‹ Maximes sur le ministèreChapitre 39 sur 48 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Des similitudes et des exemples.

Les similitudes sont des images différentes des choses, mais qui leur ressemblent par certains rapports , et qui les représentent. On aime ainsi à voir les objets hors d'eux-mêmes ; et ces peintures , qui ornent le discours , récréent Fcsprit.

Elles ont quelque agrément pour les auditeurs habiles , et de la force pour le peuple. Si elles n'instruisent que ceux-ci, du moins elles délassent les autres.

On n'emploie la similitude qu'après

DE L\ CHAIRE. lîlil

avoir envisagé le sujet en lui-même. Si elle se présente trop tôt , elle fait diversion , elle amuse. On doit en user sobrement. L'invention fournit ces images, et le bon sens les rend justes. On les lire des choses les plus connues.

ly.

L'art , la nature , l'histoire les fournissent ; les petits sujets aussi-bien que les grands , les plus bas et les plus sublimes. Les moucherons et les fourmis, le chien qui retourne à son vomissement , l'animal immonde qui se roule dans la boue, donnent dans l'Ecriture des instructions divines. Des choses sensibles , on monte aux choses abstiaites.

Rien n'est bas , dès qu'il est manie par un esprit élevé. Les apologues les plus simples dans la bouche des Menenius et

des Démosthènes , ont produit des effets surprenants. Le Saint-Esprit n'a pas dédaigné celui du buisson , qui offrit sa protection aux plus grands arbres.

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La similitude doit être ordinairement courte : ce morceau détaché feroit une digression, s'il étoit trop étendu. On n'en presse pas tous les rapports: les choses ne se ressemblent qu'à certains égards , et c'est assez.

La parabole qui est une espèce de similitude, et comme une énigme historique, souffre plus détendue. Ce genre de discours étoit familier aux Orientaux, et Jésus-Christ Ta consacré par un fréquent

usage.

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Ces fictions ne sont pas des menson-

ges , elles ne disent pas proprement ce qu'elles semblent dire , mais ce qu'elles enveloppent, et qu'elles laissent à deviner. Sous des histoires feintes ou véritables , sous des images naturelles , elles proposent les mystères de la religion , les maximes de la morale.

Les paraboles gênent moins Torateur que les exemples. Il y met les circonstances à son choix , pour en faire au sujet l'application qu'il veut. Il en est de consacrées par l'Évangile : plusieurs y sont appliquées. Les autres ne sont entendues que de ceux qui ont des oreilles pour entendre.

Les exemples confirment les raisons ; et font voir possible , et quelquefois facile , ce qui paroît impraticable. Ceux

qu'on tire de l'Ecriture sont toujours surs : avec l'autorité ils apportent l'onction.

Il n'est pas défendu d'en employer d'autres , s'ils ont de bons garants. La vie des saints est l'Évangile pratiqué et mis en œuvre.

On doit rapporter sobrement les visions et les extases , quelque autorité qu'aient cbez les plus anciens Pères ces voies extraordinaires. De prétendus esprits forts osent traiter de puéril , ce qu'un esprit simple et soumis trouve merveilleux.

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