CHAPITRE V
blé et qui désire le troquer contre une maison doit attendre qu’une autre personne se rencontre ayant précisément besoin de blé, et désirant précisément aliéner une maison. Puis, si la maison paraît valoir plus ou moins que le blé, afin d’équilibrer le marché, il faudra ajouter à la maison ou au blé d’autres objets tels que des arbres, des animaux, qu’on cédera ou qu’on recevra probablement contre son gré.
L’emploi de la monnaie fait disparaître ces inconvénients. Le propriétaire du blé commence par échanger le blé contre de la monnaie, puis il échange ailleurs la monnaie contre la maison. Ce sont deux échanges au lieu d’un. Mais grâce à ce dédoublement on peut effectuer des échanges innombrables sans attendre le hasard d’une coïncidence presque impossible de besoins inverses et réciproques; grâce à ce dédoublement, on peut céder et acquérir toute sorte de bien par quantités très-exactes et sans qu’il faille jamais établir l’équivalence du marché par l’introduction d’objets qui lui sont étrangers.
Ainsi, la monnaie est de moitié dans toutéchange, La monnaie est le bien choisissant. Tous les autres biens sont des biens choisis.