SCÈNE IV
Les Mêmes, MARTHE.
MARTHE, s’avançant. *
Tu te trompes, Reinold!... je ne suis pas un obstacle !... dès que j’aurai accompli ma tâche, je disparaîtrai! Dieu ne
MAXWEL
ferme sa maison à personne! quand elle sera ensevelie dans un couvent, qui se souviendra de Cécilia?
MARGUERITE, simplement.
Cécilia?
MARTHE
Mon nom n’est pas même venu jusqu’à vous, mademoiselle?... Hélas! c’est celui d'une malheureuse qui n’a pas eu, comme vous, pour garder sa jeunesse, la sainteté de la maison paternelle, l’honneur d'un nom respecté! qui n’aura pas comme vous la joie de connaître cet amour chaste et pur dont on ne rougit pas ! qui n’a plus le droit d’être sœur, ni femme, ni mère!... Oh! je ne m’excuse pas!. ..je m’humilie!... Oubliez ce nom flétri qu’une bouche comme la vôtre ne doit pas prononcer! Et si vous avez ie cœur assez grand pour que la sœur de Reinold y trouve grâce, souvenezvous seulement de Marthe qui, celle-là du moins, était digne de vous aimer, et qui vout bénit!. ..(Elle s’incline devant Marguerite. )
MARGUERITE, lui tendant les mains.
Marthe!...
Non ! vos mains ne doivent pas toucher les miennes!...
REINOLD, prenant les mains de Marthe.
Chère sœur I
MARGUERITE
Je ne vous demande plus de me suivre, Reinold; gardez seulement mon cœur ; il est à vous et 11e sera qu’à vous !...
REINOLD
IlélasJ...
MARTHE
Du courage!., ma mère m’a parlé!... Dieu nous aidera!...