G (seul): gui embarrassent
des lumières confuses de ce qu’on veut cacher, on augmente”? leur curiosité, on les met en droit d’en vouloir savoir davantage, et ils se croient en liberté de disposer de ce qu'ils ont pénétré. Il est plus sûr et plus honnête de ne leur rien dire que de se taire quand on a commencé de parler.
Il y a d’autres règles à suivre pour les choses qui nous ont été confiées. Plus elles sont importantes, et plus la prudence et la fidélité y sont nécessaires. Tout le monde *convient que le secret doit être inviolable, mais on ne convient pas toujours de la nature et de l'importance du secret; nous ne consultons le plus souvent que nousmêmes sur ce que nous devons dire et sur ce que nous devons taire; il y a peu de secrets de tous les temps, et le scrupule de les révéler? ne dure pas toujours.
On a des liaisons étroites avec des amis dont on connaît la fidélité ; ils nous ont toujours parlé sans réserve, et nous avons toujours gardé les mêmes mesures avec eux; ils savent nos habitudes et nos “commerces, et ils nous voient de trop près pour ne s’apercevoir pas du moindre changement; ils peuvent savoir par ailleurs ce que nous sommes engagés de ne dire jamais à personne; il n’a pas été en notre pouvoir de les faire entrer dans ce qu’on nous a confié ; ils ont peut-être même quelque intérêt de le savoir 1%; on est assuré d’eux comme de soi, et on se voit réduit 11 à la cruelle nécessité de perdre leur amitié, qui nous est précieuse, ou de manquer à la “foi du secret. Cet état est sans doute la plus rude épreuve de la fidélité ; mais il ne doit pas ébranler un honnête homme : c’est alors qu’il lui est permis de se préférer !2 aux autres ; son premier devoir est de conserver indispensablement