ACTE PREMIER, SCÈNE I
vertu nouvelle, et pourtant si humaine, est cachée dans des philtres, des paroles maudites, des herbes infernales, des signes redoutables... — Non, c'est en moi qu'elle est comme elle réside en eux; c'est en toi qu'elle se trouve, ma fragile Ârielle, qui te trouvais en moi... J'ai fait deux ou trois pas plus hardis dans la nuit... J'ai fait un peu plus tôt ce qu'ils feront plus tard... Tout leur sera soumis quand ils auront appris à ranimer enfin ta bonne volonté, comme je l'ai ranimée... Mais j'aurais beau' leur dire que tu sommeilles ici, et leur montrer du doigt ta grâce éblouissante, ils ne te verraient point... Il faut que chacun d'eux te découvre en luimême; il faut que chacun d'eux entr'ouvre comme moi le tombeau de sa vie et vienne t'éveiller ainsi que je t'éveille...
(Il se penche sur Arielle et lui donne un baiser.]
ARIELLE, s éveillant.
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Voici l'heure, Arielle, où l'amour doit veiller... Je troublerai souventton sommeil ces jours-ci...
Mon sommeil fut si long que toujours j'y retombe; mais je me sens plus forte et deviens plus heureuse à chacun des réveils que ta pensée m'impose...
Ou conduis-tu mon fils, et quand le reverraije?...
Je le suivais des yeux dans mon rêve attentif... Il s'approche de nous... Il se croit égaré; et son destin le mène où l'attend le bonheur...