CCC1XV
La justice n’est le plus souvent qu’une vive appréhension qu’on ne nous ôte ce qui nous appartient : de là vient cette considération et ce respect pour tous les intérêts du prochain , et cette scrupuleuse application à ne lui faire aucun préjudice. Cette crainte retient l’homme dans les bornes des biens que la naissance ou la fortune lui ont donnés; et, sans cette crainte, il feroit des courses continuelles sur les autres.
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La justice dans les juges qui sont modérés n’est que l’amour de leur élévation.
CCCLXVIII.
On blâme l’injustice, non par l’aversion que l’on a pour elle, mais pour le préjudice que l’on en reçoit. r
La modération dans la bonne fortune n’est d’ordinaire que l’appréhension de la honte qui suit l’emportement, ou la peur de perdre çe qu’on a.
La modération est comme la sobriété : on voudroit bien manger da7 vantage , mais on craint de se faire mal.
Chacun trouve à redire en autrui ce qu’on trouve à redire en lui.
CCCLXXII.
C’est une espece de bonheur que de connoître à quel point on doit être malheureux.
CCCLXXII I.
Les gens heureux ne se corrigent guere ; ils croient toujours avoir raison quand la fortune soutient leur maux vaise conduite;
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MORALES
ccclxxiv.
La grâce de la nouveauté est à l’amour ce que la fleur est sur les fruits ; elle y donne un lustre qui s’efface aisément et qui ne revient jamais.
La plupart des jeunes gens croient être naturels lorsqu’ils ne sont que mal polis et grossiers.