En
Il s'agit de Henri de Joyeuse, en religion le Père Ange (1567- 1608).
nots£ : il demeura quatre ans dans cet emploi, et se laissa entrainer pendant ce temps aux mêmes passions qui l'avaient agité pendant sa jeunesse. La guerre étant finie, il renonça une seconde fois au monde, et reprit l’habit de capucin®. Il vécut longtemps dans une vie sainte et religieuse; mais la vanité, dont il avait triomphé dans le milieu des grandeurs, triompha de lui dans le cloître; il fut élu gardien du couvent de Paris, et son élection étant contestée par quelques religieux, il s'exposa non seulement à aller à Rome dans un âge avancé, à pied et malgré les autres incommodités d’un si pénible voyage, mais la même opposition des religieux s'étant renouvelée à son retour, il partit une seconde fois pour retourner 4 Rome soutenir un intérêt si peu digne de lui, et il mourut en chemin de fatigue, de chagrin, et de vieillesse 19: Trois hommes de qualitél1, Portugais, suivis de dixsept de leurs amis, entreprirent la révolte de Portugal et des Indes 12 qui en dépendent, sans concert avec les peuples ni avec les étrangers, et sans intelligence dans les places. Ce petit nombre de conjurés se rendit maître du palais de Lisbonne, en chassa la douairière de Mantoue,
8. C'est en 1592, à la mort de son père Guillaume de Joyeuse, maréchal de France, qu'il quitta son couvent; mais, loin de commander les armées du roi, qui était alors Henri IV, il combattit celui-ci, ayant été nommé gouverneur du Languedoc pour le compte de la Ligue. Deux explications de l'affirmation de La Rochefoucauld pourraient être avancées : ou bien il se place ici du point de vue de Henri de Joyeuse, qui pense se battre pour le vrai roi (mais la Ligue ne se mettait pas d'accord pour en désigner un), ou bien — explication plus simple et plus vraisemblable — il le confond avec son frère Anne, qui avait commandé l’armée du roi Henri III à la bataille de Coutras (1587). É
9. En 1599 seulement, alors qu'il avait fait sa soumission à Henri IV dès 1596.
ro. En fait il n'avait que 41 ans.
11. Il s’agit dans cet alinéa de la conjuration de 1640, qui rétablit l'indépendance du Portugal (réuni à l'Espagne depuis 1580), et plaça sur le trône le duc de Bragance, sous le nom de Jean IV. Elle fut essentiellement animée par le secrétaire du duc, Pinto Ribeiro, par la duchesse, et par l'archevêque de Lisbonne Rodrigo d’Acunha.
12. Par Indes, il faut entendre les territoires d'outre-mer dans leur acception la plus large, tant dans le Nouveau que dans l'Ancien Monde.
régente pour le roi d’Espagne là, et fit soulever tout le royaume ; il ne périt dans ce désordre que Vasconcellos, ministre d’Espagne, et deux de ses “domestiques! Un si grand changement se fit en faveur du duc de Bragance, et sans sa participation : il fut déclaré roi contre sa propre volonté, et se trouva le seul homme de Portugal qui résistât à son élection; il a possédé ensuite cette couronne pendant quatorze années 1, n’ayant ni élévation, ni mérite; il est mort dans son lit, et a laissé son royaume paisible à ses enfants.
Le cardinal de Richelieu a été maître absolu du royaume de France pendant le règne d’un roi qui lui laissait le gouvernement de son Etat, *lorsqu’il n’osait lui confier sa propre personne; le Cardinal avait aussi les mêmes défiances du Roi, et il évitait d’aller chez lui, craignant d’exposer sa vie ou sa liberté; le Roi néanmoins sacrifie Cinq-Mars, son favori, à la vengeance du Cardinal, et consent qu’il périsse sur un échafaud. Ensuite le Cardinal meurt dans son lit; il dispose par son testament des charges et des dignités “es l'État, et oblige le Roi, dans le plus fort de ses soupçons 6 et de sa haine, à suivre aussi aveuglément ses volontés après sa mort qu'il avait fait pendant sa vie.
On doit sans *doute trouver extraordinaire!7 que Anne-Marie-Louise d'Orléans, petite-fille de France !8,
13. La « douairière de Mantoue » est Marguerite de Savoie, duchesse de Mantoue; le roi d’Espagne était alors Philippe IV.