ACTE CfNOUIÈME
RUTTEN
Mais c’est de la folie!... Mon frère!... vous ne le croyez pas, je suppose!... Ah çà!... je fais un mauvais rêve, n’estce pas?... J’ai assassiné, moi?... Ce n’est pas vrai, entendezvous?... ce n’est pas vrai!
GOULDEN
Écoutez-moi seulement et regardez-moi en face!
BUTTEN.
Oui, je vous regarde!
GOULUE N, les yeux fixés sur Rutton.
Vous étiez chez la Mariani!... on jouait; M. d’Asfeld avait gagné une somme énorme; vous aviez perdu...
RUTTEN
Eh bien! je ne le nie pas!...
GOULDEN
Attendez!... Vous vous êtes levé pâle et défait; un verre d’eau était sur une console; vous vous en êtes approché; vous avez rempli le verre; puis... (Tirant de sa poche le couteau à manche de nacre.) vous avez coupé un citron avec ce couteau!... (Mouvement de Rutten.) Mais, au lieu de reposer le couteau sur la console, vous l’avez caché dans votre habitl...
RUTTEN
Ce n’est pas vrai ! . ..
Regardez-moi doncl... Vous êtes sorti!... la nuit était sombre!... vous avez suivi la rue des Juifs... une lanterne a éclairé votre visage!... un sourire y a passé!... vous vous êtes caché dans l’enfoncement d’une porte!... là vous avez tiré le couteau de votre poche; vous en avez essayé la pointe sur la paume de votre main, ainsi! .. Et puis... vous avez attendu!
RUTTEN, d’une voix étranglée par la terreur.
Ce n’est pas vrai !
GOUI.DEN
C’est vrai!... pourquoi ne me regardez-vous plus! (Rutten fait un effort pour regarder Goulden. Maxwel se lève.) La cloche de la cathédrale a sonné cinq heures!... en ce moment-là, vous vous penchiez pour écouter!... vous aviez entendu des pas!... c’était le comte d’Asfeld qui s’approchait!
RUTTEN, avec égarement.
Ce n’est... pas...
MAX^YEL *
GOULDEN, lui saisissant le bras.
‘ C’est vrai!... Oh! regardez-moi!... Au moment où le comte passait devant vous, vous avez levé le bras... et vous l’avez frappé... au cœur... de deux coups de couteau!...
RUTTEN
Ull seul!... (Mouvement do Gouiden, de Maxwel et de Sparck. Ruttcn les regarde avec stupeur et répète machinalement.) Ull...
seul!...
GOULDEN, épuisé de scs efforts et jetant le couteau aux pieds do
Ruttcn.
Ah!... .
Maxwel fait signe h Gouiden et à Sparck de sortir. Gouiden jette un regard désolé sur Maxwel et sort par la droite.
SPARCK, .en s’éloignant.
C’était lui!...
• Il sort par la gauche.