‹ Mécanique de l'échangeChapitre 25 sur 123 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Mais si la traite supprime réellement le voyage de la monnaie, elle ne supprime nullement le voyage des marchandises. C’est un délai inévitable qui est nécessairement à la charge du négociant expéditeur. Si donc ce négociant veut faire argent d’une marchandise qu’il expédie et qui ne sera payée que plus tard, c’est à lui à payer le délai. Il le paye, en efTet, sous forme d’escompte et en sus du change, quand il vend sa traite, mais il le paye à bon escient, car en faisant le prix des marchandises, il a tenu compte de tous les frais y compris cet escompte, il s’en est remboursé par avance; il ne perd donc rien de ce chef. 11 gagne au contraire, puisqu’il rentre en possession du bien roulant, de la monnaie, ce qui lui permet de renouveler immédiatement son opération commerciale. Le négociant dont le capital est cent, bien évaluant et biens évalués compris, peut, grâce au change, etfectuer des affaires pour mille dans une année, au lieu que, sans le change et sans l’escompte, il n’en aurait peut-être fait que pour deux ou trois cents.

En payant le prix du change, ce négociant n’a payé en réalité qu’une portion des frais de transport

nu CHANGE

<le la monnaie; en payant l’escompte, il n’a payé que ce qu’il fait payer à l’acheteur des marchandises. Par le prix du change et par l’escompte combinés, il suffit à ses opérations avec une moindre encaisse et avec un moindre capital. Double profit.

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