‹ MaximesChapitre 129 sur 457 · AMI/ZAM · texte numérisé non relu

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ET donné qu’à chaque réédition de ses Maximes (à l'exception de la quatrième édition) La Rochefoucauld avait procédé à des suppressions, ses éditeurs eurent très tôt l’idée de recueillir en une série à part les maximes qui s'étaient trouvées mises au rebut. C’est ainsi que l'édition Brotier, en 1789, en donnait cent vingt et une, sous le titre Premières pensées du duc de La Rochefoucauld'. Celle des Grands Écrivains, suivie par la plupart des éditions postérieures, en donnait soixante-dix-neuf?, numérotées de 563 à 641 (à la suite des Maximes posthumes), sous le titre Maximes supprimées par l'auteur.

Nous aurions pu nous dispenser de nous conformer à cet usage, puisque nous donnons par ailleurs l’évolution complète de la suite des Maximes. Nous nous y conformons pourtant, car il est intéressant de regrouper des maximes qui, faute de cette précaution, risqueraient de passer inaperçues parmi toutes celles que La Rochefoucauld à maintenues, avec ou sans modification, jusqu’en 1678.

Mais la collection de « maximes supprimées» que l’on trouvera ici diffère de celle que présentait l'édition G-EF. Cela pour trois raisons :

1. Il était anormal de numéroter les maximes posthumes et supprimées (deux collections constituées par les éditeurs

1. De son côté le Père Adry exécuta, sur un exemplaire de l'édition de 1678 dont j'ai pu avoir communication, un travail de comparaison des éditions; il jeta ainsi les bases d’une collection des maximes supprimées; mais ce travail demeura inachevé.

2. Le nombre avait diminué parce que beaucoup de maximes retenues par Brotier n'étaient en réalité que des variantes de maximes qui se trouvent dans l'édition définitive.

modernes, à vrai dire contre la volonté du moraliste) sur le même plan que les cinq cent quatre maximes de l'édition définitive; on leur a attribué une numérotation spéciale.

2. Plutôt que de classer (comme l'avait fait l'édition G:.E.F.) ces maximes selon l’ordre qu’elles occupaient dans la première édition ou à défaut dans les suivantes, — ordre qui n’a plus de signification dès lors qu’elles sont retirées de leur contexte, — l’on a estimé plus utile de les grouper en fonction de la date de leur suppression, ce qui permet de s'interroger sur l’évolution des idées et de l’art de l’auteurt.

3. L'on a cru devoir apporter quelques modifications de détail, concernant des maximes à propos desquelles l'édition G-E-F. pouvait être améliorée.

C’est ainsi que six des « maximes supprimées » de cette édition ne figureront pas ici, parce qu’elles n’ont en réalité pas été supprimées :

— sa maxime 588 (104 de la 1° édition), qui, modifiée, a conduit à la maxime 92 de l'édition définitive;

— ses maximes 598 et 599 (155 et 156 de la 1° édition), fondues ensemble pour donner la maxime 150;

— sa maxime 607 (181 de la 1° édition, 172 des 2°, 3° et 4°), qui n’a disparu de la série des Maximes que parce qu’elle fournissait désormais l’épigraphe de l’ensemble de l’ouvrage;

— sa maxime 623 (257 de la 1'° édition), qui n’a été retranchée que pour corriger une étourderie : on la retrouvait à la fin d’une autre maxime (288 de la même édition), et là elle a été maintenue (fin de la maxime 265 de l'édition définitive);

— sa maxime 631 (293 de la 1° édition), qui est à l’origine de la maxime 1 de l'édition définitive.

En revanche l’on trouvera ici, sous le numéro 53, une maxime supprimée que l'édition G.E.F. avait omis de relever parce que la première édition elle-même ne la donne que dans les exemplaires du premier état? (sous le numéro 285).

1. Sur 74 maximes supprimées que nous donnons, 60 l'ont été après la 1° édition, 1 après la 2°, 13 après la 4°.

2. Elle est toutefois signalée, dans l'édition G-E-F, par l’appendice au tome I, p. 63.— Sur la question des deux états du texte de la. première édition, cf. ci-dessous, p. 265.

À l'intention des personnes habituées à la numérotation de l'édition G.EF, ou qui auraient à se reporter à des maximes dont la référence leur serait indiquée en fonction de cette édition, nous donnons ci-après une table de concordance !.

r. Sur la présentation des notes et références, cf. ce qui a été dit pour les maximes de l'édition définitive (p. 4).

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