Cf. la note de la maxime
il INTRODUCTION
entre : « La confiance de plaire est souvent un moyen de plaire infailliblement », et : «La confiance de plaire est souvent un moyen de déplaire infailliblement, > Autant d'exemples qui donnent à penser que le schème stylistique — ou, ce qui revient au même, la démarche intellectuelle — risque de prendre le pas sur les notions en cause.
D'où un second danger : la fausse profondeur. Certaines maximes déconcertent par une telle clarté qu’on hésite à décider si elles sont de simples truismes ou si elles recèlent une signification cachée. Je n’en donnerai qu’un exemple : « La fin du bien est un mal; la fin du mal est un bien?. > Cette maxime n'est-elle pas presque absurde à force d’évidence 3 ? Qui dira s’il faut chercher plus loin, et travailler à lui découvrir à tout prix quelque sens profond, comme l'avait probablement tenté Mme de Sablé puisqu'elle finit par avouer qu’elle ne la comprenait pas bien *?
Il importait de prendre conscience de ces dangers, desquels on vient de constater que La Rochefoucauld ne s’est pas toujours entièrement gardé5. Non pour diminuer l'intérêt des Maximes, mais pour mieux saisir une des composantes du génie de leur auteur : ces dangers ne sont que la rançon d'une qualité, qui pourrait être définie comme le don de la transparence. S’il arrive que les procédés stylistiques employés paraissent à juste titre entachés de quelque formalisme, il faut reconnaître qu’ils s’imposaient comme les plus propres à répondre à cette exigence de clartéf; leur dépouillement