres, elles aveuglent les feuilles, elles éblouissent l'herbe ; je n'en connais aucune et le printemps est ivre ; je n'eu ai jamais vu d'aussi désordonnées, d'aussi resplendissantes!,..
Où sommes-nous ?. .
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