‹ Maxims & réflexions moralesChapitre 64 sur 64 · La faiblesse est plus opposée à la vertu que le vice · texte numérisé non relu

La faiblesse est plus opposée à la vertu que le vice

15. Ce qui fait que la honte et la jalousie sont les plus grands de tous les maux, c'est que la vanité ne nous aide pas à les supporter (1).

A LA MÊME

Ce samedi.

Vous me regardez toujours quand il vous

(1) Voici la réponse de madame de Sablé k la lettre contenant l'envoi de ces maximes :

«r C'est votre complaisance plutôt que la mienne qui vous oblige à me faire part de vos maximes, parce que je n'en suis pas digne. Je vous dirai pourtant, monsieur, comme si je ne vous disais rien, qu'il me semble que,

Dans la maxime, il faudrait expliquer quelle sorte de confiance; parce que celle qui n'est fondée que sur la bonne opinion que Ton a de soi-néme, est diiîérenle de la sûreté que Ton prend avec les personnes à qui l'on parle.

La 4e est merveilleuse, et il n'y a rien de mieux pénétré.

Sur la 8«: Il n'y a point de vraies grandes qualités» si on ne les met en usage.

Sur la iO* : Il n'y a rien de mieux trouvé.

La lie : est bien vraie; car le naturel ne se troaTtt point où il y a de l'affectation.

La 12» : Il n'y a rien de si beau ni de si vrai.

La 13e : est trés-belle.

La 14e ; est très-vraie, car le vice se peut corriger par l'étude de la vertu, et la faiblesse est du tempérament, qui ne se peut quasi jamais changer.

Sur la 15« : Quand les amitiés ne sont point fondées sur la vertu, il y a tant de choses qui les détruisent qae Ton a quasi toujours des sujets de s'ec lasser. •

LÀ ROCHEFOUCAULD

plaît, madame, et il y a quelque chose de si vif dans les reproches que je vous fais» que j'ai souvent peur de m'y méprendre moi-même, et de me trouver trop sensible au bien et au mal que je reçois de vous. Quoi qu'il en soit, madame, je suis touché au dernier point des bontés que vous me faites l'honneur de me témoigner sur ca qui m'est arrivé, et la part que vous j prenez en augmente encore le prix. J'irai vous rendre mes très-humbles devoirs : je vous demanderais mille pardons de m'en acquitter si mal, si vous ne saviez que je n'ai que trop de légitimes excuses.

Les passions ne sont que les divers goûts de l'amour-propre.

La fortune nous corrige plus souvent que la raison, l'extrême ennui sert à nous désennuyer.

On loue et on blâme la plupart des choses parce que c'est la mode de les louer ou de les blâmer. Ce n'est d'ordinaire que dans les petits intérêts que nous consentons de ne point croire aux apparences.

Quelque bien qu'on dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau.

A LA MÊME

Vincennes, ce mardi matin.

Le pouvoir que les personnes que nous aimons ont sur nous est presque toujours plus grand que celui que nous avons nousmême.

L'intérêt est l'âme de l'amour-propre, de

■AXiMES ET RÉFLEXIONS 18i

sorte que comme le corps privé de son âme est sans vue, sans ouïe, sans connaissances, sans sentiment, sans mouvement, de même Famour-propre séparé, s'il le faut dire ainsi, de l'intérêt, ne ç^oit, n'entend; ne sent et ne remue plus ; de là vient qu'un même homme qui court la terre et les mers pour son intérêt devient soudainement paralytique pour l'intérêt des autres ; de là vient le soudain assoupissement et cette mort que nous causons à tous ceux à qui nous contons nos affaires ; de là vient leur prompte résurrection, lorsque, dans notre narration , nous mêlons quelque chose qui les regarde, de sorte que nous voyons dans nos conversations et dans nos traités, que, dans un même moment, un homme perd connaissance et revient à soi, selon que son propre intérêt s'approche de lui ou qu'il s'en retire.

En voilà deux que je vous envoie pour vous reprocher votre ingratitude, de me laisser partir sans m'avoir donné les vôtres. Je m'en vais demain. En voici encore une:

En vieillissant, on devient plus fou et plus sage.

A LA MÊME

Ce vendredi au soir.

Ce qui fait tout le mécompte que nous voyons dans la reconnaissance des hommes, c'est que l'orgueil de celui qui donne %i l'orgueil do celui qui reçoit ne peuvent oonvenij" du prix du bienfait.

LA ROCHEFOUCAULD

La vanité et la honte, et surtout le tempérament, font la valeur des hommes et la chasteté des femmes, dont on mène tant de bruit.

Il y a des gens dont tout le mérite consiste à dire et à faire des sottises utilement, et qui gâteraient tout s'ils changeaient de conduite.

On se console souvent d'être malheureux en effet, par un certain plaisir qu'o-n trouve à le paraître.

On admire fort ce qui éblouit, et l'art de savoir bien mettre en œuvre de médiocres qualités dérobe Festime, et donne souvent plus de réputation que le véritable mérite.

L'imitation est toujours malheureuse, et tout ce qui est contrefait déplaît avec les mêmes choses qui charment lorsqu'elles sont naturelles.

Peu de gens connaissent la mort ; on la souffre non par résolution, mais par la stupidité et par la coutume, et la plupart des hommes meurent parce qu*on meurt.

Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie : ils les font valoir ce qu'ils veulent, et on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix.

Voilà tout ce que j'ai de maximes que vous n'ayez point; mais comme on ne fait rien pour rien, je vous demande un potage avec carottes, un ragoût de mouton et un de bœuf, comme ceux que nous eûmes lorsque M. le commandeur de Souvré dîna che»

MAXIMES ET RÉFLEXIOHS

VOUS; de la sauce verte et un autre plat» soit un chapon aux pruneaux, ou telle autre chose qfae vous jugerez digne de votre choix. Si je pouvais espérer deux assiettes de ces confitures dont je ne méritais pas de manger d'autrefois, je croirais vous être redevable toute ma vie. J'envoie donc savoir ce que je puis espérer pour lundi à midi; on apportera tout cela dans mon carrosse, et je vous rendrai compte du succès de vos bienfaits. Je vouî supplie très-humblement de me renvoyer les quatre maximes que nous Hmes dernièrement, et de vous souvenir que vous m*avez promis le Traité de r Amitié, et ce que vous avez ajouté à ï Education des Enfants.

Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit.

A LA MÊME

Le 10 décembre.

Ce n*est pas assez pour moi d'apprendre

de vos nouvelles parce qu'on a coutume de m'en mander; je vous supplie de me permettre de vous en demander de temps en temps à vous-même, et de souffrir, puisque je n'ai pu vous envoyer des truffes, que je vous présente au moins des maximes qui ne les valent pas ; mais comme on ne fait rien pour rien en ce siècle-ci, je vous supplie de me donner en récompense le mémoire pour faire le potage de carottes, l'eau de noix et celle de mille fleurs i si vous avez quelque autre potage, je vous le demande encore.

LA ROCHEFOn^iAtJLD

Il semble que plusieurs de nos actions aient des étoiles lieïireuses ou malheureuses aussî bien que nous ; d'où dépend une grande partie de la louange ou du blâme qu'on leur donne. Il n'y a d'amour que d'une sorte; mais il y en a mille différentes copies. — L'espérance et la crainte sont inséparables. L'amour aussi bien que le feu ne peuvent subsister sans un mouvement continuel, et il cesse de vivre dès qu'il cesse d'espérer ou de craindre. lien est de l'amour comme de l'apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu. — L'amour prête son nom à un nombre infini de commerces qu'on lui attribue, où il n'a souvent guère plus de part que le doge n'en a à ce qui se fait à Venise. —Si nous n'avions point de défauts, nous ne serions pas si aises d'en remarquer aux autres. — Je ne sais si on peut dire de l'agrément séparé de la beauté, que c'est une symétrie dont on ne sait point les règles, et un rapport secret des traits ensemble, et des traits avec les couleurs et l'air de la personne.— La promptitude avec laauelle nous croyons le mal sans l'avoir assez examiné est souvent un effet de paresse qui se joint à l'orgueil : on veut trouver des coupables, et on ne veut pas se donner la peine d'examiner les crimes. — Ce qui fait croire si aisément que les autres ont des défauts, c'est la facilité que l'on a de croire ce qu'on sou- ^ haite. —Le pouvoir que les personnes que nous aimons ont sur nous est presque toujours plus grand »q)Aô colui que nous y

avons nous-méme. — Le goût change; mais Tinclination ne change point. — Les défauts de l'âme sont comme les blessures du corps : quelque soin qu'on prenne de les guérir, la cicatrice paraît toujours , et elles se peuvent toujours rouvrir.

Ne croyez pas que je prétende mériter le potage de carottes ; je sais que toutes les maximes du monde ne peuvent pas entrer en comparaison avec lui; mais je vous donne ce que j'ai, et j'attends tout de votre générosité. Mandez-moi, s'il vous plaît, si on les doit mettre au rang des autres, et ce qu'il y a à y changer. S'il vous en est venu quelqu'une, je vous supplie de m'en faire part, et de me continuer l'honneur de vos bonnes grâces.

En voici une qui est venue en fermant ma lettre, qui me déplaira peut-être dès que le courrier sera parti.

^ La nature qui a pourvu à la vie de l'homme par la disposition des organes du corps, lui a sans doute encore donné l'orgueil pour lui épargner la douleur de connaître ses imperfections et ses misères.

Verteuil, 94 octobre.

Je vous envoie l'opéra dont je vous ai parlé : je vous supplie que madame la marquise de Sablé le voie; car j'espère aa TQoins qu'elle approuvera mon sentiment^

186 LA ROCHEFOUGAUL»

et qu'elle sera de mon côté. Vous m'avez fait un très-grand plaisir d'avoir rectifié les sentences. Je prétends que vous en useres de même de l'opéra et de quelque autre chose que vous verrez, que Ton pourrait ajouter, ce me semble, à V Education des enfants^ que madame la marquise de Sablé m'a envoyée. Voilà écrire en vrai auteur, que de commencer par parler de ses ouvrages. Je vous dirai pourtant, comme si je ne l'étais pas, que je suis très-véritablement fâché du retranchement de vos rentes, et que si vous croyez que, pour en écrire à Gourville comme pour moi-même, cela vous fût bon à quelque chose, je le ferai assurément comme il faut. Ma femme a toujours la fièvre double quarte ; il y a pourtant deux ou trois jours qu'elle n'en a point eu. Je lui ai dit le soin que vous avez d'elle, dont elle vous rend mille grâces. Je pourrai bien vous voir cet hiver à Paris. Ja vous donne le bonsoir.

Au reste, je vous confesse à ma honte que je n'entends pas ce que veut dire la vérité est le fondement et la raison de la beauté. Vous me ferez un extrême plaisir de me l'expliquer quand vos rentes vous le permettront. Car enfin quelque mérite qu'aient les sentences, je crois qu'elles perdent bien de leur lustre dans un retranchement de l'Hôtel-de-Ville, et il y a long-, temps que j'ai éprouvé que la philosophie ne fait des merveilles que contre les maux

passés, ou contre ceux qui ne sont pas près d'arriver, mais qu'elle n'a pas grande vertu contre les maux présents. Je vous déclare donc que j'attendrai votre réponse tant que vous voudrez, mais je vous la demandts aussi sur l'état de vos affaires. La honte me prend de vous envoyer des ouvrages.

Tout de bon, si vous les trouvez ridicules, renvoyez-les-moi, sans les montrer à madame de Sablé.

A Madame DE SABLÉ

Je pensais avoir l'honneur de vous voir aujourd'hui, et vous présenter moi-même mes ouvrages comme tout auteur doit faire; mais j'ai mille affaires qui m'en empêchent. Je vous envoie donc ce que vous m'avez ordonné de vous faire voir, et je vous supplie très-humblement que personne ne le voie que vous. Je n'ose vous demander à dîner devant que d'aller à Liancourt; car je sais bien qu il ne vous faut pas engager de si loin ; mais j'espère pourtant que vous me manderez vendredi au matin que je puis aller dîner chez vous : j'y mènerai M. Esprit si vous voulez. Enfin j'apporterai de mon côté toutes les facilités pour vous y faire consentir.

A LA MÊME

Je vous envoie un billet que madame de Puisieux m'écrit, où vous verrez que j'ai obéi à vos ordres, et qu'elle voudrait bien avoir de la poudre de vipère. Si vous avez

LA ROCHEFOUCAOIA

la bonté de lui en envoyer, vous Tobligerei extrêmement. Souvenez-vous, s'il vous plaît, de faire copier vos maximes, et de me les donner à mon retour. Je vous baise très-humblement les mains, et je prends encore une fois congé de vous.

A LA MÊME

Vous vous moquez de M. de Mazarin et de moi; je n'ai que cela à vous dire. Il faudrait qu'il eût perdu l'esprit de prétendre ce que vous-même demandez, et je crois que je me plaindrai de vous, de m'avoir dit sérieusement ce qui est dans votre lettre. Quand il serait pape, voua vous moqueriez de lui. de le traiter si ho* norablement.

A LA MÊME

Si vous pouviez me devoir des excuses, ce serait de celles que vous venez de me faire et de la méchante opinion qu'il me semble que vous avez de moi. J'irai bientôt vous en faire mes plaintes et vous demander la continuation de mes anciens droits, qui sont d'être chassé de chez vous sans façon. Sans cela je ne serais jamais en repos, et je sais trop bien qu'on incommode souvent quand on est persuadé de n'incommoder jamais. 11 me parut que vous fûtes bien contente de madame de Montespan ; j'en ferai ma cour auprès d'elle. Je l'îai d^à faite auprès deM. le Grand-Prieur, surtout ce qu'il a fait pour M. le bailli de Valen^ay. J'aurai l'honneur de vous voir

flAXIMES CT RÉFLEXIOWS 189

et de vous entretenir sur cela dès que le ierai de retour de Saint-Germain.

A LA MÊME

Ce jendi an soir.

Voilà encore une maxime que je vous envoie pour joindre aux autres. Je vous flupplie de me mander votre sentiment des dernières que je vous ai envoyées. Vous ne pouviez pas les désapprouver toutes ; ear il y en a beaucoup de vous. Je ne partirai que lundi; j'espère d'aller prendre txongé de vous

A LA MÊME

Je vous envoie ce que j'ai pris chez vous en partie. Je vous supplie très-humble- Bûent de me mander si je ne l'ai point gâté, et si ^ous trouvez le reste à votre gré. Souvenez-vous, s'il vous plaît, de la poudre de vipère, et de la manière d'en user.

De plusieurs actions diverses que la fortune arrange comme il lui plaît, il s'en fait plusieurs vertus. Le désir de vivre ou de mourir sont des goûts de l'amour-propre dont il ne faut non plus disputer que des goûts de la langue, ou du choix des couleurs. — Il n'est pas si dangereux de faire du mal à la plupart des hommes que de leur faire trop de bien. Ce qui fait tant disputer contre les maximes qui découvrent le cœur de l'homme, c'est que l'on craint d'y être découvert. — Dieu a permis pour pnnir rhomme du néché ori/yinel < se fî

Là ROCHEFOUCAULD

Dieu de son amour-propre pour en être tourmenté dans toutes les actions de sa vie (1). — L*bonneur acquis est caution de celui que i'on doit acquérir. — La vertu est un fantôme produit par nos passions, du nom duquei on se sert pour faire impunément tout ce qu'on veut.— On se mécompte toujours quand les actions sont plus grandes que les desseins. — L'intérêt, à qui on reproche d'aveugler les uns, est ce qui fait toute la lumière des autres.

A LA MÊME

Yertenil, ie 98 octobre 1669.

J'ai bien cru , madame , que vous auriez la bonté de me plaindre dans la perte que }'ai faite, et que vous auriez quelque compassion de la destinée d'une personne qui vous a toujours tant honorée, et à qui vous avez toujours témoigné tant d'amitié. J'ai dit à ma mère et à ma femme l'honneur que vous leur faites ; elles vous en rendent mille grâces très-humbles. Pour moi, madame, je crois que vous me faites bien la justice de croire que je reçois , comme je dois, toutes vos bontés, et que je suis plus que personne du monde votre très-humble et très-obéissant serviteur.

A Mademoiselle SILLERY, sa nièce.

Paix! chut! lisez ma lettre tout bas:

(*) Dans le manuscrit les maxiraes suivantes sont é*VLne autre main que celle de La Rochefoucauld.

MAXIMES ET RÉFLEXIONS i9t

prenez garde que personne ne vous la voie lire : les murailles parlent. N'en dites mot à âme vivante ; ma sœur mourrait de mort subite si elle savait le malheur qui est arrivé. Vraiment! c'est bien pis que le chevalier, c'est bien pisque si ses filles avaient fait faux bond, que si elle Tavait fait ellemême : Dieu me pardonne, et elle aussi. Enfin que vous dirai-je? Paris va abîmer... Mais par où abîmera-t-il ? Vous croyez sans doute que c'est par le marais du Temple : point du tout, ma mie; c'est, Toserai-je prononcer? Taisez-vous, bouchez toutes les fenêtres, éteignez les bougies, fermez les yeux, lisez à tâtons... C'est par le faubourg Saint-Jacques ; nous sommes tous perdus , Teussiez-vous cru ? Par le faubourg Saint-Jacques! Qnel faubourg, grand Dieu ! à qui se fiera-t-on? Mais par qui le crime a-t-il été commis ? Un disciple de Baron (1), un ami de la vérité , un demi-père de l'Eglise, P.... D. H. P. a été trouvé couché entre deux draps, non-seulement avec une femme, mais avec deux, dont l'une était sa cousine-germaine , et l'autre sa pénitente. Toutes les bonne»

âmes ont quitté le quartier, et l'on croit qu'on va raser le faubourg.

A LA MÊME

Il me semble que vous vous mariez bravement sans me rien dire ; j'avais cependant d'assez bons conseils à vous donner: mais la bonté de votre naturel et réduca-

it\ Yincent Baron , alors professeur de ihéologki.

LA ROCHEFOUCAOL»

tion de ma sœur vous ont appris, sana doute, tout ce que vous aviez à faire dam une telle occasion. J'aurais cependant fort souhaité de pouvoir être témoin de votre conduite ; je m'attends que vous m'en rendrez compte ; car sans cela , au lieu des prospérités que je vous souhaite, je vous souhaite les impossibilités, les jalousies réciproques, Fincompatibilité d'humeur, un beau père amoureux de vous, une bellemère acariâtre, des beaux-frères querelleurs, des belles-sœurs ennuyeuses, polies de campagne et aimant à lire de mauvais romans, de la fumée en hiver, des punaises en été, des fermiers qui payent mal , de fâcheux voisins, des procès en défendant, des valets qui vous volent, un méchant cuisinier, un confesseur - moliniste> un« femme de chambre qui ne sait pas bien peigner, un carrosse mal attelé, un cocher ivrogne, du linge sale, de l'eau trouble, du vin vert, du pain de Beauce, des créanciers impatients, un bailli chicaneur, des lévriers au coin de votre feu, des chats sur votre lit, un curé qui prêche mal et longtemps, un vicaire mauvais poète. Je parlerais des enfants; mais l'impossibilité y pourvoira, si tant est qu'elle puisse y pour-: voir : je m'en tais pour n'aller pas trop^ loin. Venez donc me voir quand ce sera fait, pour éviter tous ces malheurs, et pour vous rendre digne des biens que vous m4-' ritaz. ai vous faites votr^ devoir.

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