ACTE TROISIÈME
REINOLD
Quelqu’un le savait-il encore avec vous?
GOULDEN
Sparck!
REINOLD
Ah! c’est lui !... Je l’avais menacé! C’est lui qui a voulu se venger en me livrant aux insultes de mes amis ! '
MARTHE, s’arrêtant au milieu de ses apprêts.
Notre père t’aimait bien, Reinold! Ne regrette pas de connaître son nom! (Elle continue à apprêter la table.)
REINOLD
Ah! tu as raison!... Mais ce Sparck en est-il moins un misérable?
GOULDEN
11 peut nier. La femme de Werner, morte récemment, était aussi dans le secret. Qui peut répondre qu’elle n’ait pas parlé!
REINOLD
Werner ?
Un vieux serviteur de Maxwel, celui-là même par qui nous avons découvert, trop tard, hélas! l’innocence de votre père ! Je vous conterai tout cela; mais, croyez-moi, laissons Sparck en repos, et... (Regardant la table.) Puisque le couvert est mis, soupons !
Pendant ce dialogue, Marthe a tiré du buffet des assiettes, des verres, des
fourchettes, et du panier, un jambon, du pain et du vin qu’elle a disposés
sur la table. Goulden s’en approche tout en continuant de parler.
On dit, vous le savez, malesucida famés ?... (a Marthe.) Pardon! cela veut dire qu’un estomac à jeun ne donne pas de * bons conseils; or, nous en avons besoin pour concerter » notre plan de campagne, et c’est pourquoi je vous engage à faire comme moi ; allons !... (il prend le milieu de la table; Reinold et Marthe s’asseoient de chaque côté. — On frappe un léger coup, à la porte.)
> . MARTHE
On frappe!...
REINOLD, se levant.
M. Waldeck, sans doute.
GOULDEN
Waldeck?
REINOLD
Nous lui avons acheté la maison. (Il se dirige vers la porte.)
A quel prix?
COUyiKN.
MARTHE
Cinq ccnls florins.
GOULDEN, tranquillement.
Voleur!
RE1NOLD, ouvrant la porte et reconnaissant Waldeck. Entrez!...
Waldeck entre en scène.