‹ MaximesChapitre 194 sur 457 · XVII DE L’'INCONSTANCE · texte numérisé non relu

XVII DE L’'INCONSTANCE

E ne prétends pas justifier ici l’inconstance en général,

et moins encore celle qui vient de la seule légèreté ; mais il n’est pas juste aussi de lui imputer tous les autres changements de l’amour. Il y a une première fleur d’agrément et de vivacité dans l’amour qui passe insensiblement, comme celle des fruits!; ce n’est la faute de personne, c'est seulement la faute du temps. Dans les commencements, la figure est aimable, les sentiments ont du rapport, on cherche de la douceur et du plaisir, on veut plaire parce qu’on nous plait, et on cherche à faire voir qu'on sait donner un prix infini à ce qu’on aime; mais dans la suite on ne sent plus ce qu’on croyait sentir toujours, le feu n’y est plus, le mérite de la nouveauté s’efface, la beauté, qui a tant de part à l'amour, ou diminue ou ne fait plus la même impression; le nom d'amour se conserve, mais on ne se retrouve plus les mêmes personnes, ni les mêmes sentiments; on suit encore ses engagements? par honneur, par accoutumance et pour n'être pas assez assuré de son propre changement.

Quelles personnes auraient commencé de s'aimer“, si

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