MA HT HE
Ce M. Burton, dont vous venez de lire le nom, me disait hier qu’il avait rendu de grands services aux Anglais.
MAXWEL.
Aux Anglais?
MARTHB.
M. Burton ne s’est pas expliqué davantage; mais son sourire commentait étrangement, je dois le dire, la nature de ces services...
MAXWEL.
Quand M. de Kaulbach vous a-t-il dit qu’il fût arrivé à Munich ?
MARTHE
Hier. (Après on silence, se levant.) Puis-je me retirer?
MAXWEL.
Il y a encore une formalité à remplir; votre signature à donner. (Donnant la liste à Sparck.) Cette liste est pour vous,
Pensez-vous, monsieur, que je doive observer de près tous ceux dont les noms s’y trouvent !
MAXWEL.
Mais... sans doute! %
SPARCK.
Tous?
MAXWEL.
Tous !
SPARCK, à. Marthe.
Vous recevez ce soir, mademoiselle ?
MARTHE
Oui.
SPARCK.
Je vous demanderai donc la permission de pénétrer chez vous, et d’y agir librement.
MARTHE
Mais... si l’on vient à vous reconnaître...
SPARCK.
Oh ! soyez tranquille!... on ne me reconnaîtra pas.
MARTHE, à Maxwel.
Où dois-je signer, monsieur!
MAXWEL, indiquant un papier.
Au bas de cet acte... Sparck, il n’est pas complet.
MAXWEL
SPARCK.
J’attendais la présence de mademoiselle pour le compléter... Voulez-vous?...
MAXWEL.
Non; c’est inutile... (Marthe fait le tour du bureau, et s’approche de Maxwel qui lui présente l’acte à signer sans se lever.) Là!... (Cécilia signe debout, et repose la plume.) Pardon! votre nom de famille...
MARTRE, changeant de ton.
Mais... monsieur...
MAXWEL.
Cela est indispensable.
MARTHE, s’éloignant de Maxwel.
S’il en est ainsi, je préfère retirer ma plainte!
MAXWEL.
11 est trop tard, mademoiselle. La justice n’a plus le droit de s’en dessaisir.
Si je ne lui demande plus rien cependant?
MAXWEL.
Ce n’est plus vous qu’elle défend, c’est la société!... Son devoir est de persister dans les poursuites que vous avez provoquées, et le vôtre est de l’y suivre.
MARTHE
Mais, monsieur, je ne savais pas...
MAXWEL.
Vous craignez de compromettre le nom de votre père, sans doute?
MARTHE
Non, monsieur!.., je crains que le nom de mon père, ne me compromette.
MAXWEL.
Vous?... j’avoue que j’ai peine à vous comprendre, et je n’imagine pas ce que ce nom, quel qu’il soit, peut ajouter de honte à l’existence scandaleuse que vous menez en cette ville.
MARTHE
Eh! monsieur!... savez-vous si ce n’est pas ce nom même qui m’y a jetée?... que je sois pour vous un objet de mépris, c’est assez!... ne me forcez pas à devenir un objet d’horreur.
MAXWEL, se levant.
Vos paroles sont d’une telle gravité, mademoiselle, qu’en dehors même de l’affaire qui vous conduit ici, mon devoir serait de vous en demander l’explication... Ce que je puis vous promettre, c’est que la justice respectera votre secret, s’il peut être respec’é.